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BOUGIER Henry (X1900)

Pionnier du repérage par le son

 

Né le 13 avril 1879 à Château-Chinon (Nièvre)
Décédé le 11 février 1941

 

Promotion X1900
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : colonel (génie)

Fils d’un conducteur des ponts et chaussées, il tente et réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique en 1900. Au cours de sa scolarité, il est généralement classé en seconde moitié de promotion et sort 157e sur 247 en 1902. Il opte alors pour le génie, arme dans laquelle il fera toute sa carrière.

 

 

 

Les premières années au Génie

Il sort de l’école d’application avec le grade de lieutenant et sert alors au 7e Régiment du Génie à Avignon. Au cours de son passage dans cette unité, il est détaché provisoirement auprès du Ministère des Colonies de juillet 1906 à août 1907, et plus particulièrement au sein d’une mission d’étude de Chemins de Fer et d’exploitation en Guyane Française, afin d’étudier le tracé d’une voie ferrée en Guyane [1]. En février 1908 il rejoint le 4e RG de Grenoble où il est promu capitaine deux ans plus tard. Entre temps, il a suivi, en 1909, les cours de la Division technique du Génie à Fontainebleau. Quelques mois après sa promotion, il est rattaché au 24e bataillon de sapeurs télégraphistes alors rattaché au 5e RG. En janvier 1913 il effectue un bref passage au 8e RG avant d’être transféré à l’État-major particulier du Génie, et plus particulièrement à la chefferie de Fontainebleau, le 10 octobre.

 

Un physicien - technicien de la Grande Guerre

En août 1914, Henry Bougier est mobilisé au sein de l’État-major de la 3e Division de Cavalerie. Le 10 septembre, au lendemain de la bataille de la Marne, il réalise l’exploit de construire, en une nuit, un pont de 106 mètres sur l’Oise, à hauteur de Verberie. Le lendemain matin, l’installation permet de faire passer le fleuve à deux divisions ce qui facilite grandement la réaction des troupes françaises.
Ce n’est que six mois plus tard qu’il œuvre officiellement dans la spécialité qui le rendra célèbre : le repérage par le son. Il se revendique être le créateur de l’ensemble de l’acoustique de guerre, à l’exception de ce qui concerne le repérage des sous-marins. Dès le 3 novembre 1914, ce dernier a déjà réalisé un mémoire sur la question du repérage par le son qu’il adresse alors au général Bauby, chef d’État-major du 14e Corps d’Armée. Le 2 décembre, c’était directement au Grand Quartier Général qu’il a adressé un mémoire évoquant des expériences sur le repérage des batteries de côte dans la région de Dunkerque. A la fin de l’année 1914, on le retrouve à Arras en compagnie d’éléments qui travaillent avec lui sur ses expériences. Le 23 février 1915, son unité est officiellement nommée section N°3 [2] de repérage par le son. Il passe alors le plus clair de son temps à la mise au point de la technique de repérage par le son. Il est à l’origine de plusieurs inventions déterminantes comme par exemple le télémètre acoustique, permettant de déterminer la distance des avions, ainsi qu’un appareil de repérage des lueurs, dont a été dotée l’Artillerie.
 


La fabrication des casques Adrian à l’usine Japy de Beaucourt (90).
Sources : Archives départementales du Territoire de Belfort, AD90 Ph0003.

A côté de son action principale, il mène également d’autres travaux, comme par exemple des travaux de casernement du 2e régiment d’artillerie lourde, particulièrement complexes à réaliser en raison de l’instabilité du sous-sol dans la région de Joigny. Au courant de l’année 1916, il est détaché auprès du ministère des Inventions pour faire la liaison entre le Ministère et les Armées. Dans ce cadre, il crée notamment un phasemètre acoustique destiné à déterminer la position des avions la nuit. Afin d’expérimenter des appareils nouveaux, il sert ensuite à Saint-Cyr puis au front, dans différentes armées [3], ainsi qu’au Bourget, aux côtés de l’armée américaine [4].

 

La poursuite de son ascension au lendemain du conflit

Au lendemain du conflit, il est affecté à la chefferie du génie de Toul, puis à celle de Grenoble. Il y devient chef du dépôt de matériel le 13 mars 1922. Il est promu chef de bataillon le 26 septembre 1923 puis lieutenant colonel le 25 mars 1929. Il est alors affecté au 28e RG de Montpellier. Il en prend le commandement, d’abord par intérim, le 7 octobre 1931, puis à titre définitif, au lendemain de sa promotion au grade de colonel, le 25 décembre 1933. Entre temps, il a continué ses travaux techniques et a notamment œuvré, entre 1931 et 1935, à l’élaboration des projets puis à la mise en place des transmissions pour les fortifications de la frontière des Alpes. A partir du 7 janvier 1936, il est transféré à l’État-major particulier du génie et est nommé directeur du Génie à Bordeaux. Atteint par la limite d’âge, il y prend sa retraite le 13 avril 1938, après 39 années de service.
Il décède le 11 février 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale.


Image mortuaire éditée à l’occasion du décès de l’officier, en 1941
 

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Fonds particulier Henry Bougier (X1900)
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/260/3.

 


Notes

[1] D’après Bouvier, cette mission est dirigée par le commandant Refroigny. Il pourrait toutefois s’agir de Didier Ernest Refoigney (X1886), futur général de division.
[2] Elle sera renumérotée N°5 par la suite.
[3] La 1ère Armée à partir du 10 janvier 1917, à la 3e Armée à partir du 26 juin 1917 puis à la 4e Armée, au sein du service des liaisons et camouflages, à partir du 9 février 1918.
[4] Il s’y trouve d’abord entre le 11 novembre 1917 et le 9 février 1918 puis entre le 21 avril et le 20 octobre 1918.