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Deux professeurs d'économie à l'X publient "Plus de marché pour plus d'État!"

Dans leur nouvel ouvrage, Francis Kramarz et Philippe Tibi, professeurs à l'X, ouvrent le débat sur le couple État/marché et démontrent qu’ils n’ont pas des intérêts opposés par nature. Les deux auteurs estiment pourtant que l'État a systématiquement ignoré le fonctionnement du marché dans des domaines critiques pour l’avenir des Français.

A la veille de la campagne présidentielle, l'essai "Plus de marché pour plus d'État!", paru le 22 septembre, offre une réflexion originale et montre comment l’Etat a pu être capturé par des intérêts particuliers. Dans la lignée des ouvrages de Jean Tirole, Pierre Cahuc et André Zylberberg, les auteurs proposent des solutions fondées sur la recherche économique internationale. L'ouvrage a été préfacé par Emmanuel Macron.

Un présentation de l'ouvrage par Francis Kramarz et Philippe Tibi, suivi d’un débat animé par Fabrice Lundy, journaliste à BFM, aura lieu le 5 octobre 2016 à 8h30 à Revue Banque Edition.

 

A propos de l'essai de Francis Kramarz et de Philippe Tibi :

"Parce que le coût du travail peu qualifié est trop élevé, l’État a baissé les cotisations employeurs pour les salariés au SMIC. Parce que les loyers sont trop élevés, l’État a distribué des aides au logement. Parce que le rendement de l’épargne est trop incertain, l’État garantit la protection du capital…

Pourtant, les prix ont été libérés en 1987. Mais les prix « administrés » abondent : le salaire minimum, l’immobilier dopé par les allocations logement et les niches fiscales tandis que les taux garantis à l’épargne entretiennent l’illusion du rendement sans risque. Quant aux prix réglementés de l’énergie …

Cet interventionnisme a des conséquences très négatives : chômage massif des non qualifiés, crise du logement dans les métropoles et assèchement des circuits de financement de l’innovation. Le coût massif des politiques palliatives prive notre État de capacité d’intervention dans les domaines qui relèvent de sa raison d’être». Et les Français jugent sévèrement cette incapacité.

L’État est finalement confronté à une triple impasse. Stratégique : il n’est plus maître du destin des champions nationaux. Financière : ses comptes délabrés lui interdisent de préparer l’avenir. Intellectuelle : il ne perçoit pas son impuissance et sa perte de souveraineté. Faute de reconnaître et d’accepter la fonction essentielle du marché, « dire le prix » en confrontant l’offre et la demande. Dans une économie de marché, les prix sont des signaux qui doivent guider l’allocation des ressources. Dans la patrie de Colbert, cette conception heurte l’idéologie dominante.

C’est paradoxalement le recours aux solutions du marché qui peut trancher ce nœud gordien. L’élargissement de la place du marché améliorera le bien-être collectif et renforcera  l’autorité de l’État. Il le confortera dans son rôle de garant de la cohésion sociale et de maître d’œuvre du récit national tout en lui restituant des marges de manœuvre financières. Le marché, quant à lui, est une technique efficace mais il n’a nullement vocation à constituer un projet de société.

Pour réformer, il faut commencer par la gouvernance. L’État doit favoriser l’intérêt général. Trop souvent capturé par des intérêts particuliers, il doit imposer la représentation des intérêts « orphelins » : les chômeurs, les mal-logés, les jeunes entreprises."

Les auteurs

Francis Kramarz est directeur du Centre de recherche en économie et statistique (CREST). Professeur à l’ENSAE et professeur associé à l’École polytechnique, il a publié une centaine d’articles scientifiques dans des revues internationales sur l’emploi, les salaires, la concurrence, le commerce international. Il a été élu fellow de l’Econometric Society.

Philippe Tibi est fondateur de Pergamon Campus et professeur d’économie à l’École polytechnique et à l’UIBE Pékin. Jusqu’en 2012, il présidait les marchés actions, la banque d’investissement et le groupe UBS en France. Il a été président de l’Amafi de 2007 à 2014. Philippe Tibi répond, avec Pierre de Lauzun, à Pascale-Marie Deschamps dans le livre d’entretien « Les marchés font-ils la loi ? ».