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JOFFRE Joseph (X1869)

Le vainqueur de la Marne

 

Né le 12 janvier 1852 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)
Décédé le 31 janvier 1931 à Paris

 

Promotion X1869
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : maréchal de France

Joseph Joffre voit le jour le 12 janvier 1852 dans une famille de vignerons de Rivesaltes. Elève brillant, il fait ses études à Perpignan puis à Paris. En 1869 il est reçu au concours d’entrée de l’École polytechnique [1]. Malgré des débuts prometteurs, sa scolarité est interrompue quelques mois [2] par la guerre franco-prussienne qui l’amène à servir dans l’artillerie avec le grade de lieutenant. Au lendemain de la défaite, il réintègre l’X et finit ses études en octobre 1871, à la 33e place de sa promotion de 128 élèves.
Il choisit alors de servir dans le Génie, et est affecté au 2e régiment de Montpellier avec le grade de sous-lieutenant. Un an plus tard, promu lieutenant, il intègre l’École d’Application de Fontainebleau pour deux années de spécialisation après quoi il est affecté au 1er régiment du génie de Versailles où il se retrouve en charge de différents travaux de fortification autour de la capitale. Le 22 avril 1876 il est élevé au grade de capitaine et est affecté à Pontarlier où il travaille principalement sur les fortifications du Jura. En janvier 1881 il est à nouveau affecté au 2e régiment du génie de Montpellier. En 1883, il est envoyé pour des travaux de fortification à Montlouis, dans les Pyrénées Orientales.

 

Une expérence coloniale

Deux ans plus tard, il demande à servir en Extrême-Orient. Il est alors mis à la disposition de l’amiral Courbet (X1847) et est détaché à Formose, au Tonkin, où il fait campagne entre le 4 janvier 1885 et le 11 juillet 1888. Le 7 septembre 1885, il y est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. A son retour en France, il est rattaché au cabinet du directeur du Génie et est promu chef de bataillon le 6 mai 1889. En 1891 il est chargé des cours de fortification à l’École d’Application de Fontainebleau.
Dès 1892, il part une nouvelle fois en opérations extérieures et sert cette fois en Afrique, et notamment au Soudan. Dans un premier temps il y supervise la construction du chemin de fer mais il participe également à la campagne de Tombouctou [3]. Le 6 mars 1894 il est promu lieutenant-colonel et, à la fin de l’année, est également fait Officier de la Légion d’Honneur [4]. Le 13 août 1897 il est élevé au grade de colonel.
Le 23 décembre 1899 il est nommé commandant du point d’appui de Diego-Suarez (Madagascar). Le général Gallieni lui confie alors la mission d’y fortifier le camp retranché tandis que l’île est en pleine insurrection. Le 10 décembre 1901 il est promu général de brigade. Le 27 février de l’année suivante il est nommé à la tête de la 19e brigade d’artillerie à Vincennes [5]. Il conserve ce commandement jusqu’au 12 janvier 1904, date à laquelle il est nommé directeur du Génie au ministère de la Guerre. Au cours de ce service, il effectue diverses missions d’inspection, notamment en Tunisie et en Algérie au mois de mars. L’année suivante, il est promu général de division [6].

 

Un meneur d'hommes remarqué

Le 13 janvier 1906 il retrouve un commandement opérationnel et prend la tête de la 6e division d’infanterie à Paris. A la fin de l’année, il devient également membre du comité technique du Génie et de celui des Troupes Coloniales [7]. Le 31 mai 1908 il voit ses responsabilités grandir lorsqu’il prend en charge le 2e corps d’armée à Amiens. Le 11 juillet 1909, il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur. L’année suivante, le 23 février 1910, il est nommé directeur des services de l’arrière et devient membre du conseil supérieur de la guerre. Le 28 juillet 1911 il est investit la charge suprême de chef d’état-major général de l’armée en remplacement du général Michel.
Il s’attache alors à réformer l’Armée française et son fonctionnement, en développant notamment les unités d’aviation et d’artillerie lourde. En 1913 il contribue grandement à l’allongement du service militaire à trois ans. N’ayant de cesse de prôner l’offensive, il participe aussi à l’élaboration du plan XVII qui définit les premières opérations militaires l’année suivante. A la veille de la Grande Guerre, le 11 juillet 1914, il est élevé à la dignité de Grand’Croix de la Légion d’Honneur.

 

Commandant en chef de l'Armée Française

Au lendemain de la mobilisation, Joffre lance ses offensives en Lorraine et en Alsace. Ces dernières sont toutefois des échecs et les Allemands prennent rapidement l’initiative et se retrouvent à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. Le 6 septembre, le général ordonne la contre-offensive générale qui conduit à la victoire de la Marne. Dès le 20 novembre 1914 il est décoré de la Médaille Militaire.
L’année suivante il lance différentes opérations dans l’Artois, la Champagne et les Vosges et ouvre également le front d’Orient aux Dardanelles. Ces tentatives ont cependant des résultats relativement limités et causent de lourdes pertes dans les rangs des troupes françaises. En 1916, l’officier supérieur est aussi à l’initiative de la bataille de la Somme, différée par les opérations sur Verdun. Son déclenchement à l’été permet de faire diminuer la pression allemande sur le front de Meuse mais les résultats sont à nouveau limités. En outre, l’opinion commence à se lasser des opérations militaires couteuses en vie humaines. Ainsi, le 26 décembre, le général Joffre est nommé maréchal de France mais il est contraint de céder son poste à Robert Nivelle (X1876).

 

La disgrâce ?

A compter du mois d’avril 1917, l’ancien chef d’état-major général est désigné pour prendre la tête de la mission militaire aux États-Unis. Il est alors chargé de définir les modalités de l’intervention des Américains, et notamment l’envoi au plus vite d’un corps expéditionnaire. De retour en Europe à la fin du printemps, il est nommé inspecteur général des troupes américaines en France et se charge notamment de leur instruction.
Le 14 juillet 1919, il se retrouve en tête du défilé de la Victoire sur les Champs-Elysées aux côtés de Foch. Considéré comme l’un des pères de la victoire, il est reçu à l’Académie française le 14 février 1920. Après cela il quitte les responsabilités militaires et effectue différents voyages à l’étranger avant de se retirer pour écrire ses Mémoires.
Le 31 janvier 1931 il décède à Paris. Il bénéficie alors d’obsèques nationales.


Le maréchal Joffre passant en revue les élèves de l’École polytechnique à qui il vient de remettre la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, le 16 avril 1919.
Collection : Archives de l’École polytechnique

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier VI2A2 (1871).
• BOURACHOT André, Joffre - De la préparation à la disgrâce, Bernard Giovanangeli éditeur, 2010.
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/1368/55.
• JOFFRE Joseph, Mémoires du maréchal Joffre, 2 volumes, Plon, 1932.
• PORTE Rémy, Joffre, Perrin, 2014.
 


Notes

[1] A 17 ans, il est le benjamin de sa promotion.
[2] Il est en campagne avec le 8e régiment d’artillerie entre le 21 septembre 1870 et le 7 mars 1871. Il participe alors à la défense de Paris.
[3] Par la suite, il sera d’ailleurs nommé commandant supérieur de Kayes-Tombouctou.
[4] Le 26 décembre 1894.
[5] Le 11 juillet 1903, il y est promu Commandeur de la Légion d’Honneur.
[6] Le 24 mars.
[7] Le 26 janvier 1907 il est également nommé inspecteur des Ecoles militaires.