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Cancer : les fibres branchées, tours de contrôle de la prolifération cellulaire

Des études menées à l’X par l’équipe d’Alexis Gautreau ont mis en évidence plusieurs gènes dont la mutation est impliquée dans l’apparition de certains cancers. Ces résultats permettront de mieux adapter les traitements des cancers du sein et d’envisager une thérapie ciblée pour des formes très agressives de cancers de la peau.

Cancer : les fibres branchées, tours de contrôle de la prolifération cellulaire

Les cellules de notre corps sont structurées par un réseau de fibres, appelé cytosquelette, qui leur donne leur forme et leur permet de se déplacer. Une partie de ce squelette est constituée de fibres branchées, ainsi nommées car elles se propagent en se ramifiant à la manière des branches de végétaux.

Situées en périphérie de la cellule, les fibres branchées sont connues depuis longtemps pour générer des extensions de la membrane qui servent à la migration cellulaire, mais aussi à l’exploration mécanique de l’environnement de la cellule : elle peut ainsi « toucher » son environnement immédiat et savoir si elle se trouve bien là où elle doit être, au sein de tel ou tel groupe de cellules ayant les mêmes fonctions.

Les travaux de l’équipe d’Alexis Gautreau (CNRS/Laboratoire de biochimie de l’École polytechnique) qui viennent de paraître dans Cell research ont permis de mettre en évidence le rôle de « tour de contrôle » de ces fibres branchées dans le mécanisme de division cellulaire : c’est par les fibres branchées que la cellule intègre les différents signaux (hormones de croissance, résistance mécanique de l’environnement) qui vont éventuellement l’amener à se diviser, et donc à proliférer.

Dans le cas des cellules cancéreuses, celles-ci ne tiennent plus aucun compte des signaux intégrés par les fibres branchées et se mettent à proliférer anarchiquement. Que peut-il bien se passer pour que la communication soit ainsi coupée entre les fibres branchées et la cellule ? Il suffit en fait qu’un seul gène soit muté pour que la cellule devienne hors de contrôle.

Parmi les bénéfices thérapeutiques directs de ces travaux, un gène a été mis en évidence, ARPC1B, comme étant un indice très sûr de la non-réponse de certains cancers du sein aux chimiothérapies. La détection de ce gène dans la tumeur permet d’orienter les traitements sans faire subir de chimiothérapie lourde à des patientes qui n’en retireraient aucun bénéfice.

L’étude a également mis en évidence un autre gène, RAC1, muté dans des formes très agressives de cancers de la peau. Les études in vitro menées par l’équipe d’Alexis Gautreau ont permis de stopper la prolifération des cellules portant cette mutation par l’application d’un inhibiteur spécifique, ce qui ouvre la voie à une thérapie ciblée pour cette forme de mélanome représentant 5 à 10% des cas.

Le détail de ces travaux est à retrouver en ligne sur Cell research

 

Bibliographie : Cortical Branched Actin Determines Cell Cycle Progression. Nicolas Molinie, Svetlana N. Rubtsova, Artem Fokin, Sai P. Visweshwaran, Nathalie Rocques, Anna Polesskaya, Anne Schnitzler, Sophie Vacher, Evgeny V. Denisov, Lubov A. Tashireva, Vladimir M. Perelmuter, Nadezhda V. Cherdyntseva, Ivan Bièche, Alexis M. Gautreau. Cell Research, le 10 avril 2019. DOI: 10.1038/s41422-019-0160-9