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CHAUVINEAU Louis (X1895)

Sapeur et professeur de fortification

 

Né le 12 octobre 1874 à Loudun (Vienne)
Décédé le 8 mars 1969 à Baugé (Maine-et-Loire)

 

Promotion X1895
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : général de division (génie)

Fils de percepteur, Louis Chauvineau naît à Loudun, dans la Vienne, le 12 octobre 1874. A l’âge de vingt ans, en 1895, il réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique. Il y suit une scolarité moyenne les deux années suivantes et en sort 172e sur 222 élèves. Il opte alors pour le corps du Génie et s’y fait former à l’École d’application de Fontainebleau.
Malgré une formation relativement moyenne, il se révèle être un excellent officier dès sa première affectation au 6e régiment du Génie d’Angers, le 3 novembre 1899. Ses qualités lui vaudront d’être nommé instructeur puis professeur de fortification à l’École militaire de l’Artillerie et du Génie de Versailles. Il y officiera entre le 8 avril 1902 et le 16 novembre 1905 et y passera capitaine le 12 octobre 1903. Après un nouveau service au sein d’un État-major, il est affecté au 4e régiment du Génie de Grenoble le 12 juillet 1908. Il y reste un peu plus d’un an avant de rejoindre l’École Supérieure de Guerre, le 1er novembre 1909. Il en sort breveté en 1911 et effectue alors son stage au sein de l’État-major du 10e corps d’armée où il est affecté deux ans plus tard.

 

Un officier du génie dans la Grande Guerre

Il débute la Première Guerre mondiale à la tête du 1er bureau de l’Etat-major du 10e corps d’armée. Le 1er octobre 1914 il est transféré à l’État-major du 33e corps d’armée commandé alors par le général Pétain. Après avoir été cité une première fois à l’ordre de ce dernier le 21 mai 1915 [1], il est élevé à la dignité de chevalier de la Légion d’Honneur cinq jours plus tard avec une citation élogieuse : « Commandant le Génie d’une division dans un des secteurs les plus importants et les plus menacés par une violente offensive ennemie [2] a montré une bravoure, une énergie, une sûreté de jugement et un esprit de suite remarquables pour l’organisation des travaux défensifs et des communications a ainsi largement contribué à assurer l'inviolabilité du front du secteur. » Le 3 septembre, il est promu chef de bataillon.

Le 4 mars 1916, il est nommé commandant du génie de la 77e DI avant de revenir au sein de l’État-major du 33e corps d’armée trois mois plus tard, en pleine bataille de Verdun. Il y sera cité une seconde fois le 24 août 1917 : « Officier supérieur de grande valeur, aussi pondéré dans les conseils qu’énergique dans l’action. Toujours calme, même dans les situations les plus difficiles et dans les zones bombardées, a contribué largement par sa remarquable prévoyance et son inlassable activité, au succès des opérations offensives exécutées par le corps d’armée en mars, avril et juillet 1917 [3]. »
Le 6 septembre 1917, il est désigné pour faire partie de la mission militaire en Grèce, à Salonique. Le 5 octobre il devient directeur des cours du Génie destinés aux cadres de l’armée grecque et chef du 4e bureau de cette même armée hellénique [4]. Le 17 septembre 1918 il part en permission. Il finit la guerre avec une palme et deux étoiles vermeil à la croix de guerre qu’il a obtenues à Verdun en 1915.

 

Professeur à l’École Supérieure de Guerre

Le 12 août 1919, il est nommé à l’État-major du département de Seine-et-Oise puis professeur titulaire du cours de fortification [5], matériel de génie et de télégraphie à l’Ecole Supérieure de Guerre, six jours plus tard. Il y est promu lieutenant-colonel en décembre 1921 puis colonel le 23 mars 1925. Parmi ses élèves, on peut notamment citer un certain Charles de Gaulle ainsi que deux futurs maréchaux, Juin et de Lattre de Tassigny. Le 22 septembre 1926 il quitte l’Ecole pour prendre la tête du 1er régiment du Génie. Le 28 octobre 1927 il est transféré à l’État-major particulier et devient alors commandant de l’École militaire d’application du Génie ainsi que du centre d’études tactiques du Génie de Versailles. Il y est promu général de Brigade le 8 juillet 1930. Il est alors présenté comme un « esprit fin et très cultivé » et comme un « excellent conférencier » par le général Weygand qui le note à la fin de l’année 1930. Il est par ailleurs félicité dans un lettre élogieuse du Ministre de la Guerre, le 27 janvier 1931 : « Chargé depuis près de 3 ans de l'école de perfectionnement des officiers de réserve du génie de la région de Paris, a été un animateur et un organisateur de tout premier ordre, a réalisé des progrès très importants grâce à son dévouement et son activité. »

 

La ligne Maginot en Alsace

Le 25 juillet 1934, il arrive à la tête du Génie de la 7e région militaire. Sa principale mission est alors l’organisation des travaux de défense en Alsace et à proximité de la Suisse, et notamment l’aménagement de la Ligne Maginot dans ce secteur. A ce poste, Chauvineau est remarqué pour ses qualités techniques et par l’intelligence de son commandement. Le 11 septembre 1935 il est promu général de division. En mars 1936, le général Blanchard, son supérieur à Besançon regrette d’ailleurs son départ annoncé à la retraite pour le mois d’octobre de la même année en raison de la limite d’âge. Deux mois plus tard, le 30 décembre, il est nommé Commandeur de la Légion d’Honneur [6].
Le 12 octobre 1936, il est officiellement placé dans la section de réserve. En mars 1939, il publie l’ouvrage Une invasion est-elle encore possible . Ce dernier présente les faiblesses de l’armée française, ce qui vaudra de nombreuses critiques à l’officie supérieur.
Le 2 septembre 1939 le général Chauvineau est mobilisé une nouvelle fois et prend alors la tête du Génie de la région de Paris. Il est alors chargé de la construction d’une ligne de défense anti-char, à laquelle il donne son nom, autour de la capitale. Il conservera ce poste jusqu’à sa démobilisation, le 1er juin 1940.
Le 8 mars 1969 il décède à son domicile en Maine-et-Loire, à Baugé à l’âge de 94 ans. Il est inhumé avec les honneurs militaires.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique , Dossiers X1A (1895) et fonds particulier Louis Chauvineau (1895).
• van den BERGH Éric, Mai 1940 : Une victoire éclair,‎ 2009.
 


Notes

[1] « Depuis la formation du corps d’armée assure avec un zèle inlassable et une précision tout à fait remarquable la direction du 1er bureau de l’Etat-major du corps d’armée. A fait face à toutes les difficultés d’un service très chargé grâce à un travail incessant et un dévouement sans borne. »
[2] Il est vraisemblablement question ici des premiers combats d’Artois, au printemps 1915.
[3] Il s’agit là des engagements au Chemin des Dames.
[4] Ses différents passages en Grèce et dans les Balkans lui vaudront plusieurs décorations telles que le Mérite militaire hellénique, la Médaille commémorative Serbe, l’Ordre Royal de Saint-Sava de Yougoslavie, le titre de Grand officier de l’ordre de la Couronne de Roumanie ou encore la dignité grecque d’officier du Saint-Sauveur.
[5] Son cours de fortification sera particulièrement remarqué. Plusieurs de ses conférences sur le sujet, abordant notamment le rôle de la fortification permanente, ont été publiées.
[6] Il avait auparavant été nommé officier le 21 décembre 1926. La même année, il a également reçu l’Ordre de Jade de la part de la Chine.