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L'Alliance Eurotech s'interroge sur les liens entre technologie et bien commun

Les représentants de l'UE et les présidents des universités EuroTech, dont l'X, se sont réunis lors de l'événement annuel qui s'est tenue à Bruxelles le 10 novembre 2021. Placée sous le thème : "La technologie au service de la société - Sommes-nous sur la bonne voie ?", la conférence a été diffusée en direct.

De gauche à droite: Rita Bruckstein, Director, Technion – Israel Institute of Technology, Robert-Jan Smits, Président de l'Université  de technologie d'Eindhoven, Éric Labaye, Président de l'École Polytechnique et de l'Institut Polytechnique de Paris, Juliane Winkelmann, Vice-Président Alliances Internationales & Alumni à l'Université technique de Munich, Jan Molzen, Responsable Partenariats de l'Université Technique du Danemark, Jan Hesthaven, Vice-Président Academic Affairs de l'École Polytechnique fédérale de Lausanne - © EuroTech Universities Alliance

Reflétant l'objectif de l'Alliance de contribuer à une société meilleure, l'événement de cette année était consacré à l’apport de la technologie au bien commun mais aussi à ses limites. Ainsi, la question "La technologie au service de la société - sommes-nous sur la bonne voie ?" a servi de fil directeur, abordé par les intervenants sous différents angles.

Le point central de la session d'ouverture portait sur la responsabilité sociale des universités de science et de technologie. Précisant que les scientifiques ont une longue tradition de discussion sur leur responsabilité sociale, Maja Horst, professeure à l'Université technique du Danemark (DTU), a noté que les questions deviennent de plus en plus complexes à mesure que les controverses autour des technologies nouvelles et émergentes se multiplient.

Elle a étudié la dynamique de ces débats et souligne que les controverses technologiques sont en partie ancrées dans des questions fondamentales liées aux valeurs. Par conséquent, elles ne sont pas résolues en fournissant simplement plus d'informations. L'efficacité technique et la viabilité économique ne sont pas suffisantes pour permettre à une technologie donnée d'avoir un impact positif sur la société. Elle doit également être socialement légitime, et seul un engagement approprié avec les valeurs de la société peut établir cette légitimité. Étant donné que la façon dont nous imaginons la technologie future est étroitement liée à nos systèmes de valeurs, le professeur Horst a souligné la nécessité d’aller vers une culture de développement technologique socialement responsable fondée sur des valeurs partagées.

Améliorer l'innovation par l'engagement public

De nombreuses nouvelles technologies soulèvent des questions du fait du risque de double usage qu’elles présentent: outre l'objectif pour lequel elles ont été conçues à l'origine, elles peuvent également servir des objectifs discutables. A titre d’exemple, les villes intelligentes peuvent aussi rendre possible une surveillance constante intrusive de leurs habitants.

Ce ne sont pas seulement les technologies existantes qui ont un impact sur la société, mais aussi celles qui sont en devenir. La professeure Horst a souligné que les nouvelles technologies sont l'une des forces les plus puissantes à l'oeuvre dans la société. Il est donc extrêmement important que les universités scientifiques et technologiques assument la responsabilité de l'influence de leur vision et du développement des technologies sur la société et coopèrent avec toutes les parties prenantes, y compris les groupes d'intérêt public et les ONG. En outre, elle a souligné que de nombreux exemples montrent comment un engagement public plus complet améliore l'innovation, ce qui représente une réelle opportunité.

Au cours de son dialogue avec la Dr Heidrun Mollenkopf, ancienne chercheuse et actuelle vice-présidente d'AGE Platform Europe, Eric Labaye s'est concentré sur les défis à relever pour favoriser une collaboration efficace entre les universités et la société civile. Partant du principe que les intérêts de la société ont toujours été au cœur des activités des universités, Eric Labaye a rappelé que l'École polytechnique a été fondée au lendemain de la Révolution française, avec un engagement fort au service du bien commun. La formation, la recherche et l'innovation ont été portées par les valeurs de l'École pour améliorer le niveau de vie grâce à la science et la technologie. Aujourd'hui, on assiste à une accélération des innovations et leur pénétration dans des secteurs extrêmement divers intervient dans un contexte de préoccupations de plus en plus pressantes concernant le changement climatique, la soutenabilité et le creusement des inégalités.

Eric Labaye a estimé que trois séries de questions doivent être abordées chaque fois qu'une nouvelle technologie est développée. Premièrement, la question de son impact potentiel sur l'environnement, les ressources et la biodiversité, afin de s'assurer que la nouvelle technologie est conforme aux objectifs mondiaux de soutenabilité. Deuxièmement, la question de son caractère inclusif et de son impact potentiel sur l'égalité des chances doit peser dans le processus de développement. Troisièmement, la nécessité de veiller à ce que la nouvelle technologie soit conforme à la responsabilité éthique. Alors que les universités sont à l'origine d'innovations pour la société, ces trois points devraient servir de lignes directrices indispensables pour promouvoir des technologies et des innovations à la fois responsables et inclusives.

Les recherches de la Dr Mollenkopf étant axées sur l'interaction entre les conditions personnelles, sociétales, techniques et environnementales déterminant la qualité de vie au cours de la vieillesse, elle a apporté son éclairage au débat suivant et partagé des idées précieuses pour aider à éliminer les obstacles à l'innovation pour les personnes âgées.

Soulevant la question "Avons-nous les bonnes politiques en place ?", la session suivante a réuni les représentants de l'UE Antoaneta Angelova-Krasteva, directrice de l'Innovation, de l'Education numérique et de la Coopération internationale à la Commission européenne, et Eva Kaili, membre de la commission de l'Industrie, de la Recherche et de l'Energie du Parlement européen, Pirita Lindholm, directrice du Réseau de recherche et d'innovation des régions européennes, et Robert-Jan Smits, président de l'université de technologie d'Eindhoven. Nina Zuber, une étudiante de l'Université technique de Munich, participait aussi à ce panel.

Robert-Jan Smits a souligné que le plan d'action de la Commission européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 55 % d'ici 2030 définit un programme ambitieux et les actions politiques nécessaires pour atteindre cet objectif. Des politiques supplémentaires dans le domaine de l'éducation et de la recherche peuvent y contribuer, a-t-il souligné.

Il a expliqué que les universités membres d'EuroTech se concentrent actuellement sur le développement et l'intégration de l'apprentissage à travers la résolution de défis concréts dans les programmes afin de former des compétences telles que la résolution de problèmes, le travail en équipe et la collaboration entre les disciplines, qui sont de plus en plus importantes dans la vie professionnelle. Lancée par l'Alliance des universités EuroTech et financée par l'UE, l'université européenne EuroTeQ est à l'avant-garde d'une approche éducative qui renforce le lien entre l'enseignement de l'ingénierie de pointe et la société.

La collaboration, la co-création et l'interdisciplinarité sont les points centraux du projet et permettent aux étudiants d'acquérir les compétences requises dans ce cadre. Outre l'enseignement de connaissances spécialisées, les universités dotent les étudiants également des capacités cruciales pour impliquer davantage la société dans un processus d'innovation responsable et interdisciplinaire.

L'Alliance des universités EuroTech fête cette année son 10e anniversaire.

Partenariat stratégique d'universités européennes de premier plan dans le domaine des sciences et de la technologie, toutes engagées dans l'excellence de la recherche et de l'enseignement, EuroTech élabore conjointement des solutions aux grands défis de la société. L'Alliance combine les forces complémentaires de ses universités partenaires pour réaliser des initiatives collectives ayant un fort impact sur la société et l'industrie à l'international. L'Alliance s'engage auprès de tous les acteurs sociétaux pour les sensibiliser aux opportunités offertes par la science et la technologie. L'École Polytechnique a rejoint l'Alliance des universités EuroTech en 2018. Les six universités EuroTech sont : l’École polytechnique, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l'Université technologique d'Eindhoven (TU/e), l’Université technique de Munich (TUM), l’Université technique du Danemark (DTU) et le Technion - Institut israélien de technologie.

L'enregistrement des débats diffusés en direct est accessible ici