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Formation

L’X donne les premiers cours IBM Watson en France

L’École polytechnique est le premier établissement en France, avec HEC, à avoir proposé des cours consacrés aux technologies du supercalculateur Watson développé par IBM. Une dizaine d’élèves ont eu l’opportunité de suivre une initiation de neuf heures en février 2015.

Un ordinateur capable d’interagir avec le langage humain : tel est le système Watson développé par IBM. Le supercalculateur Watson s’est fait connaître en 2011 pour ses performances dans le jeu télévisé Jeopardy. Son secret : il comprend le langage naturel, c’est-à-dire le langage réel utilisé par chacun d’entre nous avec ses jeux de mots, les ambigüités et l’ironie.

Pour la première fois dans un établissement d’enseignement en France, des cours consacrés aux technologies Watson ont été donnés en février dernier à l’École polytechnique et à HEC. Une dizaine d’élèves de troisième année en cycle ingénieur de l’X ont suivi une formation de neuf heures de cours pour découvrir le supercalculateur et ses applications possibles dans la vie de tous les jours.

Un système capable d’interagir avec le langage humain

« Dès les années 1940 avec Alan Turing, l’un des premiers défis de l’ordinateur était d’interagir avec l’Homme comme un être humain », rappelle Leo Liberti, professeur d’informatique à Polytechnique et directeur de recherche CNRS. Alan Turing avait défini cette capacité des ordinateurs à communiquer comme une propriété statistique d’un jeu qu’il appelait le « Jeu de l’imitation ». « Turing espérait que le progrès technologique aurait été suffisant pour qu’il puisse voir, un jour, un ordinateur capable de gagner le jeu de l’imitation », explique l’enseignant qui a été chercheur auprès d’IBM research pendant deux ans. « Le système Watson développé par IBM, même s’il n’est pas encore au niveau de gagner le jeu de Turing, représente un progrès considérable puisqu’il est capable d’interagir avec le langage humain », poursuit Leo Liberti.

La technologie Watson est en fait basée sur le traitement automatique du langage naturel. « Le langage naturel est le langage tel qu’il est parlé par les humains, à la différence du langage dit formel propre aux ordinateurs », précise Leo Liberti. Watson est un écosystème qui comprend un ensemble d’algorithmes différents. « Le système étudie les fréquences dans les phrases, il analyse entièrement la composition des phrases ainsi que les arborescences », explique le professeur. Watson traduit ainsi le langage naturel en langage formel – celui compris par les ordinateurs - afin d’aller ensuite interroger une immense base de données grâce à un système interactif.

Des applications en médecine, finance et tourisme

Mais à quoi sert réellement Watson, au-delà de sa capacité à gagner un jeu télévisé ? Cette technologie peut être appliquée à plusieurs domaines dans la vie de tous les jours. Dans le secteur de la santé, Watson peut aider les médecins à la prise de décision clinique rapide. « Watson a analysé une grande masse de données et il est capable d’aider à diagnostiquer les maladies, à partir d’une description des symptômes donnée en langage naturel, apparemment avec un bon taux de succès », détaille Leo Liberti. Autres domaines concernés par Watson : la finance. « De très nombreux rapports financiers sont rédigés chaque jour dans le monde. Watson permet d’avoir une vue globale sur cette masse d’informations », précise le professeur d’informatique qui ajoute que « les services téléphoniques d’information des assurances pourront bientôt être confiés à Watson, tout du moins pour les questions les plus courantes ». Pour finir, Watson pourrait être d’une aide précieuse dans le secteur du tourisme afin de renseigner les voyageurs sur les destinations.

En février, les élèves de Polytechnique ont été formés à ce nouvel outil. Olivier Wang, doctorant au laboratoire d’informatique de l’École polytechnique, a présenté aux étudiants des exemples concrets de services liés aux technologies Watson tels qu’un service de traduction automatique et un service de question/réponse. Les élèves ont ainsi pu découvrir Bluemix, la plateforme de développement en ligne d’IBM qui présente des services proposés par Watson en version Beta. « Les étudiants ont désormais tous les outils pour développer des applications à partir de Watson », souligne le doctorant. Pour Loïc Prieur-Drevon, élève en 3e année, ce cours était « l’occasion de démystifier ce qu'il y'avait véritablement derrière cette machine qui est capable de battre les humains dans des jeux tels que Jeopardy! ». L’étudiant a été ravi d’apprendre qu’IBM mettait à disposition « des outils de prototypage rapide qui peuvent prendre tout leur sens en entrepreneuriat».

Pour les années à venir, Leo Liberti souhaite pouvoir intégrer cette offre de formation dans le cursus de 2ème année et/ou de 3ème année du cycle ingénieur de l’École polytechnique.