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11 février 2018 : Journée internationale des femmes et des filles de science

En prévision de cette journée, l’École polytechnique vous propose de découvrir 6 portraits de femmes scientifiques qui travaillent au Centre de recherche de l’X. Chercheuses, enseignantes, entrepreneuses… Elles contribuent, dans leur domaine respectif, aux progrès de la science !

Ane Aanesland, chercheuse CNRS au Laboratoire de physique des plasmas de l’X, a inventé, en collaboration avec Dmytro Rafalskyi, un système de propulsion ionique pour motoriser les petits satellites.
Ce nouveau genre de satellites, dont la taille et la masse sont cent à mille fois inférieures à celles des satellites conventionnels, connaît un essor depuis cinq ans. Leurs moteurs sont constitués d’une source d’ions positifs et d’une source d’électrons. Ces deux éléments étaient jusqu’à présent séparées, ce qui constituait un frein à la miniaturisation. « Nous nous sommes inspirés des avancées réalisées en gravure pour la microélectronique et nous obtenons la même propulsion avec un moteur 40% plus petit que les moteurs classiques ». De cette innovation scientifique est née une startup, ThrustMe. Ces propulseurs permettent également d’augmenter la durée de mission des satellites en les maintenant sur la bonne orbite et de les déployer en constellation.
Les applications sont nombreuses, notamment dans le big data, la météorologie ou l'accès à internet.

Patricia Crifo est professeure à l’Université Paris Nanterre - Economix et professeure chargée de cours à l’École polytechnique, où elle co-dirige notamment la chaire Finance Durable et Investissement Responsable (École polytechnique et Institut d’Économie Industrielle de la Toulouse School of Economics).
Elle s'intéresse à la croissance à long terme des entreprises qui s'inscrit dans un double contexte de crises : écologique d'une part, et économique d'autre part. Les causes sont multiples mais elles partagent toutes un point commun : une mauvaise allocation des capitaux, appuyée par des comportements irresponsables dans de nombreux secteurs (immobilier, énergétique, financier...). Ce schéma est responsable des excès d’émission de gaz à effet de serre déréglant le climat et est marqué par une augmentation spectaculaire des inégalités, une instabilité économique croissante et de multiples crises.
La clef pour sortir de ce modèle se trouve en premier lieu dans la politique économique. Mais, en parallèle des pouvoirs publics, le secteur privé - les entreprises en particulier - peuvent jouer un rôle. Les recherches de Patricia Crifo visent à identifier dans quelle mesure et sous quelles conditions les entreprises peuvent être des éléments moteurs de la transition énergétique. D'autant plus que les stratégies de responsabilité sociale et environnementale (RSE) peuvent être un levier de compétitivité et de croissance à long terme.

Après une thèse en physique de haute énergie, et un premier post-doctorat à l'Université de Liverpool, Emilie Maurice a rejoint le Laboratoire Leprince Ringuet et travaille en collaboration avec le Laboratoire de l'Accélérateur Linéaire d'Orsay pour mieux comprendre la matière dont nous sommes faits. En 2017, elle a obtenu la bourse « Pour les Femmes et la Science » de la Fondation L'Oréal et de l'UNESCO.
Pour mener ses recherches, Emilie Maurice utilise le plus grand accélérateur de particules du monde, le Grand collisionneur de hadrons ou LHC. Elle y réalise des collisions entre le faisceau du LHC et un gaz injecté afin d'y concentrer un maximum d'énergie dans un tout petit volume. Les collisions permettent de recréer des gouttes microscopiques de la « soupe originelle », très dense et très chaude, qui formait la matière, quelques microsecondes après le Big-Bang. Originellement, cette soupe était composée d'un plasma de quarks et de gluons qui sont aujourd'hui regroupées au sein de nucléons (protons et neutrons). En analysant les gouttes microscopiques de la soupe, la chercheuse tente de comprendre les interactions entre les quarks lors des premiers instants de l'univers.

Roxane Lestini est maître de conférences au sein du laboratoire d'optique et biosciences et étudie les mécanismes de la stabilité du génome chez Haloferax Volcanii, une archée, dont le système génique est très proche du nôtre.
Ce microorganisme pourrait bien rendre accessible de nombreux secrets de notre génome. En effet, les dommages de l’ADN sont une menace certaine, ils peuvent induire des mutations et perturber la réplication cellulaire, ce qui favorise le développement de cancers. Mieux comprendre le fonctionnement interne de nos cellules est un enjeu essentiel. Leur complexité pousse les scientifiques à chercher des modèles simplifiés dans d'autres domaines du vivant, notamment chez les archées découvertes récemment. Déjà étudiées pour leur capacité à résister à des environnement extrêmes, ces microorganismes sont des modèles d'études pertinents par leur proximité systémique. Les travaux de Roxane Lestini sur Haloferax Volcanii lui ont déjà permis de mieux comprendre le fonctionnement de certaines protéines, en s'appuyant sur des techniques de microscopie de pointe. Avec des marqueurs naturels bioluminescents, elle est en mesure de suivre les mouvements des protéines dans la cellule observée pour mieux décrypter leur fonctionnement.
Ces travaux visent à apporter des connaissances fondamentales sur la réplication de l’ADN chez les archées dans un premier temps, et pourraient nous en apprendre plus sur l’homme grâce à la similitude de l’action des protéines chez ces organismes.

Toujours plus grand, toujours plus vite. Le potentiel des big data est un enjeu d’intérêt mondial dont Yanlei Diao, professeur au Laboratoire d’informatique de l’X, a fait son domaine de prédilection dès 2005.
Aujourd’hui reconnue pour son expertise dans le traitement des flux de données massives, la chercheuse a reçu cette année une bourse ERC Consolidator pour son projet « Big Fast Data » et ses promesses en termes d’accélération et d’optimisation pour l’analyse de grands volumes d’informations. Dans ses recherches, Yanlei Diao développe de nouveaux fondements algorithmiques pour concevoir une nouvelle génération de systèmes de « big fast data ». Jusqu’ici, les systèmes actuels ne permettent pas d’allier volume et vitesse de traitement des données. Les avancées instiguées par la chercheuse ouvrent la voie à des analyses en continu, à faible temps de réponse et pour de grands volumes de données et, ainsi, à des transferts rapides des informations vers de nombreuses applications. « Ces Big and Fast Data Analysis sont aujourd’hui d’une importance capitale et promettent un bouleversement dans de nombreux domaines scientifiques et sociétaux», souligne-t-elle.
Yanlei Diao anticipe aussi une révolution dans le domaine de la génomique : améliorer les performances des calculs en big data pour révolutionner l’analyse des données génétiques qui permettront à terme de combattre des maladies comme le cancer.

Aude Nyadanu (X2011) est actuellement en troisième année de thèse au Laboratoire de synthèse organique où elle travaille sur des nouvelles méthodes de synthèse de molécules organiques. En 2017, elle a obtenu la bourse « Pour les Femmes et la Science » de la Fondation L'Oréal et de l'UNESCO.
L'objectif de la thèse de la chercheuse est de réduire le nombre d'étapes de synthèse en proposant des réactions multi-composantes durant lesquelles plusieurs molécules sont assemblées d'un seul coup, afin d'en faire des molécules d'une complexité importante. En partageant ses recherches avec la communauté scientifique par le biais de publications, la chercheuse espère que ses méthodes permettront ainsi de réduire le coût et l'impact écologique liés à la fabrication de médicaments.