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LAPENNE Edouard (X1897)

Né le 5 octobre 1877 à Montevideo (Uruguay)
Mort pour la France le 8 novembre 1918 à Villotte-devant-Louppy (Meuse)

 

Promotion X1897
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : chef de bataillon (génie)

C’est en Uruguay, et plus précisément à Montevideo, que Marcel Lucien Edouard Lapenne voit le jour le 5 octobre 1877. Peu de temps après, il arrive en France, d’abord dans le Béarn, d’où sa famille est originaire, puis à Bordeaux. Là bas, il suit des études remarquées au lycée de la ville où il remporte notamment un prix de mathématiques en 1886. L’année suivante, à vingt ans, il réussit le concours d’entrée de l’École polytechnique en se classant à une prometteuse 17e place. Sa scolarité à l’X est remarquable et, au delà de ses résultats brillants, il réalise également un reportage photo sur l’école et ses cours [1]. En 1899 il sort 12e d’une promotion de 223 élèves, ce qui lui permet d’intégrer le corps des Ponts et Chaussées. Il est alors également nommé sous-lieutenant de réserve du Génie et affecté au 2e Régiment du Génie.
Le 1er juillet 1905, après avoir achevé sa spécialisation à l’École des Ponts, on le retrouve ingénieur à Auch, puis à Toulouse, à partir du 1er mai de l’année suivante, et enfin à Pau à compter du 1er septembre 1912. Il y est notamment chargé du chantier du chemin de fer transpyrénéen et construit différents ouvrages, parmi lesquels nous pouvons notamment citer le souterrain de Somport mais également plusieurs ponts. Ses qualités et aptitudes professionnelles sont très appréciées de ses collaborateurs.
Outre ses activités dans la construction, Lapenne poursuite également sa formation militaire dans la mesure où il reste officier de réserve. Il continue ainsi sa progression dans la hiérarchie et se voit promu lieutenant, le 19 septembre 1903, puis capitaine cinq ans plus tard, le 11 janvier 1908. Il est alors affecté à l’État-major particulier du Génie de la 15e région militaire puis au 6e Régiment du Génie dès le 3 février 1909.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Lapenne est mobilisé en tant que Chef du Génie de la Place de l’Embouchure de la Gironde. Il y sert vraisemblablement jusqu’au 3 janvier 1915 date à laquelle il quitte le service de l’Intérieur pour celui des Armées. En 1916, il est promu commandant et envoyé en Albanie au sein de l’Armée d’Orient. Le 10 août 1917 il y est cité à l’ordre du jour.
« Le Colonel Commandant la mission d’Albanie a cité à l’ordre du jour le chef de bataillon du génie Lapenne, Lucien, Edouard. S’est affirmé par son dévouement et son initiative. Grâce à ses hautes qualités a permis à la Mission d’atteindre son objectif au cœur du l’hiver, en lui permettant de pénétrer à des altitudes supérieures à 1100 mètres, dans un pays complètement inconnu, habité par une population plutôt hostile. »
Au début de l’année 1918, l’officier est de retour en France et sert en tant que directeur du service routier de la 2e Armée. Ses compétences sont à nouveau reconnues le 13 juillet 1918, date à laquelle il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. Le 1er avril il est également élevé au grade d’Ingénieur en Chef des Ponts-et-Chaussées à Tarbes mais il ne pourra malheureusement jamais remplir cette dernière fonction.
Début novembre, au retour d’une permission, il est hospitalisé en Meuse car il a contracté une « grippe infectieuse » [2]. Le 8 novembre 1918, à quelques jours à peine de l’Armistice, il décède à l’Hôpital origine d’Etapes 4/B de Villotte-devant-Louppy en Meuse. Un hommage posthume lui est rendu le lendemain par le général Hirschauer dans une citation à l’ordre de l’Armée :
« Le Commandant Lapenne, Chef du service routier de la 2e Armée. Aussi brave soldat qu’éminent Ingénieur. A dès le début de la campagne commanda des unités du Génie, ayant pris part à des opération très actives. A la fin de l’année 1916 a été envoyé en Albanie où il a fait exécuter dans des conditions climatiques très dures, au milieu des plus grands dangers, une route de montagne qui a permis le développement normal des opérations dans cette région. Depuis le début de 1918 a reconnu sous le feu violent de l’ennemi les régions libérées pour y faire établir sans retard les voies de communication. »

Au lendemain de la guerre, sa dépouille est transférée au cimetière de Pau. Elle y est toujours entretenue par le Souvenir Français [3].

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossiers X1A (1897) et VI2A2 (1897)
• Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, Registres matricules, Classe 1897.
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/1475/70.
 


Notes

[1] Ce dernier est aujourd’hui consultable aux archives de l’Ecole.
[2] Il s’agit selon toute vraisemblance de la grippe espagnole.
[3] En outre, sa croix originelle de 1918 aurait été préservée.