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Entrepreneuriat et innovation

Philippe Hayat, X 1985, l’entrepreneuriat dans les gènes

Philippe Hayat, X 1985, partage sa vie entre l’écriture et les affaires. En parallèle de la sortie de son premier roman, Momo des halles, le fondateur de l’association 100.000 entrepreneurs dirige Serena Capital, un fonds de capital-risque.

A l’indignation, il a toujours préféré l’action. Philippe Hayat est un homme d’affaires résolument optimiste et curieux, qui croit dur comme fer aux bienfaits de l’entrepreneuriat. « Monter sa propre entreprise, c’est porteur de sens », affirme-t-il.

C’est à l’École polytechnique (promotion 1985) que Philippe Hayat découvre sa voie, lors d’un forum de rencontres entre élèves et entreprises. « J’ai rencontré un associé de la société Peat Marwick. Il m’a parlé de son métier et de l’univers des entreprises que je connaissais si peu. J’étais fasciné. Il m’a embauché sur le champ », se souvient encore avec enthousiasme l’entrepreneur. En parallèle de sa nouvelle activité, il entre également à l’ESSEC pour acquérir des bases en gestion d’entreprise.

A 28 ans, poussé par sa soif d’indépendance et de liberté, il décide de se mettre à son compte en rachetant, en 1994, la société de son grand-père Bâches de France qu’il transforme en leader des bâches publicitaires. « J’avais envie de prendre ma vie en main et de porter un projet qui correspondait à mes envies », explique-t-il. Ce succès du début en entrainera beaucoup d’autres. À partir de 1999, le jeune patron multiplie les aventures entrepreneuriales en créant ou en rachetant des entreprises qu’il développe, avant de les revendre au bout de quelques années : en 1999, il fonde Kangaroo Village, un incubateur de start-up, en 2003, il achète Architel, une boite spécialisée dans l’archivage et le traitement de documents papiers et numériques, avant de créer en 2008, avec Marc Fournier et Xavier Lorphelin, Serena Capital, un fonds d’investissement qui investit dans des PME à forte croissance pour les aider à se développer.

La recette du bon entrepreneur
Il faut dire que dans la famille Hayat, on est entrepreneur dans l’âme. Son grand-père, son père (polytechnicien comme lui, X 1950) et son frère, ont aussi fondé leur entreprise. « Cela fait partie de notre ADN », s’amuse Philippe Hayat. De sa famille, il a également hérité des qualités nécessaires à un bon entrepreneur : la persévérance, la curiosité, un optimisme sans faille, du courage, du charisme, du bon sens et un fort instinct commercial. Enfin, il l’admet volontiers, le facteur chance joue aussi beaucoup.

« Il faut donner aux jeunes les armes pour inventer leur travail »
Sa passion pour l’entrepreneuriat, Philippe Hayat la souhaite contagieuse. « Dès le début de ma carrière, j’ai voulu transmettre ce que je vivais sur le terrain, notamment aux jeunes qui ont souvent une fausse image de l’entreprise et une vision très pessimiste de l’avenir. J’ai envie de leur dire qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il est possible de prendre sa vie en main en portant un projet. » Dévoré par ce besoin « d’inoculer le virus d’entreprendre aux jeunes générations », il enseigne tout d’abord la finance et l’entrepreneuriat à l’ESSEC où il monte la filière Créations d’entreprises, avant de renouveler l’expérience à Science Po Paris. Enfin, en 2007, il fonde l’association 100.000 entrepreneurs, qui organise des témoignages de chefs d’entreprise dans les collèges, les lycées et l’enseignement supérieur français. « Il faut donner aux jeunes les armes pour inventer leur travail.[…] A ce jour, nous avons sensibilisé 200 000 jeunes, 60 000 rien que pour l’année 2013 », se félicite Philippe Hayat.

Pour un new deal entrepreneurial
« En France, on considère encore l’entrepreneuriat comme quelque chose de périlleux. Nous avons une réelle peur de l’échec. Les choses bougent cependant, lentement mais sûrement », analyse l’homme d’affaires. En 2012, il remettait d’ailleurs un rapport « Pour un new deal entrepreneurial » à Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique. Ce rapport a donné lieu en 2013 aux assises de l’entrepreneuriat. « Il s’agit de créer un vrai programme de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat. Pourquoi ? Parce que tout le monde reconnait aujourd’hui que ce sont les PME qui créent de l’emploi et non les grands groupes. Ensuite, la précarité s’installe et les jeunes n’ont plus l’assurance de trouver un travail, non précaire, à la fin de leurs études. Il s’agit donc de créer une nouvelle source d’emplois en donnant aux jeunes la possibilité d’inventer, dès l’école (de la 6e à bac+5), leur avenir professionnel », indique Philippe Hayat.

3 conseils aux polytechniciens
A tous les polytechniciens qui seraient tentés par l’aventure entrepreneuriale, Philippe Hayat prodigue trois conseils : celui d’écouter ses envies, celui de confronter son idée au marché, sans avoir peur de la dévoiler, et celui de se faire guider par les réseaux d’accompagnement (incubateurs, business angels…). « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. Cette citation de René Char ne me quitte plus », conclut, songeur, Philippe Hayat.

En savoir plus :
> site de l'association 100.00 entrepreneurs
> site de Serena Capital
> Momo des halles, le premier roman de Philippe Hayat