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Deux chercheuses de l’X lauréates de la bourse L’Oréal-Unesco 2018

Sabrina Ouazzani, post-doctorante au Laboratoire d’informatique de l’École polytechnique, ainsi qu’Olga Chashchina, doctorante au Laboratoire d’hydrodynamique de l’X, sont récompensées cette année par une bourse « Pour les Femmes et la Science » de la Fondation L'Oréal et de l'UNESCO.

Deux chercheuses de l’X lauréates de la bourse L’Oréal-Unesco 2018

Sabrina Ouazzani

Les travaux de Sabrina Ouazzani portent sur « la calculabilité à temps infinis ». Pour comprendre les concepts qui se cachent derrière ces termes, il faut remonter en 1930, à la naissance de la logique de programmation qui a donné naissance au numérique d’aujourd’hui. Petit à petit, les chercheurs se sont rendus compte qu’il existe des questions que l’on ne peut pas résoudre à l’aide d’un algorithme (i.e. suite de calculs, d’actions à effectuer dans un ordre précis pour arriver au résultat) et c’est alors que la calculabilité a vu le jour. Cette discipline, au cœur de l’informatique fondamentale, vise à caractériser et classifier les problèmes pouvant être résolus par un ordinateur.

Sabrina Ouazzani s’intéresse plus particulièrement à la calculabilité en temps infini : en prenant comme hypothèse que la machine a un temps infini pour faire des calculs, peut-on collecter des informations au bout de ce temps infini qui permettront alors de faire avancer le problème ? Cela se rapproche de la notion de « limite » utilisée dans les mathématiques. Mais les travaux de la chercheuse vont plus loin : et si, après ce temps infini, on reprenait les calculs sur un temps infini ? Puis à nouveau sur un nombre infini, et ainsi de suite ? Ces infinis successifs, appelés ordinaux, pourraient permettre de fixer un cadre novateur pour appréhender l’hyper informatique de demain.

Deux chercheuses de l’X lauréates de la bourse L’Oréal-Unesco 2018

Olga Chashchina (X2009)

Au LadHyX, Olga Chashchina a intégré l’équipe de recherche d'Abdul I. Barakat, directeur de recherche CNRS, qui s’intéresse à la compréhension fondamentale du développement des maladies cardiovasculaires ainsi qu‘à la performance de dispositifs médicaux tels que les stents utilisés dans le cadre des chirurgies endovasculaires. Ces derniers représentent un grand progrès pour combattre les maladies cardiovasculaires, mais leur évolution dans l’organisme est encore mal connue et présente notamment des risques réels de complications graves. Or, aujourd'hui, les tests de nouveaux stents sont réalisés dans des cultures cellulaires en omettant les effets mécaniques, ou alors dans des tubes sans les aspects biologiques. Afin de proposer un modèle physiologiquement plus pertinent, le LadHyX a développé une artère artificielle combinant ces deux aspects et présentant des conditions plus proches de celles de l’organisme, tout en étant contrôlables afin de mener des mesures quantitatives en temps réel. Grâce à ce système innovant, la thèse d’Olga Chashchina se concentre sur l’étude des effets de la rigidité de la paroi sur la guérison des artères après la pose d’un stent et les effets du flux sanguin sur le comportement cellulaire.
 
En collaboration avec Sensome, une start-up issue du LadHyX, Olga travaille également sur l'intégration de capteurs électroniques dans l'artère et sur l'analyse de leurs signaux pour prédire l'organisation des cellules dans cette artère de façon non-invasive. Avec cette étude, l’équipe de recherche d'Abdul I. Barakat cherche à minimiser les complications liées aux stents, tout en envisageant que les artères in-vitro deviennent un outil pour d’autres études vasculaires.