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Economie - Le coronavirus a souligné l’emprise chinoise

L’origine de l’épidémie de coronavirus dans la province du Hubei en Chine a souligné l’emprise croissante de ce pays dans les chaînes de valeurs internationales, selon une étude de chercheurs d’IP Paris et l’Institut des Politiques Publiques.

La pandémie de Covid-19 qui touche actuellement le monde entier a d’ores et déjà de fortes répercussions économiques. Elle a en particulier mis en lumière l’emprise croissante de la Chine dans les chaînes de valeurs internationales.

Des économistes de l’Institut Polytechnique de Paris (Ecole polytechnique et ENSAE) et de l’Institut des Politiques Publiques ont étudié les répercussions du ralentissement de la production dans la province du Hubei en Chine, où l’épidémie de Covid-19 s’est déclarée, sur les chaînes de valeurs internationales, en particulier en France.

La dépendance à l’égard des intrants chinois a augmenté de manière spectaculaire depuis le début des années 2000. De ce fait, la plupart des pays sont exposés au ralentissement de l’activité en Chine, à la fois directement via leurs importations de produits intermédiaires chinois et indirectement, du fait de la valeur ajoutée chinoise incorporée à d’autres intrants à la production. Dans leur note de recherche, les économistes d’IP Paris et de l’Institut des Politiques Publiques quantifient l’exposition totale de la France aux intrants chinois comparée à celle d’autres pays. Pour ce faire, ils ont calculé dans un premier temps la part de la valeur ajoutée chinoise dans la production française. Ensuite, des données au niveau des pays et des secteurs ont été utilisées pour quantifier l’impact des mesures de quarantaine sur le PIB français.

L’étalement des processus de production sur un nombre croissant de pays permet certes aux entreprises de réduire leurs coûts mais il rend les chaînes de valeur plus vulnérables à des chocs d’offre localisés.

L’étude montre qu’en France, 3,2% de la production des entreprises rémunère des intrants chinois, en moyenne. Dans certains secteurs comme le textile ou les équipements électroniques, la proportion dépasse 10%. Un choc négatif de 10% sur la production chinoise pourrait en conséquence réduire le PIB français de 0,3% uniquement à travers les chaînes de valeur.

Le choc se transmet à l’économie française via un petit nombre de grandes entreprises qui produisent en utilisant des intrants étrangers.

Les auteurs estiment qu’approvisionner en liquidités les entreprises touchées est une bonne réponse de politique économique. Pour identifier précisément les zones de vulnérabilité de la structure productive française et mieux cibler les aides, ils préconisent de collecter plus de données sur les chaînes de valeur au niveau des entreprises, tout en reconnaissant que les informations sur leurs principaux fournisseurs et clients constituent des données extrêmement sensibles. 

Disposer au niveau européen d’un ensemble de données sur les liens de production

au niveau des entreprises serait une première avancée significative vers une meilleure identification des fragilités des chaînes de valeur européennes, estiment-ils. Ils ajoutent qu’une telle source statistique est nécessaire pour cibler les aides aux entreprises en cas de futur choc sur les chaînes de valeur. Pour eux, identifier les sources de vulnérabilité ouvre aussi la voie à une réglementation forçant les entreprises à prendre en compte les conséquences sur l’économie française de l’insuffisante diversification de leur chaîne de valeur.

L’Institut Polytechnique de Paris réunit cinq grandes écoles – l’Ecole polytechnique, l’ENSAE, l’ENSTA, Télécom Paris, Télécom SudParis - autour d’une ambition commune : créer un institut de rang mondial au service d’une recherche de pointe et de programmes de formation d’excellence.

L’Institut des politiques publiques (IPP), développé dans le cadre d’un partenariat scientifique entre Paris School of Economics et le Centre de recherche en économie et statistique (CREST – École polytechnique – CNRS, vise à promouvoir l’analyse et l’évaluation quantitatives des politiques publiques en s’appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie.

La Note IPP n°53 (mars 2020) dans son intégralité : Cliquez sur ce lien