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FRANCFORT Léon (X1866)

Né le 2 août 1847 à Strasbourg (Bas-Rhin)
Décédé le 29 mars 1918 à Paris

 

Promotion X1866
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : général de brigade (artillerie)

Léon Francfort naît le 2 août 1847 à Strasbourg, dans une Alsace encore française. Son père, Léopold, y est ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Dix-neuf ans plus tard, le jeune Léon réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique. Il y suit une scolarité moyenne mais progresse à chaque classement. Lorsqu’il en sort en 1868, il choisit de servir dans l’artillerie.

 

 

 

Des débuts de carrière mouvementés

Une fois sa formation à l’École d’Application de Metz achevée, il est affecté au 3e Régiment de Sétif. Rapidement, il est cependant pris dans les tourments de la guerre de 1870. Le 6 novembre 1870, il rejoint le 12e Régiment d’Artillerie de Toulouse avec le grade de lieutenant. Il le quitte un peu plus d’un mois plus tard pour la réserve d’artillerie du 24e corps avec laquelle il prend notamment part aux combats d’Arcey-Sainte-Marie et d’Héricourt en janvier suivant. En février 1871, alors que l’armée de l’Est est désarmée en Suisse, il refuse de se faire interner et réussit à s’évader pour continuer le combat en France [2] malgré un pied gelé. Hélas, il ne peut rien faire pour empêcher le rattachement de sa chère Alsace au jeune empire allemand quelques mois plus tard. Le 8 mai 1872 il opte pour la nationalité française à Vincennes.
Le 23 janvier 1874, Léon Francfort poursuit sa carrière et est promu capitaine. Il passe alors au 20e Régiment d’Artillerie et sert successivement d’adjoint à la manufacture d’armes de Châtellerault, d’adjoint à la Direction d’artillerie de Douai et enfin d’adjoint au commandant de l’Artillerie de l’arrondissement de Montmorency [3]. Au début de l’année 1877, il est admis à l’École Supérieure de Guerre [4]. Il en sort breveté d’État-major à la fin de l’année [5] et passe dans différents corps pour se perfectionner. Le 27 mai 1880, sa maitrise de six langues [6] le conduit à être détaché puis muté au 2e bureau de l’Etat-major général du ministre de la Guerre où il est notamment amené à assister aux manœuvres des troupes allemandes et suisses à différentes reprises. Au cours de cette période, il vit un drame familial et doit surmonter le décès de sa femme [7], Mathilde Spielmann, le 28 août 1883. Après cela, il passe à nouveau dans un régiment d’artillerie, le 11e, le 11 mars 1885 [8]. Du 15 septembre au 15 novembre 1885, il est détaché au cours des études pratiques de tir de Bourges. A son retour au corps, on lui confie l’instruction d’artillerie de son régiment. A la fin de cette même année [9], il est également fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Le 17 avril 1888, il est promu chef d’escadron et transféré au 2e Régiment d’Artillerie. Il n’y reste que quelques mois car, dès le 27 septembre 1888, il est affecté à l’état major du 11e Corps d’Armée. Trois ans plus tard, il retrouve à nouveau un régiment : le 32e d’Artillerie.
Promu lieutenant-colonel le 5 octobre 1895, il passe au 28e Régiment d’Artillerie de Vannes. Le 19 avril 1899 il entre à l’État-major particulier de l’Artillerie et devient directeur de l’artillerie à Briançon. Le 16 mars 1901 il continue son ascension dans la hiérarchie militaire et est nommé colonel. Il est alors placé à la tête au 39e Régiment d’Artillerie de Toul. Le 4 décembre 1902 il est fait Officier de la Légion d’Honneur. Quatre ans plus tard, le 29 mars 1906, il est élevé au grade de général de Brigade et est placé à la tête de l’artillerie du 11e corps. Il y reste jusqu’à son passage dans la section de réserve, le 2 août 1909.

 

De retour au Front...

Le 2 août 1914, le général Francfort est rappelé à l’activité et prend le commandement du secteur Est puis Nord-Ouest de la Défense d’Epinal. Il y œuvre grandement à l’avancement des différents travaux et à l’instruction des troupes. Le 29 septembre 1915, le poste de Gouverneur d’Epinal est toutefois supprimé [10] et le Général Francfort devient alors commandant d’armes et commandant de la subdivision de la ville. Le 18 mai 1916 il est toutefois rattrapé par la limite d’âge et replacé dans la réserve. Il est alors proposé pour la croix de commandeur de la Légion d’honneur par le général de Villaret mais sa demande reste vaine.
Le 29 mars 1918, jour de vendredi saint, le général Francfort se trouve dans l’église Saints-Gervais-et-Protais, dans le quartier du Marais à Paris. Cette dernière est alors touchée par le tir d’une pièce allemande à longue portée qui entraine l’effondrement de la voûte de l’édifice causant la mort de quatre-vingt-onze personnes. Outre le général, on compte également la fille du consul de Belgique et plusieurs permissionnaires parmi les victimes. Bien qu’il soit classé dans le corps de réserve et qu’il ait servi pendant plusieurs années au début de la guerre, l’officier supérieur ne se voit pas attribuer la mention « mort pour la France ».

 


Sources et bibliographie

• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/1024/41.
• Service Historique de la Défense, Dossier individuel, Cote 10 Yd 1081.
• Livre d’Or de la Sabretache.
 


Notes

[1] Remerciements : Jean-Noël Grandhomme, Alain Savignol.
[2] Il retourne alors au 12e Régiment d’Artillerie.
[3] Il y sert lorsqu’il est nommé capitaine en 1er. Sa promotion le fait alors rejoindre le 19e RA mais, dans les faits, il conserve son poste à Montmorency.
[4] Qui s’appelle alors « cours spéciaux d’enseignement supérieur » puis « école militaire supérieure » à partir du 15 juin 1878.
[5] Il est alors classé 3e sur 68 et obtient la mention « très bien ».
[6] Outre le français, il parle l’allemand, l’anglais, l’italien et l’espagnol et lit le portugais et le russe.
[7] Le mariage avait eu lieu le 3 décembre 1875. Léon Francfort se remarie toutefois le 6 octobre 1886 avec Eugénie Pauline Fould.
[8] Il en publiera d’ailleurs l’historique en 1892.
[9] Le 28 décembre 1885.
[10] Ceci est dû au décret du 5 août 1915 sur les régions fortifiées qui supprime les gouverneurs et les remplace par des commandants d’armes.