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X

VENNIN Louis (X1897)

Un X dans la Royale

 

Né le 5 janvier 1871 à Rennes (Ille-et-Vilaine)
Décédé le 19 octobre 1942

 

Promotion X1891
Grade le plus élevé atteint au cours de la carrière : capitaine de vaisseau (marine)

Fils de Charles Constant Vennin, directeur d’usine, et de Geneviève Léontine Bouchinot, Louis Marie Vennin voit le jour à Rennes, le 5 janvier 1871. En 1876, lui et ses neuf frères et sœurs sont victimes d’un drame familial suite au meurtre de leur père. Ils choisissent alors de s’installer à Paris avec leur mère où ils vivent dans la misère. Louis doit la poursuite de sa scolarité aux seules bourses. En 1891, il réussit le concours d’entrée à l’École polytechnique à Rouen, où il se classe 219e. Au cours de sa scolarité il ne fera que progresser et, après un passage en première division à la 173e place, il sort 145e sur 202 élèves en 1893. A l’issue de sa formation à l’X, il choisit la Marine et débute sa carrière avec le grade d’aspirant sur l’Amiral Baudin.

 

Les débuts dans la marine

En 1895, après différents services sur le Naïade, le Neptune et le Phlègeton, il est promu enseigne de vaisseau et affecté au port de Cherbourg. Le 1er janvier 1897, il est second sur le Papeete, un voilier missionné en Polynésie pour combattre pour les Iles sous le Vent [1]. Il y reste un peu plus d’un an.
En 1900, peu après son mariage avec Geneviève Fournier, il embarque sur le Bouvines, un cuirassé rattaché à la division de gardes côtes puis sur le Latouche-Tréville. L’année suivante, il est affecté à l’escadre de Méditerranée sur le cuirassé Bouvet. Le 9 mai 1902, promu lieutenant de vaisseau il est affecté au port de Lorient. En moins de deux ans, il passe par trois bâtiments : l’Espingole, le Catinat et le Courbet, sur lequel il est en charge du service météo. En janvier 1903, on retrouve Louis Vennin sur le cuirassé Masséna, rattaché à l’escadre du Nord, puis, l’année suivante, sur le Charles-Martel, au sein de la division de réserve de l’escadre de Méditerranée.
En 1905, après avoir suivi des cours de perfectionnements, il devient officier breveté torpilleur sur l’Algésiras. Deux ans plus tard, le 1er septembre 1907, il prend le commandement du sous-marin Bonite au sein de la 1ère flottille de sous-marins de la Méditerranée après un service d’un an et demi sur le croiseur cuirassé Montcalm au sein de l’escadre d’Extrême-Orient. Lors de son service avec les sous-mariniers, Louis Vennin est pris dans un accident qui aurait pu avoir des suites dramatiques. Au cours d’un exercice en rade de Toulon, le Bonite quitte sa trajectoire d’attaque simulée sur un cuirassé et entre en collision avec un autre submersible, le Souffleur, à qui il cause de graves avaries. Les deux appareils parviennent toutefois à regagner leur station sous-marine sans perte [2]. Cette mésaventure ne l’empêche cependant pas d’être nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 31 décembre 1908.
Le 1er janvier 1911 il est de retour en surface est devient alors aide de camp du contre-amiral Pierre Lecuve, commandant de la division navale de Tunisie sur le cuirassé Henri IV. Ensuite, après un bref passage sur le Brennus début 1912, il se retrouve à bord du croiseur cuirassé Léon Gambetta jusqu’au 2 mai 1913, puis à la tête de l’Arc et enfin de la Sarbacane.

Au déclenchement de la Grande Guerre, Louis Vennin est commandant du torpilleur Sape, qui fait partie de la 4e escadrille de la 1ère armée navale, depuis le 1er janvier 1914. Il le reste jusqu’en mars 1915, après quoi il obtient le commandement du Shamrock. Loin d’être un bâtiment de guerre, il s’agit là d’un vieux navire civil sans machine [3] transformé en bateau atelier et en usine distillatoire pour assurer le ravitaillement en eau sur le front des Dardanelles.


