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Rencontre avec Christel Heydemann (X1994)

Pétillante, énergique, optimiste : trois qualificatifs que l’on pourrait attribuer sans difficultés à Christel Heydemann. La Fondation de l’X est partie à la rencontre de celle qui, depuis peu, fait partie de ses Grands donateurs.
Jeune Polytechnicienne, promotion 1994, Christel affiche déjà une belle carrière. Après plusieurs années chez Alcatel-Lucent, notamment en tant que Directrice des Ressources Humaines à seulement 36 ans, elle met aujourd’hui ses compétences au service de Schneider Electric, en tant que Senior Vice President, en charges des alliances stratégiques au niveau mondial
En 2014, vous avez fêté les 20 ans de votre promotion. L’occasion d’une escapade dans vos souvenirs… 
J’ai de nombreux souvenirs et je peux vous dire que j’ai profité au maximum de l’X ! Car après deux ans de prépa intensive, tout s’ouvre. On reçoit un enseignement d’excellence d’une part, mais on réalise, d’autre part, un  véritable apprentissage de la vie en communauté, du travail en équipe et aussi par le sport. J’ai notamment organisé le Point Gamma, gala de ma promotion. Expérience très riche de travail en équipe, j’étais en charge de trouver des sponsors et me suis pour la première fois confrontée aux exigences de l’entreprise. Un de mes souvenirs le plus marquant, c’est sans doute la Garden Party à l’Elysée, après le défilé du 14 juillet, d’autant plus que j’avais oublié mon carton d’invitation… (rires !)
Selon vous qu’est-ce qui distingue l’X des autres Écoles ? 
Outre son excellence, c’est l’expérience humaine que nous apporte la dimension militaire de l’École. Lors de mon service militaire, j’ai intégré l’armée de Terre, le 526ème régiment du Train après l’école d’officier à Tours. Aujourd’hui, j’en parle encore comme une expérience extraordinaire et profondément marquante de ma vie. C’est probablement cet aspect militaire qui distingue l’X, en France, mais aussi à l’étranger. C’est son caractère unique.
Vous êtes entrée au sein de la prépa d’Orsay et avez été la première fille, sortie de cette prépa, à avoir intégré Polytechnique. Selon vous, comment peut-on rendre l’X plus féminine ? 
Je pense que tout commence au collège. Le véritable problème réside dans le fait que l’image des métiers scientifiques et d’ingénieur est perçue comme masculine, et qu’en plus les élèves ont une méconnaissance totale du monde de l’entreprise. On imagine l’ingénieur en usine, certes, mais pas tous les champs de possibilités qu’offre ce métier. Pour une X au féminin, il faudrait s’assurer que la diversité des métiers et parcours professionnels offerts aux ingénieurs soit mise en avant. L’idée n’est pas celle d’une meilleure  répartition hommes/femmes au sens strict, mais que toutes celles qui  ont envie de devenir ingénieur en aient la possibilité. L’important est d’éviter de se priver de talents. Le service militaire, encore obligatoire à mon époque, était peut-être un frein supplémentaire, qui n’existe plus aujourd’hui avec l’ouverture au service civil.
L’X évolue fortement ces dernières années, et choisit de porter haut ses ambitions, notamment pour peser dans la compétition internationale. 
Il est indispensable de penser désormais l’X dans un monde globalisé. Aujourd’hui, l’École polytechnique doit continuer à accentuer ses efforts sur l’ouverture internationale, dans sa stratégie d’enseignement et de recherche, en sensibilisant beaucoup plus les élèves et enseignants sur l’importance d’un parcours international, mais aussi sur l’entrepreneuriat. Les États-Unis ne sont pas un modèle à suivre dans tous les cas, mais dans le domaine de la création d’entreprise, oui : l’initiative, les enseignements que l’on tire de ses échecs et la prise de risque sont beaucoup plus valorisés dans l’enseignement et la société en général là-bas. La situation commence à évoluer sur l’entrepreneuriat en France, mais nous devons continuer, et l’X doit aussi aider à aller dans cette direction. 
Vous avez dernièrement rejoint le cercle des Grands donateurs de la Fondation, et soutenez les actions en faveur du développement de l’X. 
J’ai ouvert les yeux sur ce sujet aux États-Unis. A Harvard, à peine arrivé, on vous présente l’association des Alumni et on insiste sur l’importance du « give back ». C’est tout naturel, et personne n’est choqué par la méthode. D’ailleurs, ces universités ne seraient pas ce qu’elles sont sans leurs généreux donateurs et leurs réseaux d’anciens. Pour Polytechnique, lorsqu’un Ambassadeur m’a contactée, je n’ai pas hésité : j’ai bénéficié de l’X, il est impensable que je ne redonne pas. Aujourd’hui, je fais confiance aux équipes de la levée de fonds pour attribuer ma contribution là où sont les besoins de l’École.