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Rencontre avec Arnaud Porchet (X1998)

Homme de sciences, chercheur, financier, Arnaud Porchet se distingue par son parcours professionnel complet. La Fondation de l’X est allée à la rencontre de ce donateur captivant, à l’esprit visionnaire, installé à Londres.
Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer l’École polytechnique ?
Au départ, je n’avais pas d’idées particulières sur ce que je souhaitais faire. J’étais plutôt tourné vers la recherche théorique en mathématiques, l’astrophysique ou la physique des particules. Bon élève, je me suis naturellement orienté vers les concours de l’X et de l’ENS. Je souhaitais intégrer une école avant tout tournée vers les sciences fondamentales. 
Elève de la promotion X 1998, vous avez mené une première partie de votre carrière dans la recherche, avant de rejoindre la finance. Expliquez-nous ce revirement. 
En fait, ce n’est pas un revirement, mais une complémentarité de carrières. Durant mon cursus à l’X puis en application aux Ponts, j’ai découvert avec intérêt les mathématiques appliquées à de nombreux domaines, dont le secteur énergétique et la finance. J’ai fait une thèse CIFRE chez EDF auprès de Nizar Touzi, aujourd’hui professeur à l’X. En 2004, le marché de l’électricité s’est ouvert à la concurrence. Nous avons travaillé sur ce passage d’une économie planifiée à une économie de marché. Quelle ingénierie financière mettre en place ? Quels seront les aspects de politiques publiques pour organiser ce marché ? De nombreux sujets de recherche en mathématiques appliquées à la finance étaient à explorer, c’était passionnant. Après ma thèse et une expérience à Rio de Janeiro sur le marché pétrolier avec Petrobras, j’ai rejoint Lehman Brothers, puis Citigroup, la Deutsche Bank, et maintenant Goldman Sachs où je suis Insurance Strategist. 
Quels sont, selon vous, les apports de cette double casquette recherche/finance ? 
Aujourd’hui, mon métier est très différent de celui de chercheur. Mais la méthodologie académique que j’ai apprise, et l’aspect théorique de la recherche, sont très importants dans les professions à contenus techniques comme le mien. Grâce à la recherche, j’ai développé une capacité d’analyse singulière, une plus grande autonomie, et je réalise tous les jours que comprendre la théorie rend plus efficace. Pour les praticiens comme moi, je pense que la recherche constitue une grande richesse. Dans les pays anglo-saxons, comme le Royaume-Uni, il existe davantage de ponts entre le monde académique et scientifique et le monde du travail en secteur privé. En France, on peut avoir l’impression qu’il faut choisir. Je pense que nous devrions nous inspirer du modèle anglo-saxon. Cela encouragerait les carrières dans la recherche.
L’X doit-elle avoir vocation à créer plus de financiers ? 
Le plus important est d’abord que l’X continue à s’adapter à la réalité du monde professionnel. En France, on a tendance à trop réfléchir à la façon dont les choses « devraient » être au lieu de partir de ce qu’elles sont vraiment. Dans le monde anglo-saxon, on part d’un constat et on avance. L’École polytechnique doit s’inspirer de ce qui existe ailleurs. L’X doit  créer des vocations, quelles qu’elles soient, financières ou autres. En fait, l’X a vocation à former des leaders qui ne soient pas seulement de bons ingénieurs, mais des individus fortement ouverts sur les autres et le monde qui les entoure. Il faut développer l’apprentissage du leadership, en renforçant le dialogue, en élargissant la palette des cours de « soft skills » comme la communication, la psychologie, les relations humaines, et en enrichissant les passerelles existantes avec des écoles de culture générale comme Sciences-po.
Si je vous dis « l’X à l’international », qu’est-ce que cela vous inspire ? 
L’X n’est pas méconnue à l’international. Chez Goldman Sachs, par exemple, nos services de ressources humaines ont tout à fait conscience de la valeur du diplôme. Il faut désormais accroître la notoriété de l’Ecole. Le plus important pour moi est de constituer une marque forte, en créant un branding autour de l’X, comme les institutions américaines le font à l’heure actuelle. Mais nous sommes sur la bonne voie, et je perçois toutes les bonnes dynamiques qui vont dans ce sens. 
Vous avez choisi de soutenir votre Ecole via l’Ecole Polytechnique Charitable Trust basé à Londres. Qu’est-ce qui vous a décidé ? 
Je crois que c’est la conférence autour de Tidjane Thiam à laquelle j’ai participé, il y a quelques mois. J’ai aimé retrouver mes amis de promotion dans ce cadre informel. Et puis j’ai compris, à travers l’allocution de Jacques Biot, le Président de l’X, l’importance d’être donateur pour l’avenir de notre École. Il faut la transformer en campus à l’américaine, et pour cela, il lui faut des moyens. J’ai reçu beaucoup de l’X, c’est à moi de lui redonner maintenant.