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Du mathématicien académicien au professeur

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En 1788, l’Académie de Paris parvient à recruter le grand mathématicien Joseph Louis Lagrange qui était installé depuis une vingtaine d’années à l’Académie de Berlin. Reçu par la reine et logé au Louvre, Lagrange est loin de se douter que son monde est sur le point de basculer. De fait, la Révolution française va dissoudre les Académies, symboles de la monarchie, et concevoir des formes nouvelles d’interactions entre sciences et société.

Lagrange Joseph-Louis
(1736-1813)
C2 10/7

De  nombreux mathématiciens  participent à l’élan révolutionnaire et y trouvent gloire et légitimation. Dès 1791, Lagrange s’investit dans la Commission des Poids et Mesures qui vise à définir « une unité qui, dans sa détermination, ne renferme rien d’arbitraire ni de particulier à la situation d’aucun peuple sur le globe ». Il est ainsi l'un des pères du système métrique. Surtout, les mathématiciens comme Lagrange, Laplace et Monge sont directement impliqués dans deux grandes institutions d'enseignement fondées par la Révolution : l'École centrale des travaux publics, future École polytechnique, ainsi que l'École normale de l'an II, future École normale supérieure.

Pierre-Simon de Laplace
(1749-1827)
C2 10/8
Monge, Gaspard
(1746-1818)
IX.GM.19.7.2.3

Académicien sous la monarchie, Lagrange devient professeur avec la Révolution. Ce changement s'accompagne de nouveaux idéaux de rigueur : il s'agit de présenter aux élèves des cours précis et structurés en dégageant l'"esprit de l'analyse", par opposition à certains concepts controversés, comme les « infiniment petits ». Par opposition à la notion classique de grandeur géométrique, il développe une approche unitaire des mathématiques fondée sur la notion de fonction qu'il tente de réduire à des  expressions polynomiales. Cette tentative de fondement des mathématiques par l’algèbre aura une très grande influence jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsqu’elle sera contredite par l’apparition de fonctions échappant à l’algèbre polynomiale. Cette découverte n’est pas sans lien avec celle qui avait entraîné la chute de l’école de Pythagore. De fait, ce n’est qu’en revenant au problème antique de la définition des nombres que les mathématiciens parviendront à éclaircir les difficultés conceptuelles posées par les fonctions.

[Travaux de l’École polytechnique]
[Épures des cours de géométrie
descriptive par Monge
[1794-1815]
MONGE 1794-18

 

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