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FAVRE Edouard (X1897)

Né le 28 septembre 1876 à Saint-Jorioz (Haute-Savoie)
Décédé le 12 novembre 1949 à Paris

 

Promotion X1897
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : lieutenant-colonel (artillerie puis armée de l’air)

Edouard Favre naît le 28 septembre 1876 en Haute-Savoie d’une mère au foyer et d’un père banquier. A partir de 1885, suite à la disparition de ce dernier, il est élevé par sa mère avec ses deux frères et sa sœur à Annecy. Étant l’ainé de la famille, cet exercice développe son esprit pratique et sa débrouillardise. Admis à l’X en 1897, il y suit une scolarité dans la moyenne malgré une prometteuse 14e place au concours. Deux ans plus tard, il est 134e d’une promotion de 223 élèves et opte pour l’artillerie et continue sa formation à l’École d’Application de l’Artillerie et du Génie. Il en sort avec le grade de lieutenant le 1er octobre 1901 et est alors affecté au 6e régiment d’Artillerie. Il y reste jusqu’au 24 décembre 1909, date de son affectation au 2e régiment d’artillerie de campagne où il est nommé capitaine-instructeur un an plus tard. En 1912 il perd sa femme, Marie Aussedat, qu’il a épousé le 18 septembre 1902 [2].
C’est au début des années 1910 qu’il met au point une théorie devant, selon lui, révolutionner l’aviation : le vol avec battements par suspension élastique. Proposant cette dernière aux services aéronautiques de l’armée, son projet n’est pas retenu. L’ingénieur choisit alors de mener des essais seul, en Savoie, mais ne parvient pas à les terminer quand arrive août 1914.
 

 

De l'artillerie à l'aviation

Quand sonne le tocsin de la mobilisation, Edouard Favre est à la tête de la 3e batterie du 1er groupe du 2e régiment d’artillerie avec le grade de capitaine. C’est au front qu’il passe les premiers mois de guerre. Tout d’abord en Alsace et dans les Vosges, du côté du Donon et de Saint-Dié [3]. Son attitude au feu y est rapidement récompensée par la croix de guerre avec palme [4] qu’il obtient le 8 septembre ainsi que par sa première citation à l’ordre de l’Armée, le 8 octobre [5]. Au cours de son séjour dans ce secteur, il développe notamment de nouvelles techniques de tir contre les avions. Dès les premiers mois de campagne, il demande à être affecté dans l’aviation mais cela lui a été refusé pour le motif qu’il a cinq enfants. Il présente sa théorie à plusieurs reprises, à l’Armée comme à l’Académie des Sciences, mais il n’a pas plus d’avis favorable que par le passé car le développement de son appareil est jugé irréalisable.
A la fin de ces premiers mois de combat, il quitte l’Est pour le front de Champagne, où il prend part aux opérations de l’année 1915. Pendant cette période, il poursuit sa réflexion sur le vol à suspension élastique et tente même quelques expériences alors qu’il est en ligne. Suite aux nombreux courriers et projets qu’il a envoyés, il est finalement appelé à l’École Aéronautique de Paris pour une dizaine de jours à compter du 21 août 1915. Il en profite pour essayer d’adapter son invention à un avion aux ateliers de Chalais-Meudon mais ses travaux son interrompus car il est rappelé d’urgence à son corps. Le 23 octobre 1915, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur et obtient une nouvelle citation à l’ordre de l’Armée. « La batterie étant repérée par des avions ennemis et soumis à un bombardement d’obus de gros calibre, a inspiré le calme à tous, faisant abriter son personnel et restant stoïque à son poste de commandement. Déjà cité à l’ordre de l’armée, n’a pas cessé de donner les plus beaux exemples de bravoure et d’intrépidité depuis le commencement de la campagne. » [6]
Le 11 novembre 1915 il part une nouvelle fois en mission à Paris, pour un mois cette fois. Ce nouveau séjour lui donne l’occasion de mettre en œuvre ses expérimentations mais celles-ci donnent des résultats mitigés. A son retour au front, il dirige à nouveau sa batterie, d’abord dans les Vosges, puis à Verdun jusqu’à la fin de l’été 1916, et du côté de Laffaux pour le reste de l’année. Le 23 février 1917 il est promu chef d’escadron et est transféré au 21e régiment d’artillerie de campagne, au sein de la 62e division d’infanterie. Il quittera ce dernier le 1er avril suivant pour le 1er groupe du 221e RA. Pendant cette période, il combat dans le Nord, en Belgique puis dans l’Aisne. A la fin de l’année, il fait une demande pour faire un stage au service des fabrications de l’aviation mais sa sollicitation reste à nouveau vaine.
Le 10 mai 1918, il est cité une troisième fois. « Officier supérieur d’une rare énergie, a commandé provisoirement une A.C.D. pendant une semaine dans des conditions extrêmement difficiles et critiques. A rempli avec autorité toutes les missions qui lui ont été confiées en donnant à tous l’exemple du calme et du sang froid. ». Le 6 septembre 1918, il est une dernière fois cité à l’ordre de l’Armée. « Officier supérieur d’une grande valeur. A déployé une activité inlassable pendant l’offensive du 27 juillet au 7 août, payant sans cesse de sa personne pour poster rapidement ses batteries en avant. A obtenu de son groupe un excellent rendement. A fait exécuter avec à propos et décision des tirs parfaitement réglés et contrôlés qui ont causé des pertes sévères à l’ennemi et assuré un appui efficace à la marche en avant de notre infanterie. » En parallèle il poursuit à plusieurs occasions la promotion de son système élastique auprès des autorités militaires et civiles mais sans plus de succès.
Ce n’est finalement que le 15 octobre 1918 que sa demande d’affectation dans l’aviation est validée. Il est alors détaché à l’école supérieure d’aéronautique mais il semble toutefois qu’il ait alors abandonné ses expérimentations.

 

Un inventeur au service de la France

Au lendemain de la guerre, le commandant Favre poursuit sa carrière dans l’aviation. Le 13 août 1919 il est définitivement affecté au service technique de l’aéronautique. Le 1er janvier 1922, on le retrouve à l’Office national météorologique. Le 8 août 1925, il passe à l’Inspection du matériel technique et des installations techniques de l’aéronautique militaire. Il y suit notamment les études balistiques relatives à l’armement et aux projectiles employés par l’aéronautique. Le 22 décembre suivant il est fait Officier de la Légion d’Honneur.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier VI2A2 (1897)
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/15/1916
• FAVRE Marie, Edouard Favre - Mes cahiers de souvenirs, 2014
 


Notes

[1] Remerciements : Marie Favre
[2] Elle décède de la diphtérie.
[3] Au cours de ces opérations, il est légèrement blessé à deux reprises, le 24 août puis le 21 septembre 1914.
[4] Il en obtiendra deux autres, le 23 septembre 1915 et le 19 mai 1916.
[5] « S’est particulièrement distingué par sa belle attitude et sa belle conduite au feu. »
[6] Cette dernière fait référence à des opérations qui se sont déroulées le 1er octobre.