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[Colloque] Respirer et se nourrir: des enjeux sanitaires prioritaires

Le 7 juin, à l'occasion du colloque scientifique Réfléxions organisé par l'École polytechnique, Shenggen Fan, Marion Guillou, Markus Amann et Matthieu Coutière échangeront sur la croissance de la population mondiale et ses impacts sur les écosystèmes lors d'une table ronde.

[Colloque] Respirer et se nourrir: des enjeux sanitaires prioritaires

De 1950 jusqu’à nos jours, la population mondiale est passée de 2,5 milliards à plus de 7 milliards d’habitants. Les ressources agricoles ont été fortement sollicitées pour accompagner cette explosion démographique, et d’énormes gains de productivité ont été obtenus, grâce notamment à la mécanisation et au recours aux engrais et aux pesticides. L’accroissement consécutif des ressources a amélioré la situation alimentaire jusqu’au début du 21e siècle. Mais la pression sur les écosystèmes est telle que l’on peut s’interroger sur la durabilité des progrès obtenus.

Par ailleurs la crise financière et économique de 2008 a provoqué une remontée des tensions sur les prix des denrées alimentaires et entraîné un retour de la malnutrition sensible dès 2010. Plus de 800 millions de personnes sont en situation de sous nutrition dans le monde, soit 12 % de la population. 500 millions de ces personnes malnutries se trouvent en Asie, plus de 220 millions en Afrique subsaharienne.

Au final, le cercle vertueux qui devrait relier notre alimentation à l’écosystème terrestre est depuis longtemps rompu. L’agriculture à fort rendement, l’élevage intensif, en plus de contribuer à la déforestation et à la baisse de la biodiversité consécutive, rejettent directement dans l’air que nous respirons et dans l’eau qui irrigue nos sols divers polluants et effluents qui contiennent des concentrations anormalement élevées en substances diverses. L’impact de ces rejets sur l’écosystème est tel qu’il en vient à interférer à son tour avec les activités humaines.

Le poisson est la principale source de protéines pour 2,6 milliards de personnes, et les effectifs des professions liées à la pêche se portent à 200 millions, mais selon la FAO, 58 % des espèces de poissons sont pêchées au maximum de leur capacité biologique à reconstituer les stocks, et 31 % sont surpêchées, épuisées ou en cours de récupération.

Selon les espèces animales concernées, produire un kilo de viande nécessite entre 4 à 50 kg de végétaux. Cela signifie qu’il faut consacrer 4 à 50 fois plus de surface agricole à la production d’un kilo de viande plutôt que de consommer directement ces végétaux.

Alors que la planète comptera vraisemblablement 9 milliards d’habitants en 2050, comment rendre ces données cohérentes ? Comment sortir du cercle vicieux liant productivisme et impact sur les écosystèmes ? Quelles sont les alternatives ?

Vendredi 7 juin 2019 - de 14h30 à 15h30

>Retrouvez toutes les informations sur le colloque, ici

Shenggen Fan
Directeur général de l’Institut international de recherche sur la politique alimentaire (IFPRI) depuis 2009, Shenggen Fan est membre du comité directeur du Mouvement pour l’amélioration de la nutrition, nommé à ce poste par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies Ban Ki Moon. C’est également un des « Champions de la cible 12.3 » dans le contexte des Objectifs de développement durable des Nations unies. Il est conseiller de nombreux gouvernements, dont ceux de Chine et du Vietnam, en matière d’agriculture, de sécurité alimentaire et de nutrition. Shenggen Fan est titulaire d’un doctorat en économie appliquée de l’université du Minnesota et d’un master de l’université d’agriculture
de Nanjing.

Marion Guillou
Marion Guillou, Conseillère d’État en service extraordinaire, préside le conseil d’administration d’Agreenium, l’institut agronomique, vétérinaire et forestier de France. Elle est membre du Haut conseil pour le climat auprès du Premier ministre. Docteure en physico-chimie des biotransformations (université de Nantes), diplômée de l’École polytechnique (X1973) et ingénieure du Génie rural, des eaux et des forêts, elle a été directrice générale de l’alimentation de 1996 à 2000. Elle a également présidé le conseil d’administration de l’École polytechnique (2008-2013) et a été présidente-directrice générale de l’INRA de 2004 à 2012. Elle est actuellement membre des conseils d’administration de deux centres de recherche internationaux, Bioversity et le CIAT.

Markus Amann
Markus Amann est directeur du Programme sur la qualité de l’air et les gaz à effet de serre de l’Institut international des systèmes appliqués (IIASA) et co-responsable de l’Initiative sur les gaz à effet de serre de ce même institut. Il pilote également le Centre des modèles d’évaluation intégrée du Programme européen de suivi et d’évaluation. Il est l’auteur principal du groupe de travail III du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ses recherches actuelles portent sur les interfaces entre science et politique et les méthodes d’évaluation intégrée des problèmes environnementaux.

Matthieu Coutière
Diplômé de l’École polytechnique (X1991), Matthieu Coutière a toujours cherché à convertir les innovations technologiques en produits bénéfiques pour le grand public. Il dirige la start-up Air Serenity qui propose une technologie de purification de l’air développée et brevetée à l’École polytechnique, offrant un compromis optimal entre consommation énergétique et santé des utilisateurs. Il a précédemment dirigé la branche mondiale d’Alcatel-Lucent proposant des solutions clés-en-main de villes intelligentes. Il était auparavant consultant en stratégie au sein du cabinet Mars & co, puis du groupe Vivendi. Il a commencé sa carrière en tant que directeur technique lors du lancement en Europe de la start-up américaine Akamai technologies.