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ROCHE Jean-Baptiste (X1881)

Né le 24 juin 1861 à Eyguières (Bouches-du-Rhône)
Décédé le 10 janvier 1954 à Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes Maritimes)

 

Promotion X1881
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : colonel (génie puis armée de l’air)

Jean Baptiste Roche voit le jour dans les Bouches-du-Rhône le 24 juin 1861. Après avoir fait ses études à Marseille, il réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique. A ses vingt ans, il entre donc à l’X où il suit une scolarité remarquable. 54e des 218 élèves de sa promotion en 1883, il opte pour le Génie et suit pendant deux années les cours de spécialisation à l’École d’Application de Fontainebleau.
Ses affectations successives le conduisent à Grenoble [1], à Marseille [2] et même en Algérie où il reste près de sept ans [3] et finit à l’état-major du général commandant le Génie. A son retour en France en mai 1898, il est nommé adjoint du commandant de l’École du Génie de Versailles puis détaché au ministère des Colonies l’année suivante.
En juin 1901, il est affecté à une mission de six mois au Congo [4] et au Sénégal. Une fois achevée [5], il reçoit diverses propositions de postes à responsabilités dans les deux provinces mais il les refuse toutes. De retour en métropole, l’officier sert pendant un an au ministère des Colonies avant d’être nommé à l’état-major, le 15 janvier 1903, puis au poste d’adjoint au directeur du Génie à Montrouge, le 26 novembre 1904. En 1907, il y est promu chef de bataillon. Toutefois, souhaitant se consacrer à l’enseignement technique, il prend sa retraite la même année, à l’âge de quarante-six ans, et devient directeur de l’École des Ingénieurs de Marseille où il reste deux ans.

 

L'aéronautique militaire

Déjà en 1908, Jean Baptiste Roche avait pressenti le rôle qu’allait jouer l’aviation et prend conscience de la nécessité de former des ingénieurs pour perfectionner les appareils. Le 15 novembre 1909, il fonde et prend la direction de l’École Supérieure d’Aéronautique [6] et de Constructions mécaniques afin de familiariser des techniciens à cette discipline nouvelle. Afin d’assurer la réussite de son entreprise, il s’entoure d’éminents professeurs tels que Paul Painlevé, qui crée alors la « science de la mécanique de l’aviation », encore en application de nos jours. Dès la première année, le succès est au rendez-vous et près de 120 élèves sont reçus aux examens d’entrée. Rapidement, l’établissement, premier de ce genre au monde, acquiert une renommée internationale et ses élèves vont jouer un rôle déterminant, favorisant largement le rayonnement de l’aviation française, tant civile que militaire à travers le monde entier.


Jean-Baptiste Roche lors de sa mission au Congo.
Source : http://bibliotheques.isae.fr/fr/patrimoine/histoire_supaero/jean_baptiste_roche.html
D.R.

 

La Grande Guerre

A la mobilisation, Jean Baptiste Roques est rappelé sous les drapeaux.  D’abord affecté au service du Génie du commandement de la région de Paris, il est détaché au ministère de la Guerre dès 1915 et y occupe le poste de chef de la section de comptabilité des matériels du Génie. En 1916, il y est nommé lieutenant-colonel de réserve.
Toutefois, devant le rôle croissant et décisif joué par l’aviation [7] et devant le manque de personnel qualifié pour servir dans cette arme, on demande au colonel de rouvrir son École qui avait fermé ses portes en août 1914. A partir de 1917, ce dernier y organise une formation accélérée de quelques mois afin de pallier au plus vite au manque d’ingénieurs. En outre, l’établissement est alors également ouvert aux étrangers. En 1918, on y remarque par exemple une promotion entièrement composée d’élèves italiens.

 

Et après ?

Le reste de la carrière de Jean Baptiste Roche est peu aisée à cerner. Au lendemain de l’Armistice, ce dernier continue d’occuper les fonctions de directeur de son Ecole jusqu’en 1930. C’est alors que le gouvernement français, souhaitant créer une école d’application pour le corps des Ingénieurs de l’Aéronautique, décide tout simplement de nationaliser cette structure répondant parfaitement aux besoins [8]. L’établissement, dont le nom devient Ecole Nationale Supérieure d’Aéronautique, forme alors des ingénieurs de l’Etat, mais également des ingénieurs civils pour l’industrie [9].
Bien qu’à la retraite, le désormais colonel Roche continue toutefois d’aider les élèves de son école par divers moyens. Ainsi, à chaque fin d’année, il fait par exemple un don à un élève afin de l’aider à débuter sa carrière. Quelques années avant son décès, il lègue également sa maison d’Eyguieres à l’association des anciens élèves afin d’en faire une maison de repos pour les ingénieurs.

Le 16 janvier 1933, les services rendus par le colonel Roche sont une nouvelle fois reconnus par le gouvernement français lorsqu’il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur [10]. Le 10 mars 1949, il gravit encore un échelon de plus dans la hiérarchie des bénéficiaires de cet ordre lorsqu’il est élevé à la dignité de Grand Officier. Outre cela, il a également été récompensé par les principales décorations françaises mais également de nombreux ordres européens et africains.

Gravement malade dès le début de l’année 1949, Jean Baptiste Roche décède finalement le 10 janvier 1954 au Cap-Ferrat, à l’âge de 92 ans. Ses obsèques sont célébrées quelques jours plus tard à Eyguières, son village natal en présence de nombreuses personnalités politiques et militaires.

 


Sources et bibliographie

• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/0124/15690.
• [en ligne]
http://bibliotheques.isae.fr/fr/patrimoine/histoire_supaero/jean_baptiste_roche.html
• Archives de l’École polytechnique, Dossier VI2A2 (1881).
 


Notes

[1] Il y est lieutenant puis capitaine (le 22 décembre 1888) au 4e régiment du génie entre 1885 et 1889.
[2] Où il est affecté à l’état-major du Génie entre janvier 1889 et novembre 1891.
[3] Au cours de cette période, il rédige un ouvrage pratique intitulé Le service des troupes du Génie aux Armées.
[4] Il est alors « hanté » par le souvenir de son frère, ingénieur des Mines, membre des deux missions du colonel Flatters, et tué en 1881 dans le Sahara. La mission à Jean Baptiste Roche consiste à délimiter les frontières entre les possessions françaises et espagnoles.
[5] En 1904, il rédige le récit de son expédition en Afrique intitulé Au pays des Pahouins.
[6] Dans un premier temps, celle-ci est dénommée « Ecole supérieure de perfectionnement industriel ».
[7] Lors de la bataille de la Marne, c’est par exemple un avion d’observation qui permet de découvrir le mouvement tournant de l’armée du général von Kluck.
[8] A cette date, celle-ci avait déjà formé 786 ingénieurs servant à travers le monde entier.
[9] Le colonel Roche à notamment créé l’enseignement du froid afin de former des ingénieurs spécialistes des questions frigorifiques.
[10] Auparavant il a été nommé Chevalier le 11 juillet 1898 puis Officier, le 4 octobre 1906.