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GIROUSSE Gaston (X1899)

Un électricien au service de la France

 

Né le 5 octobre 1880 à Paris
Décédé le 26 mars 1963

 

Promotion X1899
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : commandant (artillerie puis génie)

D’origine modeste, Gaston Girousse nait à Paris le 5 octobre 1880 d’un père chef facteur des postes. Rapidement, il fait preuve de qualités mathématique et d’une vaste culture en obtenant un 2e accessit d’histoire et un 2e accessit de mathématiques au concours général. En 1899 il réussit le concours d’entrée à l’X et suit alors une scolarité remarquable à l’École, se classant à chaque fois aux alentours de la 30e place. A sa sortie, en 1902, il opte pour l’artillerie coloniale. Il ne reste cependant que six mois à l’École d’Application car entre temps a été crée l’École Supérieure des PTT qu’il a rejoint pour une année de spécialisation [1].
Il en sort ingénieur et est affecté à la Direction des Services Télégraphiques Durant son séjour à Paris, il est notamment nommé chef de mission au service des câbles téléphoniques sous marins. Entre 1905 et 1906, il supervise ainsi pendant plusieurs mois la pose du câble reliant Brest et Dakar. A son retour il est sollicité par le général Ferrié pour le rejoindre et l’assister dans les études sur la radiotélégraphie qu’il mène dans son laboratoire situé au pied de la tour Eiffel. A côté de cela Girousse remplit également les fonctions de professeur et d’adjoint au directeur à l’École supérieure des PTT.

 

Au service des transmissions télégraphiques et téléphoniques des Armées

Dès août 1914, Gaston Girousse est appelé au Grand Quartier Général (GQG) où il devient l’adjoint du commandant Seligmann [2], qui est responsable de la transmission des ordres vers les État-major des différentes armées françaises et alliées. Rapidement, le capitaine Girousse obtient la pleine confiance de ses supérieurs et son travail sera apprécié de tous. Même s’il n’est pas officiellement chef du service des transmissions télégraphiques et téléphoniques des Armées, il en remplit les fonctions [3]. Pour mener à bien sa mission, l’officier a à sa disposition des militaires spécialisés [4], mais également tout le personnel civil des Postes de la zone des armées [5]. De par ses activités, il a connaissance des mouvements de toutes les troupes françaises et il peut circuler librement sur l’ensemble du front. Il se retrouve alors sur les principaux champs de bataille du pays : en Champagne en 1915, du côté de Verdun et de la Somme l’année suivante, ou encore dans l’Aisne en 1917 et en 1918.
Son travail est reconnu par l’ensemble des armées alliées. Ainsi, en 1915 il est fait Chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique, le 25 décembre 1916 il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur et, la même année, il est également décoré de l’ordre britannique du Distinguished Service Order. L’officier est démobilisé le 1er mars 1919 avec le grade de commandant. Au sujet des états de service de son arme il lance une phrase qui fera date : « Le meilleur hommage rendu aux transmissions, c’est qu’on en ait jamais parlé. »

 

Dans l'industrie électrique

En janvier 1914, Gaston Girousse a déjà tenté de faire carrière dans l’industrie et a alors été nommé secrétaire général d’une société de production et de distribution électrique : le Triphasé. En 1920, après son passage sous les drapeaux, il prend la direction de la société désormais nommée Nord-Lumière. Il en est nommé administrateur délégué en 1924, vice-président délégué en 1933 et Président le 1er janvier 1941. Il ne cesse de diriger l’entreprise qu’à sa nationalisation, en 1946. En parallèle, Gaston Girousse est nommé administrateur dans plus d’une dizaine d’autres sociétés électriques [6]. En 1928, il devient également vice-président du Syndicat Professionnel de l’Industrie électrique [7]. Cinq ans plus tard, en 1933, il est nommé vice-président de l’Union technique de l’Électricité.

 

Un "Juste parmis les Nations"

A la mobilisation de 1939, l’industriel est nommé commissaire technique de la circonscription électrique de la région parisienne. En mai 1940, alors que les Allemands envahissent la France, Gaston Girousse reçoit les pleins pouvoirs des Président des sociétés d’électricité de la région parisienne pour assurer la gestion de leurs services et pour les représenter devant les autorités allemandes et celles de Vichy. Par la suite, il aurait aussi sauvé plus d’une centaine de résistants des mains de la Gestapo en émettant de faux ordres de mission. Ses actions lui ont valu le titre de Juste parmi les Nations en 2008.
Au lendemain de la guerre et de la nationalisation de Nord-Lumière, il prend la tête de plusieurs sociétés d’installation d’électricité. Le 13 mai 1960, il est fait Commandeur de la Légion d’Honneur [8]. Il décède finalement trois ans plus tard, le 26 mars 1963, à l’âge de 83 ans.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossiers X1A (1899) et VI2A2 (1899).
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/405/54269.
• « Gaston Girousse (1899) « Juste parmi les Nations » in La Jaune et la Rouge, N°654, avril 2010.
• Revilliod Simonne, Maucour-Mouchoux Geneviève, Martinier Chantal, Gaston Girousse 5 octobre 1880 - 26 mars 1963, Souvenirs Familiaux, sans date, 68 p.
 


Notes

[1] En parallèle, il aurait également suivi les cours de l’Ecole Supérieure d’Electricité.
[2] Ce dernier meurt d’épuisement en 1916.
[3] En effet celui-ci ne remplissait pas les conditions requises pour occuper ce poste en raison de son âge - 34 ans - et son seul grade de capitaine.
[4] Ceci représente environ 3 500 agents, majoritairement des agents des P.T.T. mobilisés.
[5] Il faut souligner ici le fait que ces postes civils étaient alors souvent occupés par des femmes.
[6] Au cours de sa carrière dans ce domaine, il a également déposé plusieurs brevets.
[7] Il en deviendra le président en 1933.
[8] Entre temps, il a été élevé à la dignité d’Officier de la Légion d’Honneur le 24 août 1931.