En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à des fins de mesure d'audience, à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus

X

Forssea accoste le marché de la robotique offshore

Avec son connecteur robotisé sous-marin, la startup Forssea, accélérée à l’École polytechnique, bouscule le monde des robots sous-marins d’exploitation pétrolière offshore. Son premier prototype devrait voir le jour en décembre, avant de s’engager dans la conquête de ce marché à 3 milliards de dollars.

Forssea vit ses derniers moments à l’École polytechnique. La startup, qui a intégré l’accélérateur X-Up de l’École en avril 2016 au sein de la troisième promotion, quittera les locaux du bâtiment LA FIBRE ENTREPRENEUR – Drahi – X Novation Center à la fin du mois de septembre. Elle s’apprête à vivre, dans les prochains mois, des étapes marquantes dans son développement.

Une innovation de rupture dans les robots sous-marins

Forssea est née de la rencontre entre un polytechnicien, Gautier Dreyfus, X2010, ancien ingénieur production sur des champs pétroliers onshore et offshore en Afrique, et un entrepreneur dans le domaine des robots sous-marins, Maxime Cerramon, créateur de l’entreprise Searov. « Nous avons fait le constat de la nécessité de réduire les coûts dans l’industrie pétrolière, et en particulier dans la robotique sous-marine qui est utilisée aujourd’hui pour réaliser les opérations de maintenance, d’inspection et de construction des sites pétroliers offshore », explique Gautier Dreyfus, président de Forssea.

Pour cela, ils ont mis au point un nouveau câble, muni d’une tête chercheuse capable de se connecter à une cible immergée, permettant ainsi de réduire l’utilisation de grands bateaux, particulièrement couteux (50 k$ par jour). « L’idée est que le bateau amène le robot sur le site d’exploitation et le dépose au fond de l’eau. Grâce à notre câble connecteur robotisé, il est ensuite possible d’opérer le robot depuis un bateau plus petit, en réduisant ainsi les coûts. Mais aussi d’échanger de la puissance électrique et de communiquer avec la station immergée », précise Gautier Dreyfus.

Bientôt un premier prototype

Pour le moment, un premier brevet a été déposé et d’autres devraient suivre dans les deux prochaines années. Un premier prototype de connecteur à l’échelle ½ est en développement et il sera testé en décembre en rade de Brest. Et Forssea prépare pour les prochaines semaines une première levée d’amorçage auprès de business angels. L’objectif : finir ce premier prototype, recruter ses quatre premiers collaborateurs, dont deux ingénieurs pour le développement software de la tête chercheuse, et amorcer la construction d’un deuxième prototype, à l’échelle réelle cette fois, à partir de janvier. Les fondateurs espèrent lever 300 k€, mais ne comptent pas s’arrêter là. Une deuxième levée de fonds de 2M€ devrait suivre, pour l’été 2017.

Des marchés de niches

Plusieurs marchés sont d’ores et déjà ciblés par la startup. Le premier et plus important : le parapétrolier offshore. « La robotique sous-marine parapétrolière est évaluée à plus de 3 milliards de dollars en 2015. Notre solution représente un atout technologique pour faire baisser les coûts des compagnies de services pétrolières, mais elle implique un changement de procédure opérationnelle pour les clients, et donc un travail commun d’adaptation en amont », indique Gautier Dreyfus. Les projets pilotes sur ce marché devraient s’ouvrir à partir de la fin 2018.

Mais Forssea vise également le marché de la Défense dans les domaines de la guerre des mines et de la lutte anti sous-marine, ainsi que divers marchés émergents de valorisation des océans comme des explorations scientifiques, ou les énergies marines.

Un environnement technique privilégié

Avec la dimension industrielle de sa startup, intégrer l’accélérateur de l’X est apparu comme un processus naturel pour Gautier Dreyfus. De plus, il a pu profiter de l’environnement technologique de haut niveau offert par l’École. « Nous avons beaucoup exploité les ressources offertes par le Fablab pour développer notre innovation, comme l’impression 3D, la découpe laser, ou le matériel électronique », souligne l’entrepreneur.

Mais surtout, Forssea s’est appuyé sur les compétences en câbles sous-marins du laboratoire de mécanique des solides du Centre de recherche de l’X. Et Gautier Dreyfus envisage également des perspectives de collaboration dans le cadre des projets scientifiques collectifs ou des projets de 3e année pour travailler avec les élèves du cycle ingénieur sur d’autres problématiques mécaniques.

« Enfin, le réseau de l’École nous a apporté de la crédibilité industrielle, et la marque X pourrait être un atout pour nos recrutements, et pour attirer des investisseurs, comme des clients », conclut l’entrepreneur.