En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à des fins de mesure d'audience, à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus

X
Recherche

Un chercheur du laboratoire de biochimie reçoit la médaille de bronze du CNRS

Alexey Aleksandrov, chercheur au Laboratoire de Biochimie (École polytechnique/CNRS), a obtenu la médaille de bronze 2015 du CNRS pour ses travaux en modélisation moléculaire. Ses recherches auraient des applications potentielles dans les traitements anticancéreux et la résistance aux antibiotiques.

Alexey Aleksandrov manipule l’ordinateur aussi bien que les éprouvettes. À l’aide de programmes informatiques, ses travaux de recherche consistent à modéliser de nombreux systèmes biologiques, tels que les protéines, l'acide ribonucléique (ARN)* ou l’ADN. Pour son travail, Alexey Aleksandrov a obtenu la Médaille de bronze 2015 du CNRS. Cette distinction récompense le premier travail d’un chercheur.

Alexey Aleksandrov cherche à connaître le fonctionnement des molécules et leurs interactions avec d’autres, pour mieux comprendre le corps humain et ainsi le guérir plus facilement. Le chercheur est devenu un expert sur le fonctionnement des enzymes, ces protéines qui régissent la quasi-totalité des réactions chimiques dans les cellules vivantes.
Au sein du Laboratoire de Biochimie (BIOC) de l’École polytechnique, il étudie notamment les interactions entre les proteines et la trétracycline, un antibiotique utilisé pour lutter contre certaines infections bactériennes. En simulant des expériences de réactions bio-chimiques sur son ordinateur, il a ainsi pu prouver que ces protéines adoptent une forme spécifique permettant aux médicaments d’interagir avec elles.

Le travail d’Alexey Aleksandrov possède d’importantes applications potentielles. Ses recherches permettraient de créer des médicaments anticancéreux « sélectifs », c’est-à-dire des médicaments ciblant uniquement les cellules cancéreuses.
Autre application possible : obtenir des antibiotiques plus puissants permettant de surmonter la résistance bactérienne à ces médicaments. La résistance aux antibiotiques est en effet une priorité de santé puisqu’elle est actuellement responsable de 700.000 décès par an dans le monde.

Depuis les années 1970, les techniques de modélisation informatiques de molécules complexes, ont ainsi révolutionné la recherche pharmaceutique et médicale. Grâce à elles, il est possible de prévoir si un médicament se fixera bien sur la protéine ciblée, ou encore de produire des molécules capables de localiser plus précisément les tumeurs cancéreuses sans détruire, autour, les tissus sains des patients.
Plus encore, « les simulations informatiques permettent aussi d’effectuer des expériences plus facilement et à moindre coût », souligne Alexey Aleksandrov.

*L’ARN est une molécule biologique présente chez tous les êtres vivants, et aussi chez certains virus.

> En savoir plus sur Alexey Aleksandrov
Alexey Aleksandrov est diplômé en physique théorique de l'Université d'Etat de Kazan en Russie. En 2008, il a effectué son doctorat au Laboratoire de Biochimie de l’École polytechnique sous la direction de Thomas Simonson avec comme sujet de recherche antibiotiques tétracycline et leurs cibles : études par modélisation.
Post-doctorant, il a consacré ses recherches au développement et à la mise en œuvre d’une méthode de création informatique de protéines. En 2009, dans le cadre de la recherche post-doctoral à l’Institut de Biologie Structurale (IBS-Grenoble), il a étudié les réactions enzymatiques, avant d’entrer au CNRS en 2010 comme chargé de recherche de 2e classe au Laboratoire de Biochimie de l’École polytechnique.