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LEHR Georges (X1907)

Né le 21 septembre 1887 à Belfort (Haut-Rhin)
Décédé le 6 décembre 1971 à Antibes (Alpes-Maritimes)

 

Promotion X1907
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : ingénieur général de 1ère classe de l’air

Georges Lehr naît le 21 septembre 1887 à Belfort. Vingt ans plus tard, après avoir fait ses études à Montauban, il réussit à la fois les concours d’entrée à l’École Normale Supérieure et à l’École polytechnique. Il opte toutefois pour cette dernière et contracte alors un engagement volontaire de quatre ans dans l’armée. Il effectue sa première année de service au 23e régiment d’artillerie de Toulouse où il gagne ses galons de maréchal des logis. L’année suivante, il entre à l’X. Après une prometteuse 9e place au concours d’entrée, il régresse un peu dans les classements au fil des mois et sort finalement 65e de sa promotion de 167 élèves en 1910. Ayant choisi l’artillerie, il part pour une année de perfectionnement à l’Ecole d’Application de Fontainebleau. A l’issue de celle-ci, il est promu lieutenant et affecté au 34e régiment d’artillerie, le 1er octobre 1911. Il y sert toujours à l’été 1914, lorsque la guerre éclate.

 

La Grande Guerre

Dès la mobilisation, le jeune officier s’affaire au regroupement des unités et de leurs équipements [1]. Le départ au front se fait le 8 août. Le régiment est alors déployé en Argonne puis en Meuse où il se déplace vers le Nord. Le 21 août, il franchit la frontière belge où il connait ses premiers véritables engagements. Rapidement, devant la poussée allemande, les troupes françaises sont contraintes à la retraite et l’unité de Georges Lehr se met elle aussi à rebrousser chemin vers la Champagne. Tout au long du parcours, les accrochages avec l’ennemi sont nombreux. Au début du mois de septembre, le lieutenant est ainsi amené à prendre part à la bataille de la Marne.
Le 7 septembre 1914, Georges Lehr est blessé par un éclat d’obus à la fesse gauche à Vitry-le-François. N’étant que légèrement blessé, il ne quitte cependant pas sa batterie dans un premier temps. A la nuit tombée, il est tout de même évacué car la balle de shrapnell qui l’a touché n’est pas ressortie. Peu de temps après il est toutefois de nouveau sur le front. Le 24 février 1915 il est une nouvelle fois blessé par éclat d’obus à la face et à la cuisse à Prosnes, dans la Marne. A nouveau il part pour une période de convalescence.
A son retour, à la fin du mois de juillet 1915, il est envoyé sur le front d’Orient. Le 3 août 1915 il est transféré au 1er régiment d’artillerie, puis au 8e régiment d’artillerie le 1er septembre 1915, suite à sa promotion au grade de capitaine. Entre temps, il a également été fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 9 août 1915. Nous savons malheureusement que peu de choses sur cette période de la carrière militaire de Georges Lehr, si ce n’est qu’il a servi à Gallipoli et aux Dardanelles.
Le 1er avril 1917, il est réaffecté au 201e régiment d’artillerie pour quelques mois. A la fin de l’année, le 21 décembre 1917 il est à nouveau envoyé au 34e régiment d’artillerie avec lequel il est entré dans le conflit. Enfin, le 10 août 1918 il est transféré au 201e régiment d’artillerie longue portée.
Il termine la guerre avec le grade de capitaine, deux blessures et cinq citations. A cela il faut ajouter plusieurs décorations comme par exemple la médaille interalliée ou l’ordre royal serbe de l’aigle blanc.

 

Un ingénieur aéronautique reconnu

Au lendemain du conflit, Georges Lehr mène une brillante carrière dans l’Aéronautique militaire où il est ingénieur. Le 19 février 1927 il est promu Officier de la Légion d’Honneur. Dans ses états de service il est cité comme étant « remarquable par sa science, son expérience et son jugement » et il est dit qu’il « rend sans cesse à l’Aéronautique de grands services » et qu’il a « puissamment contribué par ses connaissances techniques de premier ordre au perfectionnement des moteurs d’avions ». Ses nombreuses publications dans ce domaine, scientifiques comme destinées au grand public [2], en témoignent.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est délégué à Paris comme ingénieur général par le gouvernement de Vichy. En 1944, il y est nommé directeur du Service des Recherches. A la Libération, il est mis à la retraite d’office mais il est réhabilité peu de temps après. Le 28 octobre 1959, il est une nouvelle fois promu dans l’ordre de la Légion d’Honneur et devient alors Commandeur. Il est alors ingénieur général de 1ère classe de l’air de réserve.
Retiré dans le Sud de la France, il décède à Antibes le 6 décembre 1971.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier X1A (1907).
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/1105/26635.
 


Notes

[1] Son frère est alors lui aussi mobilisé au 34e RA.
[2] Outre plus d’une dizaine d’ouvrages scientifiques sur l’aviation, Georges Lehr a également signé quatre numéros de la collection « Que sais-je ? ».