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Rencontre avec Philippe Azoulay, jeune philantrepreneur et Grand donateur

Grand donateur, membre du comité financier de la Fondation de l’X, et véritable philantrepreneur, Philippe Azoulay fait partie des bâtisseurs de l’École de demain. Entretien avec cet homme passionné aux mille idées.
Féru de mathématiques et de physique théorique, vous intégrez l’École polytechnique en 2001 : un choix qui vous permet d’exercer vos passions sans vous déconnecter du monde réel. Quel est votre parcours depuis votre sortie de l’École polytechnique ? 
J’ai été très vite attiré par le milieu financier. Mais ce secteur recèle de multiples métiers, et certains s’apprennent sur le vif, sans forcément avoir de formation spécifique. J’ai rencontré des personnalités qui m’ont permis de découvrir des facettes variées de la finance. En particulier j’ai été rapidement plongé dans le monde de la finance quantitative : essayer de comprendre les dynamiques des marchés financiers comme on approcherait un phénomène physique quelconque ; c’est-à-dire avec différentes modélisations mathématiques, une validation au contact du réel et enfin une implémentation ingénieuriale.  Après un début de carrière dans un hedge fund parisien suivi d’un passage en banque à New York, puis à Londres, j’ai créé « 80 Capital», une société de gestion alternative. J'en ai revendu les principaux actifs, il y a quelques mois, à un acteur majeur de cette industrie, afin d’institutionnaliser et de développer plus avant les programmes d’investissement quantitatif sur lesquels je travaillais.
Vous jonglez entre trois profils : celui de l’entrepreneur, du financier, et du scientifique. 
Je crois qu’il faut avoir une vision entrepreneuriale et scientifique de la finance. Je me retrouve donc à la croisée de ces chemins. Mon quotidien est fait de modélisations mathématiques et d’implémentation informatique. On résout des problèmes complexes et j’adore ça. Une partie de nos profits éventuels est ensuite réinvestie dans la recherche et l’éducation scientifique. 
Depuis Londres, où vous résidez depuis plusieurs années, quel regard portez-vous sur l’X ?
L’X doit ouvrir les yeux sur le monde et gagner en agilité. Notre vision doit être plus large, et nous devons prendre la mesure de ces enjeux. La France est incroyable dans le domaine des mathématiques, mais son excellence est mise à mal lorsque nos talents partent travailler auprès de nos concurrents internationaux. Il est nécessaire d’investir dans l’éducation et la recherche, de payer davantage les professeurs et de rémunérer nos talents, de renforcer les coopérations académiques et scientifiques avec l’aide de l’Europe. L’X a un rôle à jouer dans tout cela. En son sein, il est également primordial d’encourager l’entrepreneuriat pour générer de l’emploi et de la valeur. Cela nécessite de créer des ponts avec la finance. Nous devons travailler sur notre vivier de talents et notre attractivité des capitaux. C’est essentiel pour l’École, et plus largement, pour la France. 
Vous êtes Grand donateur et membre du comité financier de la Fondation. Quelles sont les raisons de votre implication pour l’ X ? 
J’ai un affect particulier pour l’X. En l’aidant à se développer, en la faisant grandir, on fait aussi grandir la France. Nous sommes des ingénieurs, certes, mais aussi des militaires, au service de notre pays, et nous devons œuvrer autant que faire se peut pour l’intérêt général. Je ne l’oublie pas. Par ailleurs, comme pour les systèmes anglo-saxons, je considère que les anciens élèves ont un rôle à jouer dans le développement de leur École. Nous avons beaucoup de chance en France car nous ne payons pas nos études. Mais l’éducation n’est pas un dû. Il faut l’aider à se financer. Au-delà, je crois que nous devons instituer cette culture du don essentielle si l’on veut conserver l’excellence de l’éducation française. Concernant le comité financier, je suis ravi de me sentir utile et de mettre mes compétences au service de mon École. 
Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes élèves, quel serait-il ? 
Je me rappelle des paroles de mon Lieutenant-Colonel, à l’époque, qui nous avait dit : « Ne soyez pas des aventuriers du coin de la rue ». On se moquait de lui mais il avait raison ! Bougez-vous, cassez les lignes, faites que les rêves les plus irréalisables le deviennent. Lancez-vous comme entrepreneur, et n’ayez pas peur !