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X

RENAUD Louis (X1882)

Né le 1er avril 1863 à Pons (Charente-Maritime)
Décédé le 16 avril 1942 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

 

Promotion X1882
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : général de division (artillerie)

Louis Renaud naît à Pons, en Charente-Maritime, le 1er avril 1863. Fils de notaire, il vit une enfance plutôt aisée. En 1882 il réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique. Il en sort 81e sur 243 deux ans plus tard et opte pour le corps de l’Artillerie au sein duquel il va effectuer la majeure partie de sa carrière militaire.
Le 1er octobre 1884 il intègre l’École d’Application de l’Artillerie et du Génie pour deux années. A leur issue il est 4e des 80 élèves de sa promotion. Promu lieutenant, il est affecté au 11e régiment d’artillerie de Versailles où il est notamment chargé des cours régimentaires pour les sous-officiers. Le 16 janvier 1889, il est envoyé au 3e bataillon d’artillerie de forteresse à Reims (Marne), puis au 21e régiment d’artillerie à Angoulême (Charente), le 19 janvier 1891. Près de deux ans plus tard, le 29 décembre 1892, il est promu capitaine et affecté au 33e régiment d’artillerie de Poitiers (Vienne) mais en  est détaché dès le 15 février suivant pour devenir adjoint à la Manufacture de Châtellerault. Il y est en charge du service des armes blanches, avant d’être nommé membre de la Commission d’expériences de Versailles le 2 octobre 1893, mission qu’il poursuit au lendemain de sa réaffectation au 11e régiment d’artillerie, le 9 février 1895.
Le 30 octobre 1897 il franchit un nouveau pallier dans sa carrière en entrant à l’École Supérieure de Guerre. Il en sort breveté d’état-major deux ans plus tard [2] et est alors envoyé comme stagiaire au sein de l’état-major du gouvernement militaire de Paris à partir du 1er février 1900 [3]. Il y reste une année avant d’être affecté à Toul (Meurthe-et-Moselle) au 39e régiment d’artillerie où il est mis à la tête de la 11e batterie à cheval [4]. Le 6 février 1903 il est transféré au 14e régiment d’artillerie et devient alors stagiaire au sein de l’état-major du 18e corps d’armée pour quelques semaines. A sa nomination au grade de chef d’escadron, le 9 avril suivant, il change une nouvelle fois d’unité et arrive cette fois au sein de l’état-major du 17e régiment d’artillerie à La Fère (Aisne). Il y reste jusqu’à la fin de l’année avant de faire son retour au 14e régiment d’artillerie de Tarbes. Le 19 décembre 1904 il a par ailleurs été fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

Le 19 octobre 1906, Louis Alphée Renaud est affecté une nouvelle fois à l’état-major du 18e corps d’armée. Un an plus tard, le 24 décembre 1907, il est toutefois nommé professeur adjoint [5] du cours d’histoire militaire, de stratégie et de tactique militaire à l’École Supérieure de Guerre, et est classé à l’état-major particulier de l’artillerie au début de l’année suivante.  A sa nomination au grade de lieutenant-colonel, le 23 mars 1910, il devient commandant en second du 22e régiment d’artillerie de campagne à Versailles, puis au 11e à partir du 25 août. Au mois d’octobre, il est également investi de la charge de major de la garnison pour une année. En décembre 1911, il se retrouve au 3e régiment d’artillerie de Castres (Tarn)  mais en est rapidement détaché pour suivre un stage de longue durée, d’abord au 119e régiment d’infanterie, puis au 2e régiment de cuirassiers. Il quitte ce dernier à la fin de l’année 1912 pour prendre le commandement par intérim du 19e régiment d’artillerie de Nîmes (Gard). Dès le 7 janvier 1913, il est détaché au service de l’aéronautique et est nommé commandant du 3e groupe de Lyon le 24 février suivant. Promu colonel le 27 mars 1913, il prend le commandement du 34e régiment d’artillerie de campagne de Périgueux le 9 décembre.


Artilleur servant un mortier de 58 aux Eparges
Source : Archives de l’École polytechnique

 

Un artilleur dans la Grande Guerre

Au déclenchement de la Grande Guerre, il est toujours à la tête de cette unité rattachée à la 24e division d’infanterie. Le colonel Renaud sert alors en Argonne puis dans les Ardennes avant d’être engagé dans la bataille de la Marne. Le 18 octobre, il est cité une première fois à l’ordre de la 4e armée. Dès le 6 novembre, étant donné ses aptitudes au commandement, on lui confie l’artillerie du 6e corps d’armée [6]. Il a alors la lourde tâche de la diriger au cours de la bataille des Eparges. Le 20 avril 1915, soit quelques jours après la prise de cette crête au cours de la première bataille de la Woëvre, il est promu général de brigade [7]. Trois mois plus tard, il est également élevé au grade d’Officier de la Légion d’Honneur.
Au début du mois d’août 1915, il est nommé au commandement de l’artillerie du 2e corps d’armée, puis à celui de l’artillerie de la région fortifiée de Verdun qui vient d’être créée et qui a été placée sous les ordres du général Herr [8]. Il ne reste toutefois que très peu de temps à ce poste car dès le 2 octobre suivant, il reçoit le commandement par intérim de la 132e division d’infanterie qui stationne alors en Meuse, entre Etain et les Eparges. Au mois de février, au moment de l’attaque allemande sur Verdun, elle se retrouve en première ligne et est contrainte d’évacuer progressivement la plaine de la Woëvre. Après un mois de combats violents, la division est finalement mise au repos avant d’être renvoyée au front dans un secteur voisin. Au mois de juillet, la division menée par le général Renaud quitte la Lorraine pour la Somme, où elle prend part à la bataille au début du mois de septembre puis est chargée de tenir un secteur dans les environs de Maucourt. A partir du 12 mars 1917, le général est de retour dans les environs de Verdun et occupe alors des positions sur la rive gauche de la Meuse, entre la cote 304 et Avocourt.
A la fin du mois, devant l’accumulation de fatigue, le général demande à être relevé de son commandement et est remplacé par le général Huguenot.  Louis Renaud est alors admis à l’hôpital de Bar-le-Duc où il reste quelques jours avant de partir en convalescence pour trois mois. Il ne retrouve un commandement que le 21 septembre, et prend alors la tête de la subdivision de Nancy. Il y reste jusqu’au 17 février 1918, date à laquelle il est nommé commandant supérieur de la défense contre aéronefs [9] du camp retranché de Paris [10] qui est chargée de la défense de la capitale contre les raids meurtriers de l’aviation allemande. Le général loge alors au dessus du PC de la DCA où il peut se rendre rapidement afin de coordonner en temps réel toutes les opérations. Au fil de son commandement, il met alors au point divers stratagèmes pour parer au mieux les actions allemandes et réduire leurs conséquences.


Canon de 75 anti-aérien servant à la défense de Paris
Source : Archives de l’École polytechnique

 

Après-guerre

Au lendemain de l’armistice, Renaud reste en poste. Il n’est relevé de ses fonctions que le 1er juin 1919. Vainement proposé au grade supérieur, il est finalement nommé à la tête de la subdivision d’Épinal. Il ne rejoint cependant jamais ce poste car il demande à être placé par anticipation dans la 2e section de réserve et se retire à Paris. Le 16 juin 1920, le général Renaud est une nouvelle fois honoré et promu au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur. Le 30 juin 1923, la mise en application de la nouvelle loi de finances le fait automatiquement passer au grade de général de division. Âgé de 76 ans au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il n’est pas rappelé à l’activité. Il décède à son domicile de Neuilly-sur-Seine trois ans plus tard, le 16 avril 1942.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier VI2A2 (1882) et Fonds Particulier Louis Renaud (1882).
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/2291/56.
• Service Historique de la Défense, Dossier individuel, Cote 9Yd/752.
 


Notes

[1] Remerciements : Jean-Noël Grandhomme, Alain Savignol.
[2] Il est 6e de sa promotion de 78 élèves et obtient la mention « très bien ».
[3] Entre temps, il avait été affecté au 40e régiment d’artillerie de Saint-Mihiel (Meuse) à partir du 2 avril 1898.
[4] Cette batterie est l’une des deux qui compose l’artillerie de la 2e division de cavalerie à Lunéville (Meurthe-et-Moselle).
[5] Il est titularisé à ce poste à la fin de l’année 1909.
[6] Par la suite, il obtient également le commandement de l’artillerie du 12e corps d’armée qui combat dans le secteur voisin et qui relève progressivement les unités éprouvées du 6e Corps.
[7] Louis Renaud obtient également sa seconde citation, cette fois à l’ordre de la 1ère armée, le 18 avril 1915.
[8] Il s’agit de Frédéric Georges Herr (X 1874 ; 1855-1932).
[9] Cette fonction n’est alors crée que depuis peu en raison notamment de l’activité des Gothas.
[10] Il est alors également chargé de la DCA de l’intérieur.