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RUAULT Marcel (X1905)

Né le 18 janvier 1884 à Oulmes (Vendée)
Décédé le 8 juillet 1928 à Niort (Deux-Sèvres)

 

Promotion X1905
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : chef d’escadron (artillerie)

C’est en Vendée que Marcel Ruault voit le jour dans une famille modeste [1] le 18 janvier 1884. Vingt et un ans plus tard, ce dernier entre à l’École polytechnique où il suit une scolarité compliquée. En 1907, il en sort 151e sur 168 élèves et opte pour l’artillerie. En 1907, il est envoyé au 28e régiment d’artillerie. Ce n’est qu’en 1908 qu’il rejoint Fontainebleau pour une année de perfectionnement à l’Ecole d’application de l’Artillerie et du Génie. A son issue, en 1909, il est affecté au 33e régiment d’artillerie avec le grade de lieutenant.
Il y reste jusqu’au 20 mai 1911, date à laquelle il est envoyé au 3e groupe d’artillerie de campagne d’Afrique. Il y reste trois années au cours desquelles il participe aux campagnes d’Algérie, entre le 3 juin 1911 et le 8 janvier 1913, puis du Maroc, entre le 9 janvier 1913 et le 1er août 1914.  Lors de son séjour au Maroc, Marcel Ruault prend notamment part aux combats de Tfazza, le 10 mai 1914, à ceux de la montagne des Tsouls, le 12 mai, puis à ceux de Bab Bou Hamra, le 26 juillet [2]. En Afrique, il contracte également une grave dysenterie à la fin de l’été 1913. Il n’en guérira jamais vraiment. Le 1er juillet 1914, il est transféré au 10e groupe.

 

 

Un artilleur dans la Grande Guerre

C’est avec cette unité qu’il entre dans la Grande Guerre le 2 août 1914. Il relate la manière dont il a appris la nouvelle dans ses carnets, alors qu’il sort à peine de la bataille de Bab Bou Hamra. « Ce combat fera peu d’impression en France, et passera même inaperçu. En effet, le dimanche 2 août, à 15 heures, nous gibernons à la source après déjeuner quand on nous apporte la nouvelle : mobilisation pour le Maroc le 3 août à midi : nous saurons qu’elle a été décidée en France pour le 1er à 0 heure. Nous apprenons lentement, avec des chevauchements, que l’Autriche a envahi la Serbie, la Russie a déclaré la guerre à l’Autriche, puis l’Allemagne à la Russie, l’Allemagne qui a essayé de rompre notre réseau de couverture a été repoussée. L’Italie est neutre, la flotte anglaise est devant Kiel, où les Allemands sont embouteillés et d’autres nouvelles, toutes bonnes, mais malheureusement non confirmées. » [3] Malgré le déclenchement du conflit en Europe, l’officier d’artillerie ne regagne pas la Métropole pour autant. C’est à distance, et de manière quelque peu déformée, qu’il apprend les premières opérations qui y sont menées. Le 22 février 1915, Marcel Ruault est promu capitaine. Après quelques escarmouches à l’intensité variable dans la campagne marocaine, l’officier finit par obtenir une permission en France à la fin du mois de septembre 1915. Après cela, il ne revient cependant par au Maroc et s’en va combattre sur les champs de bataille du Nord.

Cela n’est toutefois que temporaire car, dès le 1er mars 1916, il est affecté au 103e régiment d’artillerie lourde où il remplit les fonctions de trésorier. Le 11 février 1917, il est affecté à l’état-major de l’artillerie de la 6e armée. Deux mois plus tard, le 1er avril, il est toutefois de retour au front où il commande alors la 43e batterie du 265e régiment d’artillerie de campagne. C’est à l’ordre de ce dernier qu’il est cité le 8 mai 1917. «  Désigné pour prendre le commandement d’une batterie privée de ses officiers à  la veille d’une attaque, a exercé ce commandement avec un sang-froid remarquable, assurant ses reconnaissances, mouvements, réglages et tirs d’une manière parfaite, notamment à l’attaque du 5 mai 1917. »
Suite à l’arrivée des premiers combattants des États-Unis en Europe, le capitaine Ruault est envoyé à l’École d’Artillerie Américaine de Saumur le 6 septembre 1917. L’année suivante, le 26 juin 1918, il est affecté au dépôt du 33e RAC mais il est en réalité détaché pour la mission française auprès de l’Armée Américaine au camp de Meucon (Morbihan). Un mois et demi plus tard, le 15 août, il rejoint à nouveau le front avec la 153e brigade d’artillerie. Il finit la guerre dans ses rangs.

Une fois l’Armistice signée, la carrière militaire de Marcel Ruault est plus tumultueuse. A la fin de l’année 1918, il est d’abord affecté à l’artillerie de la 133e division d’infanterie (AD133), le 6 décembre, avant de recevoir le commandement de la 43e batterie du 255e régiment d’artillerie, le 10. Il n’occupe ce poste que de manière temporaire puisque, dès le 17 janvier 1919, il est de retour à l’AD133 où il remplit les fonctions d’adjoint au commandant. Quelques semaines plus tard, il change une nouvelle fois de poste et fait alors fonction de chef d’état-major de l’artillerie du 1er corps d’armée. Un mois plus tard, le 7 avril, il est encore transféré, cette fois au 101e RA mais,  à nouveau, il n’occupe ce poste qu’un court laps de temps puisque, dès le 16 septembre, il est affecté au 49e RACP. A la fin de l’année, il est désigné pour suivre un stage de quatre mois à Fontainebleau. Dès le 25 septembre 1920, il est classé capitaine-directeur du parc du 49e régiment d’artillerie et effectue un nouveau stage, cette fois au parc automobile de Nantes, entre le 21 et le 25 septembre 1920.
Le 5 novembre 1921, il est relevé à sa demande de son emploi de directeur du parc mais reste au sein du 49e RA où il commande à nouveau une batterie. A partir du 1er janvier de l’année suivante, il fait fonction de capitaine major. Deux ans plus tard, le 1er janvier 1924, il est envoyé au 307e régiment d’artillerie où il remplit les mêmes missions. Entre le 10 juin et le 27 juillet, il est détaché au cours de tir des commandants de batterie de Mailly.
Le 11 juillet 1924, il obtient la distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur. Il est alors capitaine au 307e régiment d’artillerie. Le 26 septembre 1927, il est promu chef d’escadron d’artillerie à l’âge de 43 ans.

Peu à peu, il est toutefois rattrapé par la dysenterie qu’il a contracté au Maroc. La commission de réforme de Tours lui attribue alors une invalidité de 40% mais il lui est cependant permis de rester en activité. Hélas, la maladie le rattrape et a finalement raison de lui le 31 juillet 1928.

 


Sources et bibliographie

• Archives de l’École polytechnique, Dossier X1A (1905).
• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote LH/2422/45.
• ROUSSELLE Maxime, Journal de route de Marcel Ruault, 1997, 48 pages [4].
 


Notes

[1] Son père est gendarme.
[2] Ces engagements en Afrique vaudront à Marcel Ruault ses premières distinctions militaires. Ainsi, le 28 avril 1914, il est décoré de la Médaille Coloniale avec l’agrafe « Maroc ». Il a également été fait Officier du Ouissam Alaouite.
[3] C’est là une parfaite illustrations des fausses rumeurs qui circulaient sur la guerre, en Métropole comme dans les colonies.
[4] Ce dernier a été tiré à 50 exemplaires destinés aux membres des associations d’anciens Français du Maroc.