En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à des fins de mesure d'audience, à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus

X

Le big data pour analyser le commerce international

Isabelle Méjean, professeure associée à l’École polytechnique et chercheuse en économie internationale, a obtenu une bourse du Conseil européen de la recherche (ERC). Le projet récompensé porte sur l’analyse du commerce international.

Après avoir reçu le prix Malinvaud en juillet dernier, Isabelle Méjean, professeure associée à l’École polytechnique, a obtenu une bourse ERC Starting Grant pour ses recherches en économie internationale. Son projet étudie la structure du commerce international à partir de données d’exportation françaises. Isabelle Méjean cherche à analyser les déterminants de la compétitivité sur les marchés internationaux d’un pays comme la France, à partir de données fines décrivant les exportations intra-européennes des entreprises françaises.

En utilisant les millions de déclarations d’exportation de biens collectées par les douanes françaises, la chercheuse étudie le réseau de partenaires à l’étranger des entreprises françaises. « Ce big data appliqué au domaine du commerce international permet de comprendre comment la structure du réseau des entreprises explique la dynamique - au sens de croissance - du commerce en France, précise Isabelle Méjean. On observe ainsi que les entreprises au réseau peu diversifié, qui exportent dans peu de pays et vers un ou deux partenaires étrangers seulement, ont des exportations plus volatiles, qui  réagissent très fortement en cas de choc ». A l’inverse, plus une entreprise possède un réseau diversifié, moins ses exportations seront volatiles, plus elle sera à même de faire face à une baisse de ses ventes à destination d’un marché, en augmentant ses exportations vers un autre partenaire.

L’originalité du projet d’Isabelle Méjean réside dans l’observation très fine de ces échanges et dans la compréhension de ces réseaux, cela grâce à l’usage de méthodes statistiques. « En moyenne, les entreprises françaises ont un réseau peu diversifié et exportent vers un ou deux partenaires de l’Union Européenne », souligne Isabelle Méjean qui, grâce à ses recherches, observe que « les firmes françaises rencontrent en fait des difficultés à identifier leurs partenaires à l’étranger ». Dans le cadre de ses travaux, la chercheuse teste l’efficacité de nouvelles aides à l’export destinées aux entreprises et développées par Business France. Ces nouvelles aides consistent à favoriser les rencontres avec des partenaires lors d’évènements ou de programmes plutôt que de soutenir financièrement les firmes.

Pour Isabelle Méjean, cette bourse représente « une aide importante » qui lui permettra de développer son programme de recherche sur cinq ans en finançant l’achat de données et en lui permettant d’embaucher des assistants de recherche et des étudiants en thèse. « Une telle bourse présente une opportunité unique de donner plus d’ampleur à mes travaux de recherche », conclut-elle.