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Lagrange, Comte d’Empire

<--- De la figure du savant académicien à celle du professeur    

Lagrange prend congés de l'École polytechnique en 1799. En cette année qui voit l'établissement du Consulat, Lagrange est nommé sénateur en compagnie de Monge et Laplace. Napoléon le tient en haute estime et fait Comte d'Empire le savant qu'il surnomme à son retour d’Égypte "la haute pyramide des sciences mathématiques".
Au début du XIXe siècle, Lagrange est considéré comme le plus grand savant de l'Empire. Les Académies de toute l'Europe lui adressent des titres et diplômes honorifiques. En France, il est nommé Grand officier de la Légion d'honneur et Grand-croix de l'Ordre impérial.


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Diplôme original de l'"Academie Scientiarum Oliponensis Maria I Lusitanorum Regina" - Portugal /Joannes de Bragança
1799
VI 1B2/Carton 3/8.9


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Diplôme original de la Königliche Akademie der Wissenschaften in München (de Munich)
Le 28 mars 1808

Lagrange utilise une partie de ses nouvelles ressources pour venir en aide à son frère Michel qui a perdu en 1800 sa charge de Trésorier de l’artillerie suite à l’invasion française du Piémont. Lagrange se soucie notamment de l’éducation de son neveu et livre à cette occasion à son frère son sentiment personnel quant aux nouvelles institutions d’enseignement créées en France, en particulier l’École polytechnique dont le modèle rayonne alors dans toute l’Europe.

Mais Lagrange reste aussi un savant actif et créatif. Il réagit notamment très vite à la publication en 1801 des célèbres Disquitiones arithmeticae de Gauss. En 1808, Lagrange publie ainsi une nouvelle édition de son Traité de la résolution des équations numériques de tous les degrés, qui incorpore la nouvelle approche arithmétique de Gauss. Les différentes formes de synthèses que des mathématiciens comme Cauchy, Poinsot et Galois donneront aux approches de Gauss et Lagrange auront un impact considérable sur le développement de la théorie des groupes et des corps finis.

Au décès de Lagrange en 1813, des obsèques solennelles sont organisées par le Sénat tandis que l’Institut résonne des éloges de Laplace, Lacepède, Biot et Poisson. Le savant est inhumé au Panthéon ; dans les années qui suivent, des médailles sont frappées pour faire figurer Lagrange dans la « galerie métallique des Grands hommes français ».


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Lagrange : buste de profil gauche, tête nue.
Recto : Ludovicus Lagrange  / Donadio. F.
Verso : Natus Taurini an. M.DCC.XXXVI. Obiit Parisiis an. M.DCCC.XIII.
Paris, 1844
1 médaille bronze ; 41 mm
Série numismatica universalis virorum illustrium. M.DCCC.XLIV. Durand edidit
M1 39


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Lagrange : buste de profil gauche, tête nue, vêtement à revers brodé col rabattu.
Recto : Joseph Louis Lagrange / Donadio
Verso : Né à Turin en M.DCCC.XIII. Galerie métallique des grands hommes français. 1818
Paris : 1818
1 médaille bronze ; 41 mm
Série metallica magnorum Francorum virorum : Galerie métallique des grands hommes français
M2 93

À partir des années 1860, Lagrange devient progressivement davantage un lieu de mémoire qu’un auteur incontournable pour tout scientifique.
Les académiciens parisiens s’attèlent à la publication de ses oeuvres complètes tandis qu’un monument est élevé à Turin en son honneur. Mais la Mécanique analytique reste une référence majeure jusqu’à la fin du siècle, notamment pour les travaux d’Henri Poincaré sur le problème des trois corps.

 

<--- De la figure du savant académicien à celle du professeur