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Nicolas Plain, un polytechnicien entre ciel et terre

Nicolas Plain, 28 ans, X2011, a fondé en 2015 l’association « En l’air pour la Terre » grâce à laquelle il sensibilise différents acteurs et responsables de terrain en les emmenant survoler les Alpes, une des régions les plus touchées par le réchauffement, dans un parapente biplace qui est aussi un véritable laboratoire scientifique volant.

Nicolas Plain un polytechnicien entre ciel et terre

C’est sans doute dans son village natal de Saint-Paul-de-Varces, au sud de Grenoble, sur les contreforts du massif du Vercors, que Nicolas Plain a peu à peu pris conscience que l’écrin de nature dans lequel il avait grandi était en danger. « Enfant, je partais souvent en randonnée en famille. D’année en année, j’ai vu les paysages changer. Cette nature que je pensais si puissante et immuable, quelque chose était en train de la bouleverser. »

Cette puissance de la nature, Nicolas Plain l’éprouvera de nouveau lorsqu’il se découvrira une passion pour le vol et en particulier pour le parapente. Mais là encore, « vus d’en haut, les bouleversements subis par les différentes vallées, le spectaculaire recul des glaciers, devenaient de plus en plus manifeste. »

Après une scolarité effectuée entièrement dans la région grenobloise, Nicolas Plain intègre l’École polytechnique en 2011. Pour le programme d’approfondissement en troisième année, il choisit l’option « Sciences pour les défis de l’environnement », et c’est une révélation. : « La formation interdisciplinaire dispensée par l’École polytechnique est exactement ce dont le monde a besoin pour faire face au défi climatique. Nous devons opérer une transition qui a tout d’une révolution. Nous n’y parviendrons que si nous disposons des compétences interdisciplinaires qui nous permettront de produire rapidement des solutions efficaces. L’interdisciplinarité de l’École polytechnique est vraiment la clé pour comprendre le monde et le changer. »

Cette conviction, il cherche à la mettre en œuvre en intégrant par la suite le corps des Ponts, qui dispose d’un fort pouvoir réglementaire, avant d’entamer une thèse sur l’accès à l’énergie renouvelable dans les pays du Sud grâce à une convention industrielle de formation par la recherche signée avec Schneider Electric, géant mondial des produits de gestion de l’électricité.

« La formation par la recherche, dont j’avais déjà bénéficié lors de mon parcours à l’X, est excellente. Cela permet de se forger des connaissances au meilleur niveau de l’état de l’art, et de disposer d’arguments irréfutables pour proposer des solutions soumises à l’examen de l’ensemble de la communauté scientifique spécialiste du sujet. »

En 2015, il fonde l’association « En l’air pour la Terre » grâce à laquelle il sensibilise différents acteurs et responsables de terrain en les emmenant survoler les Alpes, une des régions les plus touchées par le réchauffement, dans un parapente biplace qui, bardé de capteurs, est aussi un véritable laboratoire scientifique volant. Les vidéos de ces interviews entre ciel et terre connaissent un franc succès sur les réseaux sociaux, démultipliant l’impact du message.

Après avoir professionnalisé le projet, celui-ci devient « Il faut sauver les Alpes », du nom du documentaire pilote de 52 minutes auquel il met actuellement la dernière touche avec le réalisateur Laurent Lichtenstein, déjà connu pour réaliser le magazine « Échappées Belles » sur France 5. Ce documentaire science et découverte sera présenté en novembre sur Ushuaia TV, avant le festival de Cannes en mai 2020, et sans doute une déclinaison du concept sur d’autres régions menacées par le dérèglement climatique.

« Nous ne sommes pas du tout dans le catastrophisme mais bien dans la proposition de solutions et dans l’écologie positive, pas punitive. Ma plus belle récompense, ce serait qu’après avoir vu le film, les spectateurs piochent l’une ou l’autre des solutions proposées pour les mettre en œuvre dans leurs vies personnelles, professionnelles ou associatives, car chacun de nous peut agir concrètement à plusieurs niveaux. »

Et parmi ces spectateurs, sans doute quelques jeunes garçons et filles qui, à l’instar de Nicolas Plain, voudront eux aussi s’armer intellectuellement pour mieux comprendre et changer positivement le monde.