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Une économiste de l’X cherche le juste prix du carbone

Anna Creti, chercheuse au département d’économie de Polytechnique et professeur à Dauphine, étudie les marchés carbones en tant qu’outil économique pour changer les comportements. Objectif : aider les pouvoirs publics à lutter contre le changement climatique à l’heure où se tient la COP 21.

Quatre cent cinquante milliards d’euros par an en 2050, c’est le coût du changement climatique selon l’ONU. Pour aider les autorités publiques à limiter les émissions de CO2, qui participent au réchauffement de la planète, Anna Creti, chercheuse au département d’économie de l’École polytechnique et professeur à l'Université Paris Dauphine, étudie le fonctionnement du marché et du prix carbone. Ce sujet est au cœur des débats de la conférence de Paris sur le climat (COP21) qui se tient depuis le 30 novembre et jusqu’au 11 décembre 2015 dans la capitale française.

Les marchés carbones, un outil économique pour changer les comportements

Afin d’encourager les entreprises à polluer moins, et ainsi à changer leurs comportements, l’Europe a mis en place en 2005 un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre. C’est le principe simple du pollueur-payeur qui consiste à faire payer les émissions de dioxyde de carbone aux entreprises qui les rejettent, tout en permettant à celles qui émettent moins de revendre leurs quotas excédentaires aux industriels qui n’arrivent pas à réduire leurs émissions. « Cet outil consiste ainsi à donner un prix aux dangers du réchauffement de la planète », précise Anna Creti, chercheuse au département d’économie de l’École polytechnique et à l’université Paris-Dauphine.

À la recherche du juste prix du carbone

Si aujourd’hui la tonne de carbone s’échange entre cinq et sept euros sur le marché européen, la plupart des experts estiment qu’il faut un prix plus élevé pour observer un réel changement de comportement chez les industriels.
Autre difficulté : il existe actuellement une très forte disparité entre les pays européens, la taxe carbone allant de moins d’un euro en France à cent trente euros au Danemark. Comprendre l’évolution de cette taxe est ainsi un enjeu majeur pour les recherches en économie menées par les économistes, au sein de la Chaire Développement Durable de l'École polytechnique.

Vers un marché carbone flexible et mondial

Malgré des débuts difficiles liés à la crise financière de 2008 et à la sur-allocation de quotas à l’origine de la baisse générale du prix de la tonne de carbone, le marché carbone soulève de grandes espérances. Il reste un des outils les plus efficaces pour engager la transition vers une économie bas-carbone. « Efficace oui, à condition qu’il soit contrôlé par les autorités publiques pour le corriger et imposer une règlementation cohérente sur le long terme », explique Anna Creti.
Si son prix moyen reste bas en Europe, avec cinq euros la tonne, son impact environnemental est certain : en huit ans seulement, les émissions de carbone ont été réduites de 19% entre 2005 – date de mise en place du système - et 2013. Environ 1.2 milliards de tonne d’émissions de CO2 ont ainsi été évitées.

« Beaucoup de questions restent néanmoins ouvertes », reconnaît la chercheuse. « Quel est le bon périmètre géographique des marchés carbones ? Vers un prix unique du carbone à l’échelle internationale ? », sont autant d’interrogations qui devront être débattues lors la COP21.
 


Anna Creti débute sa carrière à la London School of Economics puis devient chercheur au Département d’Économie de l’École polytechnique et professeur d’économie à l’université Paris Dauphine au Laboratoire d’économie de Dauphine-Centre de Géopolitique de l’Énergie et des Matières Premières (LeDA-CGEMP). Elle est chercheur associée à l’université de Californie (UC3),Berkeley et Santa Barbara. Elle est également membre de la chaire Développement Durable de l’X en partenariat avec EDF et de la chaire des marchés européens de l’électricité de l’université Paris Dauphine.
Anna Creti s’intéresse à l’économie liée au domaine de l’énergie et du développement durable dont les marchés du carbone. Elle étudie le fonctionnement du prix carbone pour mieux comprendre son évolution. L’objectif est d’aider les politiques dans leur démarche contre le changement climatique.
Anna Creti a reçu de nombreux prix dont celui de l’université de Bocconi pour l’excellence de sa recherche (2008, 2009 et 2010). Elle travaille en collaboration avec des entreprises dont EDF et fait partie du Conseil Français de l’Énergie « Macoreconomic Effects of Energy Prices ».