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RIMAILHO Emile (X1884)

Né le 2 mars 1864 à Paris
Décédé le 28 septembre 1954 à Pont-Érambourg (Orne)

 

Promotion X1884
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : lieutenant-colonel (artillerie)

Emile Rimailho voit le jour à Paris le 2 mars 1864 dans une famille de négociants. En 1884, après un baccalauréat en lettres et en sciences, il est admis à l’X où il suit une scolarité dans la moyenne de sa promotion. 118e sur 234 à la sortie, il opte pour l’Artillerie. Après deux années de perfectionnement à l’École d’Application de Fontainebleau, il est affecté au 31e régiment d’artillerie avec le grade de lieutenant.
A partir du 4 janvier 1895, il sert à l’atelier de construction de Puteaux, où il est détaché par le 22e régiment d’artillerie [2] afin de collaborer au développement puis à la fabrication à grande échelle d’un nouveau canon de 75 mm à tir rapide [3] et des éléments matériels constituant sa batterie. Le 19 mai suivant il passe capitaine et est alors réaffecté au 26e régiment d’artillerie, puis au 16e un an plus tard, tout en gardant ses fonctions à Puteaux.
En 1898, une fois le projet du canon de 75 mené à bien, le capitaine Rimailho se consacre à l’étude d’un canon lourd de nouvelle génération : le 155 CTR. Cette pièce a pour but d’introduire dans les équipages de campagne des canons de grande puissance et de grande portée faciles à manœuvrer [4]. Entre le 25 janvier et le 13 mars 1899 il fait également campagne en Afrique. Quelques semaines après son retour en France, le 6 juin 1899 il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur pour « services exceptionnels ». Le 23 mai 1900, il est nommé adjoint à l’inspecteur du matériel de 75.


Un "Rimailho" en action
[photographie de presse] / Agence Rol - Source : Gallica / Bnf
D.R.

 

Le 28 janvier 1904, Emile Rimailho est classé à l’état-major particulier de l’Artillerie en tant qu’adjoint à l’inspection permanente des fabrications de l’artillerie. Il y est promu chef d’escadron le 30 mars suivant. Deux ans plus tard, le 25 avril 1906, il quitte ce poste pour prendre le commandement du 3e groupe du 13e régiment d’artillerie où il dirige le feu des pièces qu’il a lui même conçu. Au moment de le noter, son supérieur loue la polyvalence de l’officier. « Brillant inventeur, le commandant Rimailho est non moins brillant commandant de groupe ». Le 24 septembre 1908 il est une nouvelle fois transféré à l’état-major particulier de l’Artillerie, au sein de l’inspection permanente des fabrications de l’artillerie où il poursuit ses recherches visant à perfectionner plusieurs types de canons. En mars 1911, il est promu lieutenant-colonel après une formation d’un an au Centre des Hautes Études militaires.
En février 1913, il fait valoir ses droits à la retraite pour entrer dans les industries de fabrication d’armement. Il devient alors ingénieur civil à la Compagnie des forges et aciéries de la marine et Homécourt à Saint-Chamond, dans la Loire

 

La Grande Guerre

Au déclenchement de la Grande Guerre, le colonel Rimailho est rappelé sous les drapeaux. Dans un premier temps, il est mis à la tête de l’artillerie de la 58e division d’infanterie constituée à Dijon. Avec cette unité, il prend notamment part aux premières offensives dans les vallées alsaciennes ainsi qu’en Lorraine. Le 13 décembre 1914, il est cité à l’ordre de l’armée pour « son énergie et sa belle attitude au feu, aussi vaillant combattant que savant technicien ». A cette date il n’est cependant plus au front car, dès le mois de novembre, sous la pression des dirigeants de l’usine de Saint-Chamond qui demandent sa démobilisation, l’officier a été mis en disponibilité et retourne à ses activités dans l’industrie.  Au mois de mars 1915 il est ainsi nommé directeur technique de la Compagnie Marine-Homécourt et se retrouve en charge de la fabrication des matériels d’armement. Il peut alors travailler librement à l’élaboration de nouveaux matériels et réfléchit longuement à l’optimisation de leur production. Remarquable entrepreneur, il rationalise le travail dans ses usines en y appliquant lui aussi [5] les méthodes américaines et en s’intéressant au calcul des prix de revient [6]. Au niveau de ses « inventions », on peut notamment, à partir de 1916, citer son influence dans la mise au point du char Saint-Chamond sur lequel il fait installer une pièce de 75 mm.
En 1915, le colonel Rimailho est également nommé administrateur de la Compagnie française de matériel de chemin de fer [7].

 

Et après ?

Au lendemain de l’Armistice, Rimailho poursuit sa remarquable carrière civile. Dès juin 1919, il est nommé administrateur de la Compagnie Générale de construction et d'entretien du matériel de chemin de fer [8]. La même année, il devient également sous-directeur général à Homécourt. Le 16 juin 1920, il est élevé au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur [9]. En 1931, il est sollicité par Albert Caquot (X1899) pour enseigner un cours d’organisation du travail à l’École Nationale supérieure de l’Aéronautique [10].


Le Colonel Rimailho (au milieu en noir) fait visiter l'usine des forges et aciéries de la marine à Saint-Chamond  aux journalistes en 1915 [photographie de presse] / Agence Meurisse - Source : Gallica / Bnf
D.R.

Sous l'Occupation, Rimailho intègre notamment le Service d’études des nouvelles méthodes de Rémunération du travail qui sert la propagande de Vichy et des autorités d'Occupation. Au lendemain de la guerre, il crée un cabinet d'ingénieurs consultants, la Compagnie d’ingénieurs en organisation. A côté de cela, il prend aussi part à la reconstruction en créant des maisons préfabriquées utilisant la technique du béton précontraint et crée pour cela le bureau fer-ciment. Il décède finalement le 28 septembre 1954en Normandie à l’âge de 90 ans.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier X1A (1884).
• Archives de Paris, Registres matricules, D.4R1 411.
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/564/64241.
• LEMARCHAND Yannick, Le colonel Rimailho, un organisateur à la française.
[en ligne] http://archive.today/cdOrt#selection-351.0-351.18
• RIMAILHO Emile, Artillerie de campagne, 1924, 506 pages.
 


Notes

[1] Remerciements : Emmanuel Dubail.
[2] Entre temps, il a servi au 7e bataillon d’artillerie de forteresse (27 octobre 1890 - le 25 juillet 1893) puis au 7e bataillon d’artillerie à pied (25 juillet 1893 - 4 janvier 1895).
[3] Il collabore alors avec deux anciens élèves de l’École polytechnique : Charles Sainte Claire Deville (X1876) et Hyppolite Langlois (X1856).
[4] Ce canon entre en service dans l’armée française en 1904. Dans les faits, il se révèlera être de portée et de qualité moindre par rapport à ses équivalents allemands car son inventeur fût dans l’obligation de réutiliser les éléments constitutifs - en partie dépassés - des canons de Bange.
[5] L’industriel le plus connu ayant appliqué ces méthodes est sans nul doute André Citroën (X 1898 ; 1878-1935).
[6] Dès le 1er août 1915, il édite une Instruction concernant l’organisation des fabrications de la Compagnie des forges et aciéries de la Marine et Homécourt. En 1936, il publie également une série d’ouvrages intitulés Organisation « à la Française ». Le chapitre I évoque « Le rendement par la collaboration », le chapitre II est intitulé « Préparation. Exécution. Contrôle » et le chapitre III s’intitule « Etablissement des prix de revient ».
[7] Il y occupe des fonctions jusque dans les années 1950.
[8] Celle-ci est née de l’alliance entre les Forges et aciéries de la Marine et Homécourt, la Compagnie du chemin de fer de Lyon, la Compagnie d’Orléans, la Compagnie française de matériel de chemin de fer, les établissements Schneider et la Compagnie de Châtillon-Commentry.
[9] Auparavant, il a été promu Officier le 31 décembre 1907.
[10] Par la suite il enseigne également à l’Ecole Supérieure d’Electricité.