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Un projet Laser initié par l’X rapporte 100M€ à l’industrie française

L’infrastructure de la lumière extrême (ELI) initiée par Gérard Mourou, professeur au haut collège de l’École polytechnique, a pour but de construire en Europe les lasers les plus intenses du monde. En décembre 2017, un rapport sur son impact socio-économique révèle que ce projet bénéficie en particulier à l’industrie laser de pointe française.

Extreme Light Infrastructure (ELI), projet d’envergure visant à construire en Europe les lasers les plus intenses du monde, a été imaginé par le professeur Gérard Mourou à son arrivée à l’École polytechnique en 2005. Alors que ce projet européen implanté en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie a atteint les deux-tiers de son installation, un rapport sur l’impact socio-économique a été publié en décembre 2017. Il montre que la France a su tirer son épingle du jeu en remportant la majorité des contrats d’ELI sur les technologies de pointe et sur la photonique, générant au total près de 102M€ pour son industrie.

Des investissements européens de recherche aux retombées industrielles en France
En septembre 2017, le projet ELI a atteint les deux-tiers de son implantation dont le budget total s’élève à 820M€. Jusqu’à présent, 550M€ ont déjà été engagés au travers de gros contrats (>200k€) pour des travaux, des fournitures ou des services. Sur cette somme engagée, 289M€ ont été investis dans des technologies de pointes dont la majorité (262M€) sont associées à la photonique.
Une analyse des pays d’origine de ces contrats montre que la France en a remporté la majorité sur les technologies de pointe et en particulier sur la photonique, générant au total 101 584 k€ pour son industrie. Les entreprises qui en ont majoritairement bénéficié sont Thalès Optronique, Amplitude Laser Group, Fastlite et Alsyom. Le CNRS est également impliqué - sur une base commerciale - dans le consortium EuroGammaS pour la conception, la fabrication, l'installation et la mise en service de l'accélérateur linéaire ELI-NP (le pilier implanté en Roumanie est axé sur la physique nucléaire).

Le projet ELI a ainsi aidé les entreprises françaises à renforcer leur avance technologique dans les technologies laser haute puissance et l'optronique en général. Les lasers de forte puissance constituent un marché en forte croissance sur lequel les entreprises françaises sont désormais bien positionnées, notamment grâce aux projets ELI et à son prototype Apollon initié par Gérard Mourou et implanté sur le plateau de Saclay.

La genèse du projet
Dès 2006, après un an d’incubation, ELI avait été sélectionné pour faire partie de la première feuille de route de l’ESFRI (European Strategy Forum on Research Infrastructures), organisme qui a pour but d’encourager la construction d’infrastructures d’envergure sur le sol Européen. Grâce au financement du programme cadre FP7 (2007-2013) de l'Union européenne dont le premier objectif était de porter la recherche et la technologie européenne au plus haut niveau, une phase préparatoire impliquant 15 laboratoires dans 13 pays a été menée par le CNRS jusqu’en 2010. En octobre 2009, il a ainsi été décidé de distribuer l’infrastructure sur trois « piliers » implantés respectivement en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie. ELI est ainsi devenu le premier grand projet d'infrastructure de recherche à bénéficier d'un cofinancement par les Fonds structurels et d'investissement européens (ESIF) pour sa mise en œuvre dans les trois pays hôtes.