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MAR1 : Premier rapport climat et environnement en Méditerranée

190 scientifiques de 25 pays ont produit le premier rapport régional sur le climat en Méditerranée: MAR1. Centré sur les pays entourant la Méditerranée où la rapidité du changement climatique est supérieure aux tendances mondiales, ce rapport évalue les meilleures connaissances scientifiques et les risques associés dans cette région.

Crédit image : SeaWiFS Project, NASA/Goddard Space Flight Center, and ORBIMAGE

Afin d’évaluer les meilleures connaissances scientifiques disponibles sur le changement climatique et environnemental et les risques associés dans le bassin méditerranéen, MedECC, un réseau indépendant de 190 experts de 25 pays s’est fondé en 2015. Après quatre ans de travail, ils viennent de produire le premier rapport MAR1 permettant de rendre ces informations scientifiques accessibles aux décideurs politiques, aux parties prenantes et aux citoyens.

> Découvrir ce rapport (résumé pour décideurs en français disponible sur la page)

Connaître les conséquences pour mieux les prévenir

La première étape pour envisager un changement dans les politiques et dans les mentalités en matière de développement durable est d’avoir une vision globale de la situation actuelle et surtout des risques qu’elle présente pour l’avenir. Les rapports du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ouvert aux pays membres de l’ONU), établis dans cet objectif, donnent une vision à l’échelle mondiale du changement climatique, tout en précisant que ces changements ne s’appliquent pas partout de la même manière.

En particulier, la région méditerranéenne - la mer, mais également ses îles et les terres qui l’entourent – subit un changement climatique beaucoup plus rapide que les tendances mondiales et ces effets sont déjà visibles : augmentation accrue du niveau de la mer, des températures, mais aussi de la fréquence des épisodes extrêmes de canicules et de précipitations estivales. Le rapport MAR1 permet ainsi d’avoir une vision plus précise de l’évolution dans cette région.

Le changement climatique, l’augmentation démographique, ou encore la pollution sont des facteurs qui se combinent avec des conséquences dans la région méditerranéenne à plusieurs niveaux :

Pullulation de méduses, de mucilages qui sont des substances végétales qui gonflent au contact de l'eau en prenant une consistance visqueuse, ou encore d’algues, de nombreuses espèces non-indigènes (hors de leur habitat naturel) envahissent la mer, impactent la pêche professionnelle qui voit ses stocks de poissons se réduire.

Ces conséquences ont un impact sur le tourisme, sur lequel pèse également la dégradation des ressources naturelles, la diminution de la disponibilité d’eau douce ou la réduction du confort thermique.

Les risques pour la santé humaine sont également accrus, résultant notamment des canicules et des pénuries alimentaires et d’eau, et des conflits provoqués par la rareté des ressources sont à craindre dans ces régions.

Afin de prévenir ces conséquences, le rapport MAR1 vise à étayer les politiques en matière de développement durable avec des preuves scientifiques permettant aux décideurs de prendre la mesure des risques, mais aussi des opportunités : une gestion plus rigoureuse des ressources et une transition énergétique accélérée - déjà entamée - seront des étapes cruciales pour atténuer le changement climatique et ses conséquences de manière efficace.

Implication de nos chercheurs

L’Institut de recherche en sciences de l’environnement Pierre-Simon Laplace (IPSL), dont l’École polytechnique fait partie à travers le Laboratoire de météorologie dynamique (LMD-IPSL*), a contribué significativement à l’établissement de ce rapport. Sophie Bastin du LATMOS-IPSL* a travaillé sur la compréhension du système climatique régional avec Jean-Claude Dutay du LSCE-IPSL, qui est également intervenu pour la partie concernant les impacts sur les écosystèmes. La partie « énergie » a été pilotée par Philippe Drobinski, directeur du LMD-IPSL et du Centre Interdisciplinaire E4C, et implique Robert Vautard du LSCE-IPSL*, Rémy Lapère du LMD-IPSL, et Alexis Tantet du LMD-IPSL.

Le Centre interdisciplinaire Energy4Climate de l’Institut Polytechnique de Paris et de l’École des ponts a également contribué au chapitre sur l’énergie à travers d’autres chercheurs hors IPSL, en particulier Vincent Bouchet (CREST* et I3*), Edouard Civel (LIX*) et Thierry Brunelle (CIRED*).

Un travail reconnu et récompensé

Le 17 décembre, le MedECC s’est vu décerner par le Conseil de l’Europe le Prix Nord-Sud 2020 qui pourrait être comparé à l’équivalent européen du prix Nobel de la Paix. Chaque année, ce prix récompense deux personnalités publiques dont l’engagement, les réalisations et l’espoir qu’elles suscitent sont reconnus dans la protection des droits de l’Homme et dans la solidarité Nord-Sud. En décernant ce prix au MedECC, le Conseil de l’Europe reconnaît la qualité des travaux réalisés, ainsi que « la collaboration entre les États et sociétés pour faire face aux défis du changement climatique » et la « coopération scientifique entre experts pour produire une analyse fondée sur les connaissances comme base solide pour la planification de politiques environnementales ».

> Découvrez la contribution d’E4C au rapport MAR1

* LMD-IPSL : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique/Institut Polytechnique de Paris, ENS/PSL et Sorbonne Université
LMD-IPSL : une UMR CNRS, École polytechnique/Institut Polytechnique de Paris, ENS/PSL et Sorbonne Université
LATMOS-IPSL : Laboratoire Atmosphères, Observations Spatiales
LSCE-IPSL : Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement
CREST : Centre de recherche en économie et statistique, une UMR École polytechnique, CNRS, ENSAE Paris.
I3 : Institut Interdisciplinaire de l'Innovation
LIX : Laboratoire d’Informatique de l’École polytechnique, une UMR École polytechnique, CNRS
CIRED : Centre international de recherche sur l'environnement et le développement