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Exposition : l’affaire Dreyfus et l’École polytechnique

A l’occasion de la journée d’étude du 22 janvier 2018 sur les 120 ans de la publication de J’accuse par Émile Zola, le Centre de ressources historiques de la Bibliothèque présente une sélection de documents sur les répercutions de l’affaire sur l’École polytechnique au niveau du kiosque presse. Cette sélection a été effectuée par Isabelle Schaffner et Julie André avec la participation du service des archives.

Cette journée d’étude, organisée par Julie André, Olivier Bertrand et Isabelle Schaffner (Département des Langues et Cultures / LINX / École polytechnique), avait pour intervenants Julie André, Olivier Bertrand, Anne Dulphy, Michaël Foessel, Vincent Martigny, Yuji Murakami, Philippe Oriol, Alain Pagès et Isabelle Schaffner.

Journée d'étude du 22 janvier

Alfred Dreyfus était un polytechnicien de la promotion 1878. Cette promotion comportait 236 élèves. Dreyfus se classe 182e à l’admission, après une seule année de classes de mathématiques spéciales - au collège Sainte-Barbe - comme 26 autres élèves cette promotion. Il a alors 19 ans.

Il sort de l’École polytechnique 128e en 1880, 38e sur 103 élèves ayant intégré l’artillerie. 75% des élèves de cette promotion rejoignent l’armée, surtout dans l’artillerie, mais aussi le Génie (47 élèves), l’artillerie de marine (14 élèves)...

On trouve dans sa promotion, entre autres, Louis Adrian le concepteur du casque dit Adrian de la première guerre mondiale, Philippe Buneau-Varilla, qui s’est illustré dans la construction du canal de Panama, Gaston Moch, dreyfusard, pacifiste cheville ouvrière du Bureau international de la Paix et promoteur de la langue espérantiste, Pierre Termier, célèbre géologue et président de l’Académie des sciences, Philippe Crozier, diplomate et ambassadeur.

Portrait d'Alfred Dreyfus figurant dans l'album de promotion, avec la mention de "traitre" barré

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Le 22 décembre 1894, reconnu coupable par erreur, Alfred Dreyfus est condamné pour intelligence avec une puissance étrangère. Il est  déporté au bagne, destitué de son grade, dégradé.

Lorsque Zola publie J’accuse le 13 janvier 1898, le mouvement dreyfusard a entre temps (novembre 1897)  découvert le nom du vrai coupable, Esterhazy. Mais l’armée refuse de revenir en arrière et Esterhazy est acquitté.

Le texte de Zola du 13 janvier entraîne un certain nombre d’intellectuels à s’engager en faveur de Dreyfus, dès le lendemain. Parmi eux, Édouard Grimaux, professeur de chimie à l’École polytechnique : il est le signataire d’une pétition parue le 15 janvier dans L’Aurore. Même s’il ne signe pas « professeur à l’École polytechnique » mais Membre de l’Institut officier de la Légion d’honneur, le ministre de la Guerre Billot demande le 16 janvier confirmation au général commandant l’École polytechnique si M. Grimaux a bien signé ce texte. Une enquête est ensuite engagée. Bien que le général Toulza défende Grimaux dans son rapport au ministre, ce dernier décide fin février de mettre M. Grimaux à la retraite. Grimaux fera une déposition dans le cadre du procès d’Émile Zola, poursuivi en justice pour diffamation à la demande du Gouvernement.

Portrait de Grimaux figurant dans l'album photographique réalisé par Aaron Gerschel  au moment du centenaire de l'École polytechnique (1894)

Grimaux ne fut pas le seul professeur de l’École polytechnique impliqué dans l’Affaire. Professeur d’histoire et de littérature à partir de 1892 Georges Duruy signe en avril 1899, dans Le Figaro, un article intitulé « Pour la justice et pour l'armée » en faveur d'Alfred Dreyfus.

Portrait de Grimaux réalisé par Aaron Gerschel (ce dernier est un photographe dreyfusard, remplacé en 1898-99 par Pierre Petit pour la réalisation des albums promos)

Son cours est suspendu (28 avril 1899) après l’intervention du ministre de la Guerre Charles de Freycinet. Mais après l’interpellation à la Chambre de Freycinet par le député Jules Gouzy, le cours reprend (15 mai).