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FAYOLLE Emile (X1873)

Né le 14 mai 1852 au Puy-en-Velay (Haute-Loire)
Décédé le 27 août 1928 à Paris

 

Promotion X1873
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : Maréchal de France

Emile Fayolle nait au Puy-en-Velay le 14 mai 1853. Après une scolarité passée notamment au collège Saint-Michel à Saint-Étienne (Loire), il suit les cours préparatoires à l’X à l’école Sainte-Geneviève à Paris. En 1873 il est admis à l’École polytechnique et y suit alors une scolarité dans la moyenne. Deux ans plus tard, il sort 116e sur les 226 élèves que compte sa promotion. Il choisit alors de servir dans l’Artillerie et part se perfectionner pendant deux années à l’École d’Application de Fontainebleau. A sa sortie, le 1er octobre 1877, il est affecté au 16e régiment d’Artillerie avec le grade de lieutenant. Entre le 28 octobre 1878 et le 29 octobre 1879, il met toutefois sa carrière d’artilleur entre parenthèses pour suivre les cours de l’École de Cavalerie de Saumur pendant une année. Après cela, il s’en retourne à son unité d’appartenance avec laquelle il participe notamment à la campagne de Tunisie [1].
Le 2 mai 1882 il est muté au 3e Régiment d’Artillerie où il fait fonction d’instructeur d’équitation et de conduite de voiture. Une semaine plus tard, le 10 mai, il est à nouveau transféré, cette fois au 36e Régiment d’Artillerie où il remplit les mêmes fonctions. Le 11 juillet suivant, il y est promu capitaine. Il ne quitte cette unité que huit années plus tard, le 29 décembre 1890. Entre temps, le 12 avril 1889, il a été autorisé à suivre les cours de l’École Supérieure de Guerre (ESG) d’où il sort breveté avec la mention « très bien » en novembre 1891 [2]. Il entre alors en tant que stagiaire à l’État-major particulier de l’Artillerie à Paris. Dès lors, sa carrière militaire va nettement s’accélérer.

 

Une carrière militaire remarquable

Le 14 avril 1895 il est promu chef d’escadron. Deux ans plus tard, après avoir assumé divers commandements, il est nommé professeur-adjoint du cours de tactique appliquée d’artillerie à l’École Supérieure de Guerre [3]. Cinq année plus tard, le 30 décembre 1902, il est élevé au grade de lieutenant-colonel et titularisé à l’ESG. Pendant les huit années où il y enseigne, il n’a de cesse de prôner l’importance de la mobilité de l’artillerie et sa coordination avec l’infanterie au cours des opérations [4]. Le 23 juin 1907 il est promu colonel mais ce n’est que l’année suivante qu’on lui confie à nouveau un commandement actif: celui du 36e Régiment d’Artillerie.
Le 31 décembre 1910 il est nommé général de Brigade et prend alors la tête de l’artillerie du 12e Corps d’Armée. Le 30 décembre 1911 il est également élevé au rang d’Officier de la Légion d’Honneur [5]. Un an plus tard, il est affecté au commandement de la 19e Brigade d’Artillerie. Ce devait être là son dernier poste dans la mesure où il est placé dans la 2e section de l’État-major Général le 14 mai 1914. C’était toutefois sans compter sur le déclenchement de la Première Guerre mondiale quelques semaines plus tard.

 

La Grande Guerre

Rappelé sous les drapeaux au début du conflit, le général Fayolle reçoit d’abord le commandement d’une brigade puis de l’ensemble de la 70e division d’infanterie de réserve en Lorraine. Avec elle il participe notamment à la bataille du Grand Couronné autour de Nancy puis aux combats en Artois. Le 11 octobre 1914 il est élevé à la dignité de Commandeur de la Légion d’Honneur. C’est au sein de cette unité qu’il est également promu général de Division le 14 mai 1915. Quelques semaines plus tard, le 21 juin 1915, il reçoit le commandement du 33e Corps d’Armée.
Le 26 février 1916, il est placé à la tête de la 6e Armée. Il mène notamment cette dernière au cours de la bataille de la Somme. Le 3 octobre 1916 il est promu Grand Officier de la Légion d’Honneur pour ses actions. Sa citation en dit alors long sur ses qualités militaires : « Commandant d’armée dans un secteur d’attaque, a fait preuve, dans la préparation et l’exécution des opérations offensives, des plus belles qualités militaires. Joignant à la ténacité dans l’effort une compréhension exacte des nécessités de la guerre actuelle, a obtenu sur l’ennemi de remarquables succès, par la mise en œuvre méthodique d’une supériorité technique en plein développement. »
Le 19 décembre 1916 il obtient le commandement de la 4e Armée, puis de la 1ère, le 31 décembre de la même année. Le 1er mai 1917, il voit une nouvelle fois ses pouvoirs accrus lorsqu’il devient commandant du groupe d’armées du Centre. Avec ce dernier, il participe aux opérations en Champagne, mais surtout à la reprise victorieuse des offensives françaises autour de Verdun. A la fin de l’année, le 16 novembre, il est nommé commandant supérieur des troupes françaises en Italie et est alors chargé de la coordination des opérations auprès du Commandement Suprême. A nouveau, il faut mettre plusieurs succès à son actif comme par exemple celui du Monte Tomba le 30 décembre.
Au début de l’année 1918, il est rappelé en France par le général Pétain qui lui confie le groupe des armées de réserve. Avec celui-ci il contribue notamment à enrayer la progression des Allemands vers Paris au mois de mars. Le 10 juillet 1918 il est élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d’Honneur. A nouveau, sa citation est des plus élogieuses : « Commandant un groupe d’armées, Officier Général de haute valeur dont les brillantes qualités d’énergie et de décision se sont maintes fois affirmées au cours de la campagne. Après s’être distingué dans le commandement d’une armées chargée d’opérations offensives, a, comme Commandant d’un groupe d’armées, remarquablement coordonné les efforts des troupes sous ses ordres. A réussi, après des combats acharnés, à briser l’offensive de l’ennemi. » A la fin de l’année, c’est également lui qui conduit la poussée des troupes françaises en direction du Rhin, ce qui contribue de manière considérable à la Victoire.
A la fin du mois de novembre 1918, il entre dans Strasbourg à la tête des troupes de l’Entente, ce qu’il ne manque pas de relater dans sa correspondance. « Ce fut un spectacle merveilleux, et qu’aucun langage ne peut décrire. Je sais maintenant ce que c’est que l’âme d’une foule, d’un peuple. Je sais combien notre pays est grand qui peut inspirer une telle passion d’amour et ce qu’est le Boche qui, après 47 ans d’occupation, n’a réussi qu’à laisser derrière lui une haine inexorable. Ce qui m’ a le plus touché, c’est l’attitude des femmes et des enfants. [...] Elles formaient partout des bandes aussi gracieuses qu’ardentes, qui encadraient les troupes et leur faisaient une garde d’honneur... ». Il en ira de même à Metz quelques jours plus tard.
Le 21 octobre 1919, le général Fayolle est décoré de la Médaille Militaire avec une nouvelle citation en son honneur : « Merveilleux soldat, qui depuis 1914, n’a cessé de lutter contre l’ennemi. En 1918, l’a saisi à la gorge et a pris une part prépondérante à la Victoire. A dirigé les opérations de ses armées avec une sûreté de jugement, une décision et un sens des réalités incomparables. A les plus beaux titres à la reconnaissance du pays. ». Quatre jours plus tard, il est replacé dans la réserve et se retire dans sa demeure de Clermont Ferrand.

 

Maréchal de France

Le 29 février 1920, Fayolle est toutefois réintégré dans la 1ère section de l’État-major Général dans laquelle il est maintenu, cette fois sans limite d’âge. Le 19 juin, il est par ailleurs nommé représentant militaire à la Commission permanente consultative militaire navale et aérienne du Conseil de la Société des Nations. A côté de cela, il a également obtenu des postes honorifiques en France. Ainsi, il a par exemple été nommé Président de la Commission d’examen des récompenses le 14 juin 1920, membre du Conseil Supérieur de la Guerre, le 5 juillet 1920, ou encore Inspecteur Général de l’Aéronautique, le 9 février 1921.
Outre les nombreuses décorations françaises et étrangères qui lui ont été décernées, la distinction la plus emblématique qu’il reçoit  est le titre de Maréchal de France dont il est investit le 19 février 1921.
Malade, Emile Fayolle décède à Paris le 27 août 1928. Il est alors inhumé au caveau des gouverneurs aux Invalides. En peu de temps, sa mémoire est honorée de multiples manière (statues, noms de rues, bâtiments, ...), et ce jusque sur le campus de l’X à Palaiseau ou un bâtiment porte son nom.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossiers X1A(1873) et VI2A2 (1873)
• Archives départementales de Haute-Loire, Registres matricules, 1R787.
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/950/27.
Livre d’Or de la Sabretache 1914-1918.
X information,  25 septembre 1928.
 


Notes

[1] Entre le 18 avril et le 12 novembre 1881.
[2] Il est alors classé 12e sur 77 élèves.
[3] Le 7 novembre 1897
[4] Parmi ses collègues professeurs, on compte alors Foch (Tactique générale) et Pétain (Infanterie).
[5] Il a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur le 30 décembre 1892.