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International

Simona Floris (X96), première élève étrangère élue au BDE

Simona Floris a été l’une des premières polytechniciennes à intégrer l’X par la nouvelle voie du concours d’entrée au cycle ingénieur ouvert aux étudiants étrangers depuis 1995. Elle est aussi la première élève d’origine étrangère élue au bureau des élèves. Interview

Pouvez-vous nous parler de votre parcours académique et professionnel ?

J’ai intégré l’École polytechnique en 1996, après l’obtention de mon diplôme de Bachelor à l’Université de Babes Bolyai University, au cœur de la Transylvanie, partie ouest de la Roumanie, à Cluj Napoca. Grâce aux nombreuses conférences organisées par la Fondation de l’École polytechnique, j’ai développé un vif intérêt pour l’industrie. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de suivre un MBA (maîtrise) délivré par le Collège des ingénieurs (CDI)*. Dans ce cadre, j’ai intégré et mené une mission pour Air Liquide, leader mondial des gaz, technologies et services pour l’industrie et la santé. Depuis 2000, j’ai occupé plusieurs postes au sein d’Air Liquide, allant du développement à la gestion de projet. Aujourd’hui, en tant que directrice industrielle pour la filière roumaine, je suis en charge de la production et de la distribution de gaz pour les clients roumains. Je dirige une équipe de quarante personnes sur différents centres de production et de distribution.

L’École polytechnique accueille des étudiants internationaux depuis ses origines, mais c’est en 1995 qu’un concours d’entrée au cycle ingénieur polytechnicien leur a été dédié. Vous faites partie de la promotion 96, ce qui signifie que vous étiez l’une des premières polytechniciennes internationales à accéder à l’École par ce concours. Pourquoi avez-vous décidé de venir en France et d’intégrer l’X ?

Je voulais poursuivre mes études à l’étranger afin de me spécialiser et d’acquérir de l’expérience. Les jeunes de ma génération rêvaient tous de venir en France. J’ai choisi l’École polytechnique en raison de la difficulté de son concours d’entrée, gage d’excellence, et sur les conseils et encouragements de mon professeur de recherche.

Vous étiez la première membre d’origine étrangère à avoir intégré le bureau des élèves de l’École polytechnique (appelé la Kès). Quelles étaient vos motivations ?

Lorsque je suis arrivée sur le campus de l’École polytechnique, j’ai été accueillie chaleureusement par un représentant de la Kès. Son accueil, son aide et ses encouragements ont beaucoup compté pour moi. En intégrant à mon tour le bureau des élèves, je voulais offrir aux prochains nouveaux arrivants la même chance. Intégrer et contribuer à la Kès fut une belle aventure humaine !

En tant que kessière internationale (représentante des élèves en charge des affaires internationales), quel était votre rôle et quels étaient les changements auxquels vous avez contribués ?

Mon rôle était d’optimiser et d’améliorer l’intégration des élèves internationaux. La stratégie de l’École à l’époque était de s’ouvrir à l’international. Le nombre d’étudiants internationaux avait ainsi rapidement augmenté en passant de 6% à 25% et cela en quelques années seulement. Il fallait que toutes les parties prenantes - l’administration, les élèves français et étrangers - comprennent les défis imposés par cette ouverture à l’international. J’encourageais ainsi les échanges entre ces différentes sphères afin de surpasser les difficultés liées à l’intégration de cultures nouvelles.

Vous avez remporté en 2009 le prix Pierre Faurre de la Fondation de l’École polytechnique. Qu’avez-vous ressenti ?

J’étais très fière, mais aussi très reconnaissante envers mon entreprise, Air Liquide, qui avait proposé ma candidature. J’ai perçu cette récompense comme une nouvelle étape pour ma carrière et un moyen de remercier tous ceux qui m’ont permis d’en arriver là : mes parents, mes professeurs et mes tuteurs professionnels.

Au regard de votre propre expérience, pourquoi conseilleriez-vous aux étudiants internationaux de viser l’X ?

Quinze ans après avoir terminé mes études à l’X, je continue de penser que l’aventure polytechnicienne est unique : vivre sur un campus, être rassemblés grâce au sport, profiter des nombreuses activités extra-scolaires proposées… Autant d’opportunités qui permettent de rapprocher les élèves. L’X est une École où l’excellence est la règle. Elle réunit les meilleurs professeurs venant de domaines variés et spécifiques. Enfin, elle ouvre de nombreuses portes à tous ceux qui ont de l’imagination, professionnelle notamment.

* Le MBA du CDI est conçu spécialement pour préparer les ingénieurs et scientifiques, diplômés des meilleures universités mondiales, à des postes à fortes responsabilités dans l'industrie et les services. Le CDI est très sélectif et n'accepte que cent participants par an pour l'ensemble de ses trois sites Paris, Munich et Turin (parmi mille quatre cents candidats). Une fois admis, les participants au programme MBA deviennent salariés du Collège des Ingénieurs, pendant 10 mois, avec un contrat, ouvrant accès sans frais d'inscription aux séminaires intensifs et à la mission de "junior consultant" en entreprise. Outre un enseignement des méthodes théoriques et des outils de management, les « fellows » reçoivent une formation intensive au leadership, et un entraînement pratique à la conduite du changement dans les organisations.