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La Révolution

<--- Les Académies : sciences et société sous l’ancien régime   De la figure du savant académicien à celle du professeur --->

 


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Signature : Salut et Fraternité
In : Le citoyen Lagrange au citoyen Monge,... : le 14 brumaire an 6 (le 5 novembre 1799)
Paris, 1799
VI 1B2/Carton 3/3

Comme en témoigne la dissolution des Académies par la Convention en 1793, la Révolution française s'accompagne de nouvelles interactions entre science et société. De nombreux savants participent activement au Comité de Salut public et y trouvent gloire et légitimation. Peu y perdent comme Lavoisier, guillotiné le 8 mai 1794.


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J.L. Lagrange /Zéphirin Belliard, lithographie de Delpech
PHX 500583

L'Assemblée Nationale de 1789 continue à payer à Lagrange la pension que lui avait attribué le roi. Après avoir échappé aux mesures de répression contre les étrangers, ce dernier s'implique dans les nouvelles institutions créées par la Révolution. Lagrange avait pourtant jusqu'à présent refusé toute implication politique, notamment en déclinant la place de président de l'Académie de Berlin. A l'appui des idées de Mirabeau, selon lesquelles les Académies devraient être contrôlées par la nation et non des établissements royaux, l'Institut National est créé en en 1795. Les anciennes académies deviennent des classes de l'Institut et le Directoire nomme Lagrange dans la première classe de sciences mathématiques et physiques.

Dès 1791, Lagrange participe à la Commission des Poids et Mesures visant à la définition "d'une unité qui, dans sa détermination, ne renferme rien d'arbitraire ni de particulier à la situation d'aucun peuple sur le globe".  Il est ainsi l'un des pères du système métrique avec d'autres savants comme Berthollet, Borda, Brisson, Coulomb, Delambre, Haüy, Laplace, Méchain, Monge, Prony et Vandermonde.  Lagrange est l'un des seuls savants à participer à presque toutes les commissions formées de 1790 et 1799 au gré des retournements politiques. Il est notamment nommé en 1795 membre du Bureau des longitudes en compagnie de savants comme Laplace ou Cassini. Il travaille à l'universalisation de la division décimale des unités et a été considéré le "père" de l'heure décimale promue avec le calendrier républicain. Bien que des horloges spéciales aient été conçues pour diviser le jour en 10 heures, ce système n'est resté en place que quelques mois du 1er vendémiaire (22 septembre) 1794 au 18 germinal (7 avril) 1795.
Avec Lavoisier, Lagrange écrit un "essai d'arithmétique politique" : De la richesse territoriale du royaume de France, publié par l'Assemblée constituante en 1791. Lagrange est l'un des rares savants à s'impliquer dans la défense de Lavoisier. Au moment de l'arrestation de ce dernier, il lui adresse un certificat public de l'estime du Comité des arts et métiers qu'il préside alors. Il écrira plus tard dans une lettre à Delambre : "Il n'a fallu qu'un moment à cette tête pour tomber et un siècle ne serait pas suffisant pour en produire une semblable". 


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Portrait de Lavoisier
In : Lavoisier 1743-1794 d'après sa correspondance avec ses manuscrits ses papiers de famille et d'autres documents inédits par Édouard Grimaux
Paris : Félix Alcan, 1888
X3B 24

 

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