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L’X accueille l’examen des MOF en soufflage de verre : la rencontre de deux excellences

L’École polytechnique a accueilli le 1er décembre les épreuves de qualification des candidats à l’examen « Un des Meilleurs Ouvriers de France (UMOF » en soufflage de verre au chalumeau dont le jury est présidé par Jean-Michel Wierniezky, souffleur de verre à l’X et MOF lui-même.

Le logo du COET-MOF

Les épreuves qualificatives de l’examen Un des Meilleurs Ouvriers de France (UMOF) en soufflage de verre au chalumeau se sont déroulées le 1er décembre à l’École polytechnique.

Un jury, présidé par Jean-Michel Wierniezky, souffleur de verre à l’Ecole polytechnique depuis 1999 et MOF lui-même, a auditionné les 13 candidats qui se sont présentés à l’examen.

L’examen UMOF qui donne lieu à la délivrance d’un diplôme d’Etat de niveau BAC +2 par le ministère de l’Éducation nationale, est organisé depuis 1924 tous les trois ans par le Comité d’Organisation des Expositions du Travail et du concours Un des Meilleurs Ouvriers de France (COET-MOF). La remise des diplômes s’effectue à la Sorbonne à Paris lors d’une grande manifestation suivie d’une cérémonie à l’Élysée en présence du président de la République, reconnu UMOF Honoris causa par le président du COET-MOF. Sans limite de lauréats, l’examen est ouvert à tous les professionnels, âgés d’au moins 23 ans, qui se sentent prêts à concourir dans leur discipline. Les épreuves de qualification permettent au jury, constitué pour moitié au plus de MOF et généralement d’autres professionnels et d’enseignants, de déterminer si les candidats sont prêts ou pas.

La création du COET-MOF résulte d’une rencontre entre l’État et le patronat en 1922 à l’initiative d’Albert Lebrun (X1890, président du Sénat de juin 1931 à mai 1932 puis président de la République, de mai 1932 au 11 juillet 1940) et de Lucien Klotz, journaliste. Lors de cette réunion, la décision a été prise d’organiser une grande exposition du travail pour valoriser la réussite des talents par la voie professionnelle et promouvoir les métiers en peine de recrutement. Albert Lebrun a été le premier président du COET-MOF et a inauguré la première Exposition du Travail le 31 janvier 1925.

Excellence, efficacité, vitesse et perfection

L’examen donnant le titre d’ « Un des Meilleurs Ouvriers de France » concerne 17 groupes de métiers regroupant plus de 230 professions réparties en 7 secteurs et filières (le bâtiment, l’industrie et la métallurgie, l’alimentation, la restauration et l’hôtellerie, les services, le numérique et les métiers d’art). Il demande des mois de préparation. Les gestes techniques, l’innovation, le respect des traditions sont travaillés longuement par les candidats pour atteindre le niveau d’excellence, d’efficacité, de vitesse et de perfection pour réussir le sujet et être couronnés par le jury qui évalue tout au long de l’épreuve chacun des indicateurs qui définissent un haut niveau d’excellence.

Avec l’organisation des épreuves de l’examen UMOF dans la catégorie soufflage de verre au chalumeau à l’École polytechnique, «il y a un parallèle intéressant entre l’ambition de l’X de développer des programmes de formation d’excellence et une recherche de pointe et l’aspiration à l’excellence des Meilleurs Ouvrier de France qui fait leur réputation », relève Jean-Michel Wierniezky, Meilleur Ouvrier de France en verrerie scientifique en 2011 et en verrerie d’art en 2015.

« Les MOF, c’est plutôt l’intelligence de la main et Polytechnique c’est l’intelligence purement intellectuelle, donc cela fait une rencontre intéressante parce que ce sont deux intelligences très complémentaires », ajoute-t-il.

Finale à l’automne 2022 ou tout début 2023

L’examen en soufflage de verre au chalumeau comporte cinq options : verrerie scientifique, industrielle, d’art, perlerie et enseigne lumineuse.

« Nous avons des candidats dans trois options : deux en verrerie scientifique, trois en verrerie d’art et huit en perlerie », précise Jean-Michel Wierniezky, ajoutant que l’option enseigne lumineuse recouvre « tout ce qui est néon de couleur façonné à la flamme » et que la verrerie industrielle correspond à de la verrerie scientifique de grande capacité. « Dans les laboratoires de l’Ecole polytechnique, un ballon de deux litres c’est un grand maximum. En verrerie industrielle on parle plutôt de ballons de 200 litres qui vont faire plus d’un mètre de diamètre et utilisé dans des usines chimiques ou pétrochimiques (…) malgré la grosseur des volumes ce sont tout de même des souffleurs au chalumeau qui fabriquent les pièces », explique-t-il.

Les candidats retenus à l’issue des épreuves de qualification pourront concourir à la finale au cours de laquelle ils présenteront la pièce qu’ils auront réalisée sur la base des spécifications demandées par le jury.

« En verrerie scientifique et industrielle, une pièce de MOF c’est un plan avec des cotes, dans les trois autres options – verrerie d’art, perlerie et néon - ce sont des textes qui doivent inspirer le candidat pour réaliser une oeuvre artistique avec des indications sur les aspects techniques que le jury souhaite pouvoir évaluer. »

Le sujet imposé sera communiqué aux candidats à l’issue des qualifications au début de l’année 2022 et ils disposeront de dix mois pour le réaliser. 

« Je voudrais organiser la finale qui se tiendra à l’X soit fin octobre ou dans la première quinzaine de novembre au plus tard sinon début 2023 » a dit Jean-Michel Wierniezky, qui souligne que la fin de l’année est en effet la grande période d’activité et de commercialisation en perlerie et verrerie d’art.