12 mai 1916 - Corfou - Chalutiers venant se ravitailler auprès du Shamrock.
Photographie de Frédéric Gadmer.
Ministère de la Culture ― Médiathèque du patrimoine n° de tirage : OR050202

Le 16 décembre 1916, Vennin est nommé commandant adjoint sur le cuirassé Vérité. Entre le 4 juin et le 4 août 1917, il en est détaché avec la mission de remettre à flots le Vasilefs Constantinos, un paquebot grec réquisitionné pour transporter en France des politiques exilés suite à l’abdication du roi Constantin Ier. Après cet épisode, il retourne sur le Vérité. Il y est promu de capitaine de corvette le 1er juillet 1917. Il quitte définitivement le cuirassé le 10 novembre 1917 pour prendre le commandement du contre-torpilleur Mécanicien Principal Lestin le mois suivant. Il se retrouve alors à Dunkerque et dans les mers du Nord et prend part à l’embouteillage de Zeebrugge, au lendemain duquel les Britanniques le décorent du prestigieux Distinguished Service Order. Le 26 novembre 1918 il est également honoré de la croix de guerre suite à une citation de l’amiral Ronarc’h à l’ordre du corps d’armée. Jusqu’au 6 février 1919, Louis Venin sert sur le Lestin qui participe notamment au rapatriement des prisonniers français depuis les Pays Bas et le Danemark.

Au lendemain du conflit, il est promu capitaine de frégate [4] puis devient commandant en second de la Bretagne. Le 16 juin 1920, il est promu officier de la Légion d’Honneur. Après avoir occupé les fonctions de chef des services aériens du 5e arrondissement maritime à Cuers, il est envoyé à Riga, en Lettonie, en mars 1923. Il y devient attaché naval des pays baltiques et scandinaves après avoir été promu au rang de capitaine de vaisseau [5]. Il occupe ces fonctions jusqu’à son versement dans le cadre de réserve le 5 janvier 1927. Trois jours plus tard, le 8 janvier 1927, il est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’Honneur.

En 1932, au cours de sa retraite, Louis Vennin doit à nouveau surmonter un drame familial : la mort de son fils, Robert Émile Marie [6]. Ce dernier avait en effet suivi la voie tracée par son père en réussissant le concours de l’X (promotion 1920N) puis en devenant officier dans la marine. Ce dernier meurt tragiquement de noyade en tentant de sauver la vie d’un marin un jour de tempête.
Louis Vennin décède quant à lui le 19 octobre 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, peu avant le sabordage de la flotte française à Toulon.

 


Sources et bibliographie

• Dossier personnel de bénéficiaire de la Légion d’Honneur en ligne dans la base Leonore, cote 19800035/1408/62741
• BERNARD Claude et Jean-Philippe, Actes du Colloque : Écritures de l'Officier de marine, 2010.
• VENNIN Louis, Lettres d’un officier de marine à son épouse (1912-1919), 2008, 568 p.
• [En ligne]
http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_vennin_louis.htm
 


Notes

[1] Au lendemain de la rivalité franco-britannique au sujet des Îles Sous-le-Vent, la France proclame l’annexion de cet archipel polynésien, en 1888. Neuf ans plus tard, en 1897, ce territoire fait l’objet d’une intervention militaire afin de « pacifier » une partie des habitants qui refusent l’annexion.
[2] Source : Le Petit Parisien, 23 novembre 1907.
[3] Pour se déplacer, il doit en effet être remorqué par un autre bâtiment et notamment le Goliath, qui donnera son nom à la mission « Goliath-Shamrock » qu’ils remplissent au large de Gallipoli.
[4] Le 14 avril 1919.
[5] Soit l’équivalent du grade de colonel dans l’armée de terre.
[6] Source : http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_vennin_robert.htm