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LABITTE Pierre (X1919S)

Né le 16 août 1896 à Verzy (Marne)
Décédé le 9 juillet 1962

 

Promotion X1919S
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : capitaine honoraire (artillerie)

Pierre Labitte voit le jour à Verzy, dans la Marne, le 16 août 1896. Il suit sa scolarité dans la région et, en 1914, il se trouve au lycée de Reims.

 

La classe 1916 au Front

Pierre Labitte voit le jour à Verzy, dans la Marne, le 16 août 1896. Il suit sa scolarité dans la région et, en 1914, il se trouve au lycée de Reims.Dès le début de la guerre, en août 1914, son père, Lucien Frédéric Henri, notaire à Verzy et ancien lieutenant territorial d’artillerie, demande à être réintégré dans l’armée. Parallèlement à son courrier au ministre de la Guerre, il signe également un consentement afin que son fils, Pierre, puisse contracter un engagement pour la durée de la guerre.
Le 19 janvier 1915, Pierre Labitte s’engage et suit les cours d’élève officier de réserve à Rennes en étant affecté au 40e régiment d’artillerie de campagne. Il achève sa formation le 20 mai et est promu brigadier puis maréchal des logis. Suite à cela, il part se perfectionner à Fontainebleau pendant quelques semaines. A son retour, il est engagé en Champagne à partir du 12 septembre 1915. Son baptême du feu est éprouvant car les combats dans ce secteur sont des plus rudes à ce moment. Outre le feu violent des Allemands, ces derniers emploient également des gaz asphyxiants. A la fin du mois d’octobre, il repart en formation à Rennes puis à Fontainebleau avant de regagner la Champagne à la fin de l’année.
1916 commence de manière assez abrupte. Dès le mois de mars, il est envoyé sur le front de Verdun où la poussée allemande est à nouveau très intense. La 40e division d’infanterie, à laquelle il appartient, s’y illustre dans la défense acharnée du terrain dont elle a fait preuve [1]. A la fin du mois d’avril, le maréchal des logis Pierre Labitte est une nouvelle fois envoyé à Fontainebleau. Il en sort avec le grade de sous-lieutenant [2] et est affecté au 61e régiment d’artillerie. Entre temps, le 7 mai, il a été cité à l’ordre de son ancien régiment. « Courageux et dévoué. S’est présenté comme volontaire pour faire partie d’une équipe qui a réussi à ramener un grand nombre de projectiles abandonnés à proximité des tranchées ennemies. »
Au milieu du mois de juin, le jeune officier retrouve le front de Lorraine, mais cette fois du côté de Manonviller et Reillon, à l’Est de Nancy. Dans ce secteur, il est confronté à de nombreux coups de mains mais, surtout, à des épisodes de la guerre des mines. Au début du mois de septembre, il quitte cette région pour la Somme, où une intense bataille a été déclenchée à la fin du mois de juillet. Il y stationne près de deux mois, prenant part à des duels d’artillerie importants, après quoi il regagne l’arrière à la fin du mois de novembre. Il suit alors des formations de tir, de téléphoniste et d’officier orienteur et bénéficie d’une permission.
Après différentes affectations, on le retrouve au front au mois de mars 1917. Il est alors dans l’Aisne, où il est blessé par éclats d’obus au visage et au tympan droit le 15 avril 1917. Il est alors évacué par train sanitaire vers le Havre où il est en convalescence jusqu’à la fin du mois. Entre temps, il a une nouvelle fois été cité, à l’ordre de la 42e division d’infanterie cette fois. « Officier plein de dévouement. S’est dépensé sans compter au cours de la préparation pour organiser une liaison avec les premières lignes. Le 11 avril 1917, à l’annonce d’un accident survenu dans un observatoire, s’est précipité avec quelques canonniers pour dégager le personnel pris sous l’abri effondré, sans attendre la fin du violent bombardement. » Il est de retour au front au début du mois de mai.

Le 30 juin 1917, son unité est une nouvelle fois envoyée du côté de Verdun où les combats sont toujours intenses. Les pertes sont lourdes au cours des trois mois passés en ligne. A nouveau, le passage du 61e régiment d’artillerie est salué par plusieurs monuments commémoratifs qui en honorent les victimes. Le 26 août, Pierre Labitte a pour sa part été cité une nouvelle fois à l’ordre du régiment. « Officier très brave, a organisé sur l’Aisne et à Verdun les liaisons téléphoniques et optiques du groupement d’une façon parfaite. A été blessé sur l’Aisne au cours de ce travail. » A la fin de l’année, l’officier retourne pour quelques mois à l’instruction et suit notamment des cours de TSF.
Au mois d’avril, il regagne les champs de batailles de la Somme avec son régiment. Le 20 il est promu lieutenant à titre définitif. Avec son unité, il participe notamment aux intenses affrontements du mois d’août, au cours desquels l’artillerie joue un rôle majeur. Au début du mois de septembre, il obtient sa dernière citation à l’ordre du régiment. Celle-ci témoigne de ses nouvelles fonctions au sein de l’état-major de son unité. « A rendu les meilleurs services pendant les opérations offensives d’août 1918 ; comme officier téléphoniste, a assuré les liaisons avec compétence et a obtenu d’excellents résultats ; envoyé en liaison auprès de l’Infanterie dans la nuit du 12 au 13 août 1918, s’est acquitté de sa mission avec beaucoup d’intelligence et de crânerie. »
A la fin du mois d’août, le régiment est une nouvelle fois envoyé en Lorraine. Toutefois, ce secteur semble désormais plus calme que lors de ses passages précédents. Il y passe deux mois sans noter d’évènements marquants dans ses carnets. Fin octobre, il est renvoyé vers la Champagne où il se trouve une nouvelle fois au cœur de l’attaque, épaulé cette fois par des troupes américaines. Les derniers assauts français et allemands sont rudes, toutefois, l’Armistice du 11 novembre 1918 y met un terme. Après cela, il bénéficie d’un temps de repos avant d’être mis en route vers l’est de la France à la mi-décembre.
Le 11 février 1919, à son retour de permission, il est muté vers le dépôt de Mourmelon avant d’être envoyé à Strasbourg deux semaines plus tard. Il est finalement démobilisé le 17 mars 1919.


Au lendemain de la guerre, Pierre Labitte se rend sur les anciens champs de bataille qu’il a parcourus comme exemple ici dans la Somme.
Source : http://santerre1418.chez.com/fr/portraits/plabitte.htm

 

 

L'entrée à l’École polytechnique

Au sortir du conflit, l’École doit faire face aux troubles que la Grande Guerre a semé dans ses rangs. Ainsi, elle propose pendant deux années un aménagement du règlement du concours pour les postulants qui ont pris part au conflit et qui ont désormais dépassé la limite d’âge. Cela débouche sur des doubles promotions en 1919 et en 1920 : les « S » pour les élèves qui ont servi sous les drapeaux et les « N » pour les postulants classiques. Pierre Labitte profite de ce dispositif dès la première année. Son parcours scolaire, est d’autant plus symbolique lorsqu’on constate qu’il réussit son concours d’entrée dans la ville de Strasbourg, reprise par la France aux Allemands à l’issue de l’Armistice.
A partir de 1920, l’officier suit une scolarité accélérée d’une année à l’X, au cours laquelle il se classe dans la moyenne. A sa sortie, il est 89e sur 211 élèves mais démissionne de l’école, mais également de l’armée [3]. Au cours de sa scolarité, Pierre Labitte a également été fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 16 juin 1920.
Au lendemain de sa démission, il se consacre à sa carrière civile qui le conduit à devenir directeur de la société Bozel-Maletra à Petit-Quevilly. A côté de cela, il gravit toutefois les échelons militaires dans l’armée de réserve. Ainsi, le 17 juin 1933 il y est nommé capitaine de réserve mais il ne semble pas avoir participé à la Seconde Guerre mondiale. En 1951 il est rayé des cadres mais est toutefois admis à l’honorariat de son grade.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossiers X1A (1919S) et VI2A2 (1919S).
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/360/48436.
• [En ligne] http://santerre1418.chez.com/fr/portraits/plabitte.htm [quelques photographies de Pierre Labitte y sont présentées]
 


Notes

[1] Un monument honore aujourd’hui encore la mémoire de ses tués à Verdun.
[2] Il est alors 41e des 108 élèves qui ont suivi ce cours (88 d’entre eux ont été reçus).
[3] En effet, Pierre Labitte avait signé un nouvel engagement de huit ans à la fin de l’année 1919.