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Astrologues, algébristes et ingénieurs

<---Des géomètres et des révolutions   Les analystes trouver et démontrer--->

Le XVIe siècle présente une grande diversité de praticiens des mathématiques. L’absence de nom fédérant l’ensemble de ces catégories en témoigne : les savants fidèles à l’héritage d’Euclide comme Galilée se nomment « géomètres », le terme « mathematicus » désigne souvent des astrologues qui cultivent une mystique des nombres dans la tradition pythagoricienne, tandis qu’algébristes et ingénieurs développent des innovations mathématiques au service des mondes du commerce et de l’artisanat.

La trajectoire tumultueuse de Girolamo Cardano en donne un exemple saisissant. Après des études de médecine aux Universités de Pavie et Padoue, Cardano entreprend des voyages en Europe. En tant que « mathematicus », il réalise à Londres  l’horoscope du roi Edouard VI auquel il prédit longue vie. Mais le jeune roi décède dans l’année et Cardano se voit contraint de prendre la fuite pour l’Italie où il se met au service de la communauté marchande. Afin de réaliser les calculs nécessaires au commerce, il s’appuie sur l’algèbre développée par la civilisation arabe médiévale et qui circule dans la culture latine en lien étroit avec l’usage des « chiffres de poussières ». Au contraire des chiffres romains qui nécessitent l’usage d’instruments de calculs, les chiffres indo-arabes permettent d’effectuer des calculs directement sur l’écriture des nombres dessinés dans la poussière.

Tandis que les savants comme Galilée rejettent les chiffres et l’algèbre pour cultiver la rigueur démonstrative des Éléments d’Euclide, les figures de Cardano, Tartaglia ou encore Leonard de Vinci illustrent l’importance des contacts entre mondes savants et artisanaux pour les évolutions des mathématiques. Elles témoignent aussi de ce que les changements qui s’opèrent à l’époque de la « révolution scientifique » ne sont pas simplement la conséquence d’un programme univoque de mathématisation du monde mais résultent d’intentions multiples dont l’interaction produit un déplacement d’ensemble de la production des savoirs.

Desseins
de Léonard de Vinci,…
1784
I2 17

 

Léonard de Vinci (1452-1519)
Traité de la peinture par Léonard de Vinci, traduit de l'italien par Chambray
Paris : Jacques Langlois, 1651
I1 38

Tartaglia, Niccolo (1500-1557)
La prima parte del general trattato di numeri et misure...
1556
A2a 2

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