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Deux polytechniciens reçoivent la médaille d’argent du CNRS

Deux polytechniciens, Isabelle Gallagher (X 1992) et Christophe Breuil (X 1989), ont été distingués par une médaille d’argent du CNRS décernée par l’Insmi.

Chaque année, une médaille d’argent du CNRS est remise à un chercheur de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (Insmi). Cette distinction récompense un chercheur pour l'originalité, la qualité et l'importance de ses travaux, reconnus sur le plan national et international.

Les deux dernières médailles d’argent pour l’Insmi, remises en 2016 et 2017, ont récompensé deux polytechniciens : Isabelle Gallagher (X 1992) et Christophe Breuil (X 1989).

Médaille d’argent 2017 de l’Insmi : Christophe Breuil

Christophe Breuil a effectué toute sa carrière au CNRS, comme chargé de recherches (Orsay, 1996-2003), puis directeur de recherches (IHÉS, 2003-2010, Orsay depuis 2010). 

« Dans les années 60, le mathématicien canadien Robert Langlands a formulé un vaste programme qui a impulsé une part substantielle des recherches des dernières décennies en théorie des nombres ainsi qu’en géométrie algébrique. Cet ensemble de conjectures appelé aujourd’hui programme de Langlands ou correspondance de Langlands dresse des ponts entre la théorie des nombres et d’autres parties des mathématiques, notamment la théorie des représentations des groupes et la théorie de certaines fonctions nommées formes automorphes. Ces idées se sont avérées extrêmement fécondes et ont permis de démontrer nombre de résultats importants au fil des ans, à commencer par le théorème de Fermat en 1994 par Andrew Wiles. Pour autant, l’exploration et la démonstration de cette « correspondance » sont loin d’être achevées : elles représentent toujours, pour les mathématiciens, un défi à relever.

C’est dans ce cadre que se placent les travaux de Christophe Breuil. Le programme de Langlands vise à relier des représentations de groupes de Galois (tels que le groupe de Galois absolu du corps Q_p des nombres p-adiques ou celui du corps Q des nombres rationnels) à des représentations de groupes algébriques réductifs (comme par exemple GL2(Q_p)). Mais ces dernières sont des représentations complexes et non p-adiques. Le point nouveau et fondamental de l’approche initiée par Christophe Breuil avec le programme de Langlands "p-adique" est précisément l’apparition possible d’une correspondance avec de la topologie p-adique des deux côtés (i.e., les représentations du groupe de Galois et celles du groupe réductif sont des représentations continues dans des espaces vectoriels munis d’une topologie p-adique). Ce programme est aujourd’hui un domaine de recherches très fructueux», relate le site du CNRS.

Médaille d’argent 2016 de l’Insmi : Isabelle Gallagher

Isabelle Gallagher est professeure à l’université Paris Diderot et membre de l’Institut de mathématiques de Jussieu - Paris Rive Gauche (IMJ-PRG, UMR 7586 CNRS/Université Pierre et Marie Curie/Université Paris Diderot). Elle a été chargée de recherches au CNRS au Centre de mathématiques Laurent Schwartz de 2001 à 2004 et professeure chargée de cours d’exercice incomplet à l’École polytechnique de 2003 à 2009. Elle est membre junior de l’Institut Universitaire de France de 2009 à 2014. 

« Isabelle Gallagher est une grande spécialiste des questions mathématiques issues de la mécanique des fluides. Chargée de recherche au CNRS jusqu’en 2004, elle est ensuite recrutée comme professeure à l’université Paris-Diderot. Les équations aux dérivées partielles telles que les équations de Navier-Stokes, l’équation des ondes et l’équation de Schrödinger constituent ses principaux centres d’intérêt. La mathématicienne s’appuie notamment sur l’équation de Navier-Stokes pour modéliser les écoulements de fluides visqueux. Avec sa consœur Laure Saint-Raymond, de l’École normale supérieure (ENS) Paris, elle a travaillé sur un modèle à même de décrire le plus fidèlement possible le mouvement de l'océan près de l'équateur. Par la suite, les deux scientifiques ont étudié la propagation de structures cohérentes d'ondes océaniques. Isabelle Gallagher s’intéresse depuis peu aux limites cinétiques et hydrodynamiques. Dans un article publié en 2016 dans la prestigieuse revue Inventiones Mathematicae, elle est parvenue avec ses collègues Thierry Bodineau et Laure Saint-Raymond à justifier l'obtention du mouvement brownien à partir de modèles cinétiques», indique le site du CNRS.