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Romaric Servajean-Hilst, rencontre avec ce doctorant féru d'innovation

Romaric Servajean-Hilst a 36 ans, il est marié, a deux enfants… et est doctorant. Rencontre passionnante avec ce féru d’innovation.

Issu de la Chaire LVMH de l’ESSEC (E 1999), il décide, il y a deux ans, d’intégrer le Centre de Recherche en Gestion (CRG) de l’École polytechnique, dont les 40 ans ont été célébrés sur le campus de Palaiseau en octobre 2013. Rencontre passionnante avec ce féru d’innovation.

Son retour sur les bancs de l’École naît d’un véritable cheminement intellectuel, construit au gré de ses expériences professionnelles : chef de produit marketing, accompagnateur d’entrepreneurs, consultant en stratégie et en management de l’innovation, au cœur de petites structures ou de grandes groupes, Romaric confie qu’il a « toujours souhaité pouvoir toucher à des métiers variés et intellectuellement satisfaisants ». Au fil du temps, il constate la difficulté des PME (Petites et Moyennes Entreprises) comme des entreprises multinationales à mettre en place de véritables coopérations d’innovation, malgré les volontés affirmées des protagonistes. Fort de ses expériences, et avec l’envie d’en apprendre toujours plus, Romaric se  lance ainsi  un  nouveau défi : travailler sur un projet qui lui tient à cœur, la question de la « confiance entre entreprises en situation d’incertitudes : celles de l’innovation et de la collaboration».

En octobre 2011, Romaric propose au CRG la préparation d’une thèse sur les coopérations d’innovation entre PME et grands groupes. « Plus encore que les problématiques liées au management d’un projet d’innovation, je m’intéresse au management de la relation d’innovation entre une entreprise cliente et son fournisseur innovant. Je me penche sur les mécanismes qui portent à la fois sur le projet d’innovation collaboratif et sur les échanges client-fournisseur. Par exemple, lorsque deux entreprises lancent un projet d’innovation collaborative, chercheurs et ingénieurs des deux entreprises peuvent instaurer une vraie relation de confiance ; cette confiance peut être bousculée par la suite, notamment quand interviennent les problématiques liées à la production et surtout aux achats. Il sera alors compliqué de relancer un nouveau projet d’innovation conjointement, avec la même efficacité. Et, cette situation est assez courante lorsque le fournisseur est une PME et le client un grand groupe.
Aussi, je cherche à identifier les modes de fonctionnement qui concilient les intérêts et les contraintes de la relation d’innovation et de la relation client-fournisseur, dans un objectif de performance durable, et partagée
».

Romaric souhaite montrer, via ses travaux de recherche, que la qualité de la relation dans l’innovation est une source de performance, et donc qu’encourager la solidarité PME - grands groupes n’est pas « un geste de charité, mais de compétitivité ».
 
Comme tout chercheur, Romaric doit trouver les fonds qui lui permettront de financer ses travaux. La Fondation de l’École polytechnique lui offre une solution, puisqu’elle a mis en place un système permettant de soutenir un étudiant par le biais d’une entreprise mécène. Pour
Romaric, ce sera l’entreprise Faurecia. « La division Faurecia Automotive Seating dispose d’un processus remarquable de co-innovation. Elle réussit à établir une relation de confiance avec ses fournisseurs innovants, à tous les niveaux. C’est un terrain d’étude très intéressant. Et, grâce à la Fondation, je peux consacrer du temps à ma recherche ».
 
Si devenir doctorant en France, à 36 ans, avec des enfants, n’est pas une chose aisée, Romaric ne regrette rien. Enseignant, chercheur, à l’École ou sur le terrain, rédacteur, intervieweur : son environnement est incontestablement stimulant. En juin 2013, il nous confie même avoir été nominé pour le Prix Roland Calori du Jeune Chercheur par l’Association Internationale du Management Stratégique (AIMS). La preuve de l’indéniable succès de ces travaux.
 
Et après ? Romaric ne s’arrêtera pas là. « Pour l’instant, je me consacre à ma thèse. Mais je souhaiterais prolonger le triptyque enseignement - recherche - travail de terrain avec les entreprises, tenter d’agir concrètement sur leurs organisations et leurs stratégies dans leur politique d’innovation. L’idéal serait de monter une chaire d’enseignement ou un master sur l’innovation collaborative. La transmission de ce que nous apprenons à travers nos recherches et le partage sont essentiels

Romaric Servajean-Hilst
@innov_et