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Un normalien à l'Ecole polytechnique

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“Je suis resté un réformateur”


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Cours de Laurent Schwartz à la promotion 1978
In : Album photographique de l’École polytechnique
© Collections École polytechnique


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Photographie de Laurent Schwartz et Louis Leprince-Ringuet (détail) [1972]
IX LLR
Fonds Louis Leprince-Ringuet (X 1920N ; 1901-2000)

L’arrivée de Laurent Schwartz à l’École polytechnique n’a pas été facile. Comme l’écrit le mathématicien Gaston Julia en 1952 : “l’élection [à l’École polytechnique] n’est pas une élection à l’Académie.” Après plusieurs candidatures infructueuses, Schwartz est élu professeur d’Analyse en 1959. Il sera  néanmoins révoqué quelques années plus tard pour avoir signé le « Manifeste des 121 » sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, avant d’être réintégré en 1963.

Aux côtés de Leprince-Ringuet, Laurent Schwartz s’engage pour réformer en profondeur l’enseignement scientifique à l’X. Il fait notamment venir des normaliens pour y enseigner les mathématiques : Michel Demazure, Alain Guichardet, Charles Goulaouic et Yves Meyer. Surtout, Schwartz crée en 1965 le Centre de mathématiques de l’École polytechnique, premier laboratoire de mathématiques en France.

La création  de ce laboratoire s’inscrit dans un contexte de réformes du paysage national de l’enseignement et de la recherche qui mèneront quelques années plus tard à la création d’autres Instituts de recherches mathématiques en partenariat entre le C.N.R.S. et plusieurs universités. Au sein de l’École polytechnique, les années 1960 sont celles d’un « tournant vers la recherche », qui se traduit non seulement par l’institutionnalisation des laboratoires mais aussi par un décret sur la « botte-recherche » qui permet aux élèves polytechniciens de poursuivre des carrières de chercheurs à leur sortie de l’École.

Pour ceux qui choisiront de devenir mathématiciens, cette époque de réouverture de l’X à la recherche est celle d’une aventure collective exaltante. La création du Centre de mathématiques ouvre la possibilité d’une formation à la recherche par la recherche. Les séminaires qui s’y tiennent instaurent un climat d’échanges très stimulant en attirant de nombreux mathématiciens parisiens.
Laurent Schwartz conservera la direction du Centre de mathématiques jusqu’en 1983, et sera ensuite membre du Conseil d’administration de l’École pendant deux ans.

« Je me demande encore comment j'ai pu réaliser tant de combats en une seule vie. En tout cas j'ai survécu. Je regrette quand même de ne pas avoir réussi à transformer l'Ecole Polytechnique autant que je l'aurais souhaité. Mais la vie est belle, et l'École polytechnique a résisté bon an mal an à la coexistence entre militaires, civils, professeurs, étudiants, chercheurs, secrétaires, et moi. Ceux qui m'ont longtemps craint ont pu constater que je n'avais pas détruit la vénérable institution ».

 

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