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Premier jeu d’entreprise à Polytechnique

Le 9 mai dernier, 14 élèves de l’X ont participé à un jeu d’entreprise organisé pour la première fois sur le campus dans le cadre du cours de Philippe Tibi, professeur de stratégie et finance à l’X. Des entrepreneurs, les fondateurs de Jumia, leader du e-commerce en Afrique, animaient cette simulation utilisée pour le recrutement de leurs salariés.

L’amphithéâtre Curie a été transformé en véritable salle de marché. Les quatorze élèves, répartis en quatre équipes, ont endossé le rôle d’entrepreneurs et d’opérateurs de sites internet. Pour la première fois à l’École polytechnique, un jeu d’entreprise a été organisé le 9 mai 2016 sur le campus. Objectif : confronter les étudiants aux conditions réelles de la stratégie d’entreprise et de la négociation. Pour mettre en place cette simulation, Philippe Tibi, chargé du cours d’économie de l’entreprise pour les élèves de deuxième année du cycle ingénieur, a fait appel aux fondateurs de Jumia, société de e-commerce aujourd’hui considérée comme l’Amazon africain.

S’exercer à la négociation

Cette entreprise a imaginé un jeu permettant de détecter le potentiel des candidats. Le créateur de ce jeu n’est autre qu’Olivier le Blainvaux, polytechnicien de la promotion 2006 et co-fondateur de Jumia. « Cette expérience ludique permet de voir comment les élèves se comportent dans la vie réelle », explique Olivier le Blainvaux, aujourd’hui associé de Technofounders. Dans ce jeu, les étudiants doivent choisir, à partir de cas concrets, une stratégie et la mettre en œuvre. Dans quel pays implanter son site de e-commerce, quels types de produits proposer, quel mode de distribution choisir : telles étaient les questions auxquelles les participants devaient répondre. Thibaud Bezanger, élève de 2e année, a opté pour une stratégie gagnante puisqu’il a remporté la première place avec son équipe. « Nous avons réussi à faire le plus de bénéfices, précise l’étudiant qui réalise les atouts d’un tel jeu. Cela nous a permis de nous entrainer concrètement à la négociation, de réussir à trouver le bon moment pour acheter le plus bas possible sans avoir de stock restant et d’anticiper la demande ».

Se projeter dans la vie professionnelle

Pour animer le jeu, Olivier le Blainvaux s’était entouré de l’équipe pédagogique du cours d’économie : Philippe Tibi, Lionel Salmon, Paul Welti et son frère, Pierre le Blainvaux, lui aussi de la promotion 2006, enseignant de travaux dirigés à Polytechnique et ex-manager chez Mc Kinsey. « Cette expérience est très formatrice et s’intègre dans une logique d’insertion professionnelle, considère Pierre. Les participants ont ainsi l’occasion de montrer qu’ils ne sont pas seulement de bons élèves puisqu’ils sont évalués sur leur comportement ».

C’est justement pour permettre aux étudiants de développer des compétences comportementales que Philippe Tibi a initié cette expérience de jeu. « Cette activité complète l’approche théorique du cours en amphi et l’approche très appliquée des études de cas utilisés en petites classes », note le professeur, également ancien président de l'Association des marchés financiers, le groupement professionnel des banques de marché. Cette mise en situation s’inspire des méthodes pédagogiques anglo-saxonnes. « En Angleterre et aux Etats-Unis, on laisse plus de place à l’initiative et à l’intelligence inductive basée sur un raisonnement qui se fait à partir de l’observation, précise Philippe Tibi. En France, les étudiants excellent dans le raisonnement analytique. Il faut les aider à acquérir les autres compétences essentielles dans la vie professionnelle ». L’an prochain, le professeur souhaite reconduire l’expérience, cette fois-ci sur plusieurs jours, et même l’étendre aux élèves de troisième année inscrits au master de stratégie d’entreprise et finance (SEF).