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Le mouvement des gilets jaunes passé au crible par des chercheurs de l'X

Des chercheurs du Centre de recherche en économie et statistique de l’École polytechnique se sont penchés sur le mouvement des gilets jaunes, sa genèse et la localisation des manifestations afin d'en déterminer les origines et d'établir une cartographie de la mobilisation en ligne et hors ligne.

Alors que l’épisode 23 des gilets jaunes a réuni 27 900 manifestants en France samedi 20 avril 2019, des chercheurs du Centre de recherche en économie et statistique de l’École polytechnique ont publié un article identifiant les origines du mouvement et présentant une cartographie de la mobilisation au niveau national.

Dans leur article, publié dans la Note de l’Institut des politiques publiques d’avril 2019, les chercheurs s’interrogent sur les territoires qui ont vu naître les gilets jaunes. À partir de données inédites récoltées sur Facebook les chercheurs mettent en évidence, dès le premier samedi de mobilisation, le 17 novembre 2018, la forte corrélation entre la mobilisation en ligne et hors ligne. Ils soulignent l’ambivalence du mouvement, par son caractère local et sa couverture nationale et proposent une cartographie contrastée de la contestation, à l’échelle des départements et des zones d’emploi.

Dans cet article, les chercheurs cherchent également à identifier les déterminants de la mobilisation des gilets jaunes à ses débuts en contrôlant simultanément différents facteurs susceptibles d’expliquer la genèse du mouvement: les préférences politiques, les décisions du gouvernement, les facteurs socio-économiques et les contraintes géographiques des territoires. Il ressort  de cette étude que, si les résultats électoraux à l’élection présidentielle de 2017, la part locale des véhicules diesel et le taux de pauvreté des retraités apparaissent faiblement corrélés à la mobilisation, le passage des routes à 80 km/h a constitué, lui, un fait important dans le lancement de la mobilisation. Néanmoins, les chercheurs précisent que « l’évolution du mouvement qui s’en est suivie semble avoir largement dépassé ce seul thème ».

« Les résultats présentés dans cette note ne constituent qu’une première étape à l’analyse de la contestation des gilets jaunes. Le mouvement des gilets jaunes interroge notre rapport aux territoires physiques et numériques : la transformation d’une mobilisation en ligne en une mobilisation hors-ligne de cette ampleur est une première en France. Il est essentiel que des recherches puissent être menées avec l’aide des plateformes numériques afin de comprendre les nouvelles formes de mobilisation politique. », conclut l’article.

>Retrouvez l'article publié dans la Note de l'Institut des politiques publiques.