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Les Académies : sciences et société sous l’ancien régime

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Les Académies des sciences ont fortement marqué la vie de Lagrange. Ces institutions incarnent une interaction entre des lieux - les grandes capitales européennes - et les réseaux épistolaires de la "république de lettres". 
Avec le développement de la presse périodique, la pratique de publication de correspondances accompagne l'émergence des premiers journaux scientifiques. C'est ainsi par ses réseaux épistolaires que Lagrange sollicite des articles pour les Miscellanea Taurinensia, journal de l'Académie des sciences de Turin qu'il contribue à fonder en 1758.

Les Académies jouent un rôle central dans les interactions entre sciences, techniques et société sous l'Ancien régime. Ces institutions accordent des salaires permettant à leurs pensionnaires de se consacrer à la science à temps plein et créent les premiers périodiques scientifiques. Mais elles sont aussi étroitement liées au pouvoir politique. Les monarchies du XVIIIe siècle comprennent en effet l'utilité des sciences : l'Académie royale de Paris a ainsi été fondée par Colbert en 1666 dans le cadre d'un plan monarchique de développement et contrôle de la vie intellectuelle.  A Berlin, Frédéric II de Prusse se veut le "plus grand roi d'Europe" en accueillant le "plus grand mathématicien d'Europe". Or, en 1766, ses relations avec Euler se détériorent et ce-dernier décide de quitter Berlin pour l'Académie de Saint-Pétersbourg.
Par l'intermédiaire de D'Alembert, Lagrange est recruté à Berlin pour prendre la succession d'Euler.


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Histoire de l'Académie royale des sciences et des belles-lettres de Berlin
Berlin : A. Haude, 1745-1771
W3A 4


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Mémoires de l'Académie royale des sciences et belles-lettres depuis l'avénement de
Fréderic Guillaume II
Berlin : G.J. Decker et fils, 1788-1805
W3A 4

A la mort de Frédéric II en 1786, D'Alembert intervient à nouveau pour faire recruter Lagrange à l'Académie de Paris. Mirabeau demande au gouvernement français d'accueillir Lagrange qui sera reçu par la reine et logé temporairement au Louvre.

Lagrange remporte plusieurs prix de l’Académie de Paris, dont celui de 1764 pour l’étude des mouvements de la Lune. L’instauration du système des concours participe du plan monarchique de développement et contrôle de la vie intellectuelle pour le bien public. Ce système amène ainsi Lagrange à travailler sur des problèmes théoriques de mécanique céleste ou d’hydraulique comme sur des questions d’aménagement du territoire avec la conception de cartes géographiques.

A son arrivée à Paris, Lagrange publie en 1788 sa célèbre Mécanique analytique, couronnement d'un siècle d'applications de la mécanique newtonienne ainsi que de systématisation et d'organisation de ses principes physiques et mathématiques. Contrairement à Newton qui avait fondé son approche sur la géométrie d'Euclide, Lagrange évacue de son traité toute figure au profit d'expressions analytiques - ou formules algébriques, en termes actuels - qu'Hamilton qualifiera plus tard de "poème scientifique écrit par le Shakespeare des mathématiques".


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Mémoires de mathématique et de physique, présentés à l'Académie royale des sciences, par divers savants et lus dans ses assemblées
Paris : Imprimerie royale, 1750-1786
Z1 4


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L’Académie
In : Le premier siècle de l'Institut de France 25 octobre 1795 - 25 octobre 1895 par le comte de Franqueville
Paris : J. Rothschild, 1895-1896
Z2A 64

 

 

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