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Isabelle Méjean, professeure à l’X, prix du meilleur jeune économiste 2020

Isabelle Méjean, professeure à l’Ecole polytechnique a reçu le Prix du meilleur jeune économiste 2020 décerné par le journal Le Monde et le Cercle des Economistes. Ses travaux portent sur les effets de la mondialisation des échanges, notamment sur la structure des chaînes de valeurs internationales.

Isabelle Méjean, professeure à l'X

Isabelle Méjean, docteure en économie de l'université Paris-I et professeure à l'Ecole polytechnique a reçu le Prix du meilleur jeune économiste 2020 décerné par le journal Le Monde et par le Cercle des Economistes pour ses travaux sur les effets de la mondialisation des échanges et l'extension des chaînes de valeur.

Pour sa 21e édition, le Prix du meilleur jeune économiste a été remis dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et des interrogations qu’elle a suscitées. Dans ce contexte, les travaux d’Isabelle Méjean sur l’étirement et la forte concentration des chaînes de valeur qui se sont développées au cours des années 1990 et 2000 permettent de jeter un regard original sur la fragilité des systèmes économiques à des chocs locaux.  Du fait du développement des chaînes de valeur, une forte proportion du volume des échanges internationaux transite par un nombre relativement petit de très grandes entreprises multinationales. La crise sanitaire a ainsi révélé que certains produits qui apparaissent aujourd’hui comme de première nécessité, les masques ou certains médicaments par exemple, sont fabriqués par très peu d'entreprises dans le monde, ce qui peut constituer un facteur de fragilité.

Sur la base de ses travaux, la chercheuse estime toutefois la relocalisation de certaines productions pourrait s’avérer être une fausse bonne idée. Le problème de la fragmentation des chaînes de production ne provient pas de la distance géographique, mais du niveau de concentration, souligne-t-elle. Relocaliser en Europe la production de gants chirurgicaux, actuellement réalisés pour plus de la moitié de la demande mondiale en Malaisie, ne résoudra pas mécaniquement le problème qui nous concerne aujourd'hui, explique-t-elle. Il convient plutôt de diversifier les sources d'approvisionnement pour réduire l’exposition à des risques spécifiques à certains pays ou à certaines entreprises. Tout en rappelant qu’une telle diversification permettrait de rendre les systèmes économiques plus résilients aux chocs locaux, mais n’aurait pas empêché les difficultés d’approvisionnement liées à une insuffisance générale de l’offre dans le contexte de la crise pandémique. Lorsque tous les pays du monde font face à un pic de demande de masques, aucun système productif ne permet d’éviter l’insuffisance de l’offre. La seule assurance possible face à de tels risques extrêmes consiste à constituer des stocks.

Isabelle Méjean, 39 ans, a développé un programme de recherches original, avec une dimension empi­rique importante, dans lequel elle part de bases de données relatives aux entreprises françaises, identifie un certain nombre de facteurs tels que la taille ou la participation aux marchés inter­nationaux (qui varient substantiellement d’une entreprise à l’autre) et étudie l’impact de cette diversité sur l’équilibre macroéconomique. Cette hétérogénéité des entreprises peut conduire à des réponses variées face à un même choc agré­gé.

Après une thèse en macroéconomie internationale effectuée à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Isabelle Méjean a rejoint l’École polytechnique en 2007, en tant que professeure chargée de cours au département d’économie. Après six années à l’École polytechnique et une année au dépar­tement de la recherche du Fonds Monétaire International, elle est professeure depuis 2014.

Après avoir reçu le prix Malinvaud en juillet 2016, Isabelle Méjean a obtenu en 2017 une ERC Starting Grant pour ses recherches en économie internationale.