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Focus sur les start-up de l’X dédiées aux crypto-actifs et à la blockchain en pleine Bitcoin-mania

La première blockchain, celle du Bitcoin, défraye une fois de plus la chronique, illustrant les promesses de cette technologie au fondement de plusieurs start-up accompagnées par l’incubateur de l’École polytechnique, le Drahi-X Novation Center et/ou créées par des alumni de l’X.

illustration cryptoactif - cryptoasset

Après avoir révolutionné les secteurs de l’automobile et du spatial, l’entrepreneur américain Elon Musk va-t-il bousculer le monde très réglementé de la finance et de la monnaie ? La révélation dans un document enregistré auprès de la Securities and Exchange Commission, l’autorité réglementaire des marchés financiers aux États-Unis, que Tesla avait investi 1,5 milliard de dollars en Bitcoin, soit un peu plus de 7% de sa trésorerie, a propulsé le cours de cette cryptomonnaie (cryptoactif dans la terminologie des banques centrales qui considèrent que l’émission de la monnaie et sa gestion est une prérogative des États) à de nouveaux plus hauts. Il a ensuite reculé après des déclarations de Janet Yellen, ex-présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis ,et actuellement secrétaire au Trésor dans l’Administration du nouveau président américain Joe Biden. Dans un entretien au New York Times, Janet Yellen a estimé que le Bitcoin était « extrêmement inefficace » comme mécanisme de transactions, et est souvent utilisé « pour la finance illicite ». Elle a estimé qu’il s’agissait d’un actif « hautement spéculatif » et s’est inquiété des « pertes potentielles que les investisseurs pourraient subir ».

Dans le document enregistré à la SEC, Tesla affirme souhaiter accepter le paiement de ses voitures en Bitcoin « dans un avenir proche, sous réserve des lois applicables et initialement sur une base limitée », ce qui permettrait d’expérimenter l’usage de ce cryptoactif comme moyen de paiement, une des fonctions dévolues à la monnaie.

Ces annonces interviennent dans un contexte de multiplication des innovations monétaires : des moyens de paiement avec les applications sur Internet et le mobile, apparition des monnaies digitales comme la libra ou de crypto-actifs comme le bitcoin, banalisation des monnaies locales, généralisation des expériences de monnaie numérique de banque centrale (MNBC ou central bank digital currency, CBDC en anglais) sur lesquelles la Chine est en pointe avec des essais  dans plusieurs grandes villes dont Shenzhen, Chengdu et Hangzhou déjà réalisés et la perspective d’un lancement à l’échelle du pays en vue des Jeux Olympiques d’Hiver de Pékin en février 2022.

La Revue Banque, publication mensuelle de la Fédération bancaire française (FBF) , consacre son numéro de mars 2021 aux monnaies digitale des banques centrales avec notamment un article intitulé : « La Chine à l’avant-garde des MNBC de détail », signé par David Bounie, professeur et directeur du département sciences économiques et sociales de Télécom Paris – Institut Polytechnique de Paris et Noémie Dié, doctorante en économie au sein de ce même département.

L’agence d’informations Reuters a révélé début février que SWIFT, le système mondial de messagerie financière et de paiements transfrontaliers, a créé une co-entreprise avec l'Institut chinois de recherche sur la monnaie digitale (Digital Currency Research Institute of the People’s Bank of China, DCRI) et le centre de compensation et de paiements interbancaires de la banque centrale chinoise (CIPS), signalant les ambitions globales de Pékin pour son projet de yuan numérique. Dans un rapport publié en juillet 2020, Bank of Chine International (BOCI), la fialiale de banque d’investissement de la grande banque publique chinois Bank of China, a souligné qu’une plus large utilisation du CIPS au lieu du système SWIFT réduirait l'exposition des données de paiements mondiaux de la Chine aux États-Unis.

Un récent rapport de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) montre qu’une proportion croissante de banques centrales envisagent de les expérimenter. Qu’est-ce qui différencie les monnaies digitales des monnaies électroniques ? Quid des monnaies de banque centrale ? Au-delà des aspects technologiques, quel est le rôle fondamental de la monnaie ? Celui-ci est-il menacé lorsque des acteurs privés cherchent à développer leur propre monnaie ? Toutes ces questions sont au cœur de l’ouvrage intitulé Le Futur de la monnaie de Michel Aglietta (X59 et ENSAE, économiste, conseiller scientifique au CEPII et professeur émérite à l'Université Paris Ouest ) et Natacha Valla (doyenne de l'École du management et de l'innovation de Sciences Po Paris), préfacé par Benoît Coeuré (directeur du Pôle Innovation de la BRI). Les auteurs rappellent dans ce livre que la monnaie est un bien public et que l’accès à la monnaie est une dimension fondamentale de la dignité humaine même si les biens publics sont loin d’être exempts d’enjeux de pouvoir qui ne font pas toujours grand cas de la dignité humaine…

Les start-up de l’X dédiées à la blockchain ou aux crytoactifs :

Tezos, co-fondée par Arthur Breitman, diplômé de l’X, est une plateforme de blockchain pour le développement de contrats intelligents (smart contracts) et du crypto-actif tez (XTZ). L'algorithme du protocole est basé sur un consensus de preuve d'enjeu. Contrairement aux blockchains de premières générations, comme le Bitcoin où le principe d'enregistrement des blocs se base sur la preuve de travail (minage), le Tezos adopte une politique de consensus par preuve d'enjeu, basé sur la délégation. Chaque possesseur de XTZ détient une probabilité d'être sélectionné aléatoirement afin d'accéder à l'écriture d'un bloc (baking). Celle-ci est pondérée par la quantité de jetons XTZ à sa disposition. Cependant, le ticket d'entrée onéreux pour ce tirage au sort ne permet pas à n'importe qui d'être choisi afin d'être sélectionné. Ainsi, chacun peut déléguer son droit d'enjeu à un délégataire qui se chargera d'opérer ses droits en son nom.

Uniris. Créé en 2017 à l’issue de deux années de recherche fondamentale, le projet Uniris est né des travaux de chercheurs de l'École Polytechnique et du CNRS, qui ont mis au point une technologie ultra-sécurisée permettant de remplacer tout mot de passe ou autre clé d’identification. Cette technologie open source et basée sur la blockchain, qui fournit une identité numérique décentralisée à tout utilisateur du réseau, est capable de répondre aux besoins de multiples secteurs exigeants tels que la santé, les assurances, les prêts, le e-commerce voire même le vote électronique. Une première utilisation de l'infrastructure Uniris prend la forme d'un appareil biométrique scannant le réseau intraveineux de l'utilisateur. Celui-ci génère ensuite des clés cryptographiques pour permettre à l'utilisateur d'accéder à son identité décentralisée. Générées au moment de l'identification, ces clés cryptographiques sont immédiatement détruites. Il s'agit de la première solution crypto-biométrique respectant les dispositions du règlement général sur la protection des données (RGPD). La blockchain Uniris est accompagnée de sa cryptomonnaie native, l'UCO. Le rôle de l'UCO est de payer les frais de transactions du réseau pour toutes les applications basées sur Uniris. Le nombre maximum d'UCO a été fixé à 10 milliards d'unités.

Groupe Napoléon. Les crypto-actifs vont émerger comme une nouvelle classe d’actifs à part entière nécessitant des gérants spécialisés. C’est sur cette vision qu’Arnaud Dartois (X98, Doctorat) et Stéphane Ifrah (X92), associés à Jean-Charles Dudek, ont décidé, fin 2016, de créer le groupe Napoleon qui regroupe 3 sociétés spécialisées. Napoleon Asset Management, une société de gestion agréée par l’AMF (agrément AIFM GP-19000015), qui propose aux investisseurs proffesionnels des solutions d’investissement régulées donnant une exposition aux crypto-actifs, Napoleon Crypto qui propose des mandats civils de gestion de portefeuille de crypto-actifs et Napoleon Software qui gère la plateforme de crypto trading bots www.napbots.com accessible au public désireux de copier des stratégies d’investissement algorithmiques sur les crypto-actifs.

Paymium est une place de marché dédiée aux cryptomonnaies. Fondée en 2011 par Pierre Noizat (X80), elle permet les échanges entre euros et Bitcoins, l'achat de Bitcoins par carte bancaire, un stockage sécurisé des Bitcoins, l'envoi et la réception de fonds euros ou Bitcoins par email, ainsi qu'un service d'acceptation des paiements en Bitcoin pour les commerces et les entreprises.

LGO. Co-fondée en 2017 par Hugo Renaudin (X 2013) aux côtés de Frédéric Montagnon, ancien président de la plateforme d'hébergement de blogs, Overblog, cette plateforme d'échange de trading d'actifs numériques sans risque de contrepartie, a finalisé en décembre 2020 sa fusion avec Voyager, un courtier en crypto-actifs qui fournit aux investisseurs particuliers et institutionnels une solution d’échange clé en main.