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ANXIONNAZ René (X1914)

Aviateur et inventeur de renom

 

Né le 12 mars 1894 aux Avanchers (Savoie)
Décédé le 2 février 1985

Promotion X1914
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : capitaine (artillerie puis aviation)

René Anxionnaz est né le 12 mars 1894 dans un village de Savoie dans un milieu modeste. Ses parents, instituteurs tous les deux, ont sans nul doute favorisé la réussite de leurs enfants [1]. Au sortir du lycée de Grenoble, René réussit à la fois les examens d’entrée à l’École Normale Supérieure et à l’École polytechnique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Engagé volontaire dans l'artillerie...

En 1914, alors que les cours viennent à peine de débuter il est happé par la Première Guerre mondiale. Dès le 20 août, il s’engage volontairement pour huit ans et est affecté au 2e régiment d’artillerie. Il entre dans le conflit avec le grade de 2e classe mais il est rapidement promu brigadier, le 9 décembre 1914, puis sous-lieutenant de réserve, le 25 février de l’année suivante. Sa promotion le conduit à quitter son unité pour le 48e régiment d’artillerie de campagne où il sert notamment au sein d’un groupe de 155 long en Champagne puis en Artois. Rapidement, ses qualités d’observateur de tir sont remarquées et le conduisent à devenir observateur aérien.

 

... puis officier remarqué dans l'aviation

Au début du mois de juillet 1915, il rejoint ainsi le 4e régiment d’aviation d’observation, et sert dans l’escadrille MF1 quelques semaines plus tard. Pendant les deux années suivantes, il règle le tir de pièces de gros calibres depuis un Maurice Farman, d’abord en qualité d’observateur puis en tant que pilote, à partir du 7 août 1916. Le 30 octobre 1915, il est cité une première fois à l’ordre du 33e corps d’armée. « Chargé au cours des dernières attaques de la surveillance du front du Corps d’armée, a rempli malgré les circonstances atmosphériques défavorables toutes ses missions en les exécutant à faible altitude, sous les feux d’artillerie et de mousqueteries ennemies qui ont atteint son appareil plusieurs fois. » Au cours de l’année 1916, on le retrouve sur les théâtres d’opérations les plus animés. Il sert d’abord à Verdun, entre le mois de mars et le mois de mai avant de se retrouver sur le front de la Somme à partir du mois de juillet. Le 6 juillet 1917 il est promu lieutenant.  Le 7 août 1917 il est cité à l’ordre de l’armée en ces termes pour ses actions dans le ciel de l’Aisne : « Au cours de la préparation de l’attaque du 30 juillet 1917 a donné à tous le plus bel exemple de courage et de sang froid en exécutant journellement les reconnaissances à basse altitude. Le 30 juillet a survolé et mitraillé les tranchées ennemies jusqu’à la nuit noire malgré les nuages très bas et la pluie. Est rentré avec son avion criblé de balles. »

En 1918, Anxionnaz est à la tête d’une escadrille de Spad. On le retrouve alors dans le ciel de la Marne puis de Meuse, où il collabore notamment aux opérations de reconquêtes menées conjointement avec les troupes américaines. Le 5 novembre 1918, il est cité à l’ordre du 11e corps d’armée. « L’escadrille spa 212, sous la direction calme et éclairée du lieutenant Anxionnaz, a, pendant les opérations offensives de septembre et octobre 1918, assuré avec un plein succès dans des circonstances souvent délicates et dangereuses, la surveillance de la zone d’action des trois groupements de l’artillerie lourde d’un corps d’armée, la désignation des objectifs et le réglage des tirs à longue portée. En particulier dans la journée du 3 octobre a assuré six sorties de surveillance avec quatre de protection et signalé 19 batteries en action ». Il terminera la guerre à sa tête et obtient le grade de capitaine à titre temporaire à compter du 9 novembre 1918. Durant le conflit, il a obtenu la croix de guerre avec trois citations ainsi qu’une proposition (non validée) pour la légion d’honneur [2].

 

Un ingénieur au service de la France

Le 20 février 1919 il arrive au 2e groupe d’aviation en tant que pilote mais ce n’est que de courte durée puisqu’il réintègre l’X dès le 12 mars suivant. Ce n’est donc qu’en 1919 que René Anxionnaz entre véritablement à l’école Polytechnique. Une fois sa formation achevée, il opte pour l’école des Mines où les cours sont alors concentrés au maximum afin de pallier au plus vite aux besoins en ingénieurs. Il profite de cette période un peu plus calme de sa vie pour se marier avec Yvonne Mazé, le 13 juillet 1920 à Paris. Durant sa formation, il se familiarise notamment avec les travaux d’Auguste Rateau [3]. Les deux polytechniciens collaboreront dès 1921 sur des questions d’aviation et de marine. C’est dans ce second domaine que René Anxionnaz va s’illustrer, notamment à partir de 1930, lorsqu’il prend le relais d’Auguste Rateau suite à sa disparition. Il adapte alors son système de suralimentation des moteurs aux chaudières du Richelieu et du Jean Bart [4]. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Anxionnaz travaille sur un projet d’avion d’un genre totalement nouveau : un prototype à propulsion par réaction gazeuse [5]. Il est hélas freiné dans ses recherches par le déclenchement du conflit puis la défaite de l’armée française. En 1940, l’ingénieur est arrêté par les autorités de Vichy tandis que les Allemands mettent à sac son usine et ses archives. Au lendemain de la guerre, il reprend et perfectionne tout de même son système de propulsion avec Roger Imbert, son principal collaborateur.

Outre cela, René Anxionnaz a également œuvré auprès du Commissariat de l’Energie Atomique, où il a aidé à développer des procédés de séparation gazeuse des isotopes de l’uranium. Il est aussi le fondateur de la Société de Recherches techniques et industrielles. Le 19 avril 1972 il est nommé grand officier de l’Ordre National du Mérite.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’Ecole Polytechnique, Dossier VI2A2 (1914)
• Mémoire des hommes, Base des Personnels de l'aéronautique militaire
• Archives départementales de Savoie, Registre matricule de la classe 1914
 


Notes

[1] Son frère, Paul Marius, sera admis à son tour à l’X en 1921.
[2] Il ne sera finalement nommé chevalier de la Légion d’Honneur que le 11 juillet 1928.
[3] En 1917, Rateau avait notamment élaboré un système permettant d’augmenter la puissance des moteurs en réutilisant les gaz d’échappement. La fin de la guerre a cependant interrompu son développement dans un premier temps.
[4] Ces dernières permettront à ces navires d’échapper aux Allemands en 1940.
[5] Il dépose alors les brevets français les plus importants qui existent en ce domaines, et notamment le turboréacteur SRT (Société Rateau-Anxionnaz